Les peuples khoï et san, qui les premiers ont peuplé l'Afrique du Sud, réclament que soit reconnue leur identité, alors qu'ils sont classifiés depuis l'apartheid dans la catégorie fourre-tout des métis, a rapporté The Times vendredi.
S'exprimant jeudi au cours d'un colloque khoï-san organisé par le gouvernement sud-africain près de Pietermaritzburg (est), leur représentant Raymond Trollip a demandé que leur peuple soit reconnu en tant que tel, et bénéficie à ce titre d'avantages spécifiques.
Les populations khoï-san --autrefois appelées hottentots, bochimans ou bushmen, et connues pour leurs langues à clics-- ont beaucoup perdu, y compris leur identité, sous la colonisation et l'apartheid, a-t-il relevé.
Il a demandé que ces populations bénéficient désormais des avantages consentis à la majorité noire, et que --comme pour les Noirs-- leurs chefs traditionnels soient rémunérés par l'Etat, a relevé The Times.
"Le gouvernement a le BEE (Black Economic Empowerment, ou émancipation économique des Noirs, programme de discrimination positive, ndlr) pour nos frères et soeurs noirs. Nous voulons quelque chose de similaire", a déclaré M. Trollip.
"Nos frères et soeurs noirs conduisent de belles voitures et vivent dans de belles maisons, et nous sommes en bas de l'échelle. Nous voulons être leurs égaux", a-t-il ajouté, selon le journal.
Peu nombreux, les peuples khoï-san sont depuis l'apartheid classifiés avec les métis, un ensemble hétérogène rassemblant 9% des Sud-Africains qui regroupe des populations mélangées, ni blanches ni noires ni asiatiques: les groupes issus de brassages de populations depuis le XVIe s., des descendant des esclaves indonésiens et malais importés au XVIIe s et XVIIIe s., les khoï-san, etc.
Majoritaires dans le sud-ouest du pays près du Cap, les métis étaient moins désavantagés que les Noirs sous le régime ségrégationniste de l'apartheid, et bénéficient à ce titre moins des actuels programmes de discrimination positive.