• Les Bushmen du Botswana ont déclaré lundi qu'ils avaient l'intention de boycotter le prochain recensement pour protester contre le gouvernement. Ils l'accusent de ne pas avoir ouvert de bureau de vote lors des dernières élections et de ne pas leur fournir les équipements de base.

    Jumanda Gakelebone, porte-parole des Bushmen vivant dans la Réserve du Kalahari central, a expliqué qu'ils étaient encore furieux d'avoir été exclus de l'élection de 2009. Cette exclusion "montre que le gouvernement ne nous reconnaît pas en tant que peuple. Alors, pourquoi nous compter? Ils doivent compter leur propre peuple et nous laisser tranquilles", a-t-il affirmé.

    Les Bushmen "ont beaucoup souffert à cause de ce gouvernement, et il n'y a aucune chance qu'ils coopèrent avec lui pour quoi que ce soit", a-t-il ajouté, regrettant notamment que Gaborone refuse de leur apporter l'eau courante ou de construire des hôpitaux.

    Les tensions entre les Bushmen, premiers habitants de l'Afrique australe, et le gouvernement du Botswana ne datent pas d'hier.

    En 2002, l'Etat a expulsé certains d'entre eux de leurs terres ancestrales dans la région aride de la Réserve du Kalahari central et bouché un forage qui était leur seul approvisionnement en eau. Une longue bataille juridique s'en est suivi, qui a finalement permis aux Bushmen de retourner sur leurs terres. Un nouveau puits doit être foré en juillet.

    Le gouvernement du Botswana affirme qu'il ne peut fournir d'équipements qu'aux personnes vivant dans des établissements formels, et non pas à l'intérieur de la réserve. L'éviction visait de fait à sédentariser les Bushmen.

    Il reste quelque 100'000 Bushmen en Afrique australe, répartis entre le Botswana, la Namibie et l'Afrique du Sud. La plupart sont pauvres et n'ont pas accès aux aides sociales.


    votre commentaire
  • L’avenir des Bushmen de la Réserve naturelle du Kalahari central a été soulevé à la Chambre des Lords britannique  en mars 2011. Partisans de longue date des Bushmen, Lord Avebury et Lord Pearson de Rannoch, se sont joints à la discussion.

    Posant une question à la Chambre, Lord Pearson a fait observer que la Constitution botswanaise a été ‘régulièrement bafouée’. Il a exhorté le gouvernement britannique à ‘[s’assurer] du libre accès des Bushmen à la réserve et à l’eau, ce qui implique le forage de nouveaux puits’.

    Lord Pearson a visité en 2002 le camp de relocalisation de New Xade à l’invitation du gouvernement botswanais, dans le cadre de la mission d’une délégation de parlementaires financée par la compagnie De Beers. Il a déclaré ultérieurement qu’il ‘était revenu chez lui plus convaincu que jamais que les Bushmen étaient victimes d’une grande injustice’.

    Lord Avebury, qui était un ami de Sir Seretse Khama, le premier président du Botswana, a exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations à propos du traitement que le gouvernement botswanais inflige aux Bushmen. En 2004, il a dénoncé la relocalisation des Bushmen qui a abouti à ‘la propagation de l’alcoolisme, du sida et à la déchéance’.


    votre commentaire
  • Le gouvernement botswanais coupable de ‘traitement dégradant’.

    Un cas décrit comme une ‘déchirante histoire de souffrance et de désespoir’.

    La Cour d’appel botswanaise a pris la décision de rejeter un jugement qui interdisait aux Bushmen l’accès à l’eau sur leurs terres ancestrales.

    Appuyés par Survival, les Bushmen avaient fait appel d’une décision de la Haute cour botswanaise de 2010 qui leur interdisait l’accès à un puits dont ils dépendent pour s’approvisionner en eau. Le panel de cinq juges a estimé que:

    - les Bushmen ont le droit d’utiliser leur ancien puits qui avait été interdit par le gouvernement ;
    - les Bushmen ont le droit de forer de nouveaux puits;
    - l’attitude du gouvernement à l’égard des Bushmen équivalait à un ‘traitement dégradant’;
    - le gouvernement est redevable des frais du procès en appel engagés par les Bushmen.

    Se réjouissant de cette décision, un porte-parole bushman a déclaré : ‘Nous sommes très heureux que nos droits soient enfin reconnus. Cela fait si longtemps que nous attendons ce moment. Comme tout être humain, nous avons besoin d’eau pour vivre. Nous avons aussi besoin de notre terre. Nous prions pour que le gouvernement nous traite désormais avec le respect qu’il nous doit’.

    En 2002, le gouvernement botswanais a expulsé les Bushmen de leurs terres ancestrales dans la réserve du Kalahari central. Ils ont alors intenté un procès au gouvernement et après quatre années de bataille judiciaire, la Haute cour botswanaise a reconnu qu’ils avaient été évincés de manière ‘illégale et anticonstitutionnelle’ et qu’ils avaient le droit de retourner sur leurs terres ancestrales.

    Cependant, le gouvernement a tenté par tous les moyens d’empêcher les Bushmen de retourner chez eux, notamment en scellant l’unique puits dont ils disposaient dans la réserve. Bien que privés d’eau, de nombreux Bushmen purent rentrer chez eux, survivant grâce à l’eau de pluie et des melons qu’ils cultivent dans le désert, ou parcourant de longues distances à pied ou à dos d’âne pour s’approvisionner en dehors de la réserve.

    Les Bushmen ont intenté un nouveau procès au gouvernement afin de récupérer l’accès à leur puits. Cependant, le juge Walia qui présidait l’audience de 2010 s’était prononcé en faveur du gouvernement argumentant que ‘si les Bushmen vivaient dans l’inconfort, ils ne pouvaient s’en prendre qu’à eux-mêmes’. Sa décision a été renversée de manière unanime par la Cour d’appel qui a statué qu’interdire l’accès au puits relevait d’un ‘traitement dégradant’ contraire à la Constitution.

    L’attitude du gouvernement vis-à-vis des Bushmen a été amplement condamnée : la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples l’a critiqué pour leur dénier le ‘droit à la vie’ et le Rapporteur spécial des Nations-Unies sur les peuples indigènes a estimé que les Bushmen étaient confrontés à des conditions de vie ‘déplorables et dangereuses en raison de leur manque d’accès à l’eau’.

    Aggravant la détresse des Bushmen, le gouvernement a fait forer dans la réserve de nouveaux puits exclusivement destinés à la faune sauvage et a autorisé la compagnie Wilderness Safaris à implanter un lodge touristique de luxe avec piscine au cœur même de leur territoire. Une pétition appelant Wilderness Safaris à installer son lodge en dehors du territoire bushman a recueilli à ce jour 30 000 signatures.

    Le gouvernement a également donné son feu vert à la compagnie Gem Diamonds pour exploiter un gisement de diamants d’un potentiel de 3 milliards de dollars dans l’une des communautés bushmen et continue d’interdire la chasse alimentaire dans la réserve.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ’C’est une immense victoire, tant pour les Bushmen que pour le Botswana. Nous espérons que cette décision sera respectée par les autorités et qu’elle ne sera pas perçue comme un obstacle à leurs efforts visant à chasser les Bushmen de la Réserve pour faire place à l’exploitation diamantifère. Il appartient désormais au président Khama de décider si oui ou non la position du gouvernement changera à la lumière du verdict. Il s’agit au demeurant d’une victoire pour les droits de l’homme et pour la primauté du droit au Botswana’.


    votre commentaire
  • Le leader de l’organisation bushman First People of the Kalahari, Jumanda Gakelebone, a été arrêté et détenu pendant une nuit le week-end dernier. Il accompagnait dans la Réserve l’avocat des Bushmen venu consulter ses clients dans le procès qui est actuellement instruit à la Cour d’appel botswanaise.

    Le leader bushman a été arrêté pour avoir voyagé dans la réserve sans permis. Son organisation mène campagne depuis des années pour le droit des Bushmen à vivre sur leurs terres ancestrales.

    Après avoir été relâché, Jumanda Gakelebone a déclaré à un représentant de Survival : ‘[Cette arrestation] révèle l’intention délibérée du gouvernement. J’estime être ici [dans la réserve] chez moi. C’est là où je suis né. Je n’ai pas besoin de permis pour y vivre’.

    Jumanda Gakelebone voyageait dans la réserve avec l’avocat Gordon Bennett, peu de temps après une audience de la Cour d’appel concernant le droit à l’eau des Bushmen. La Cour devrait rendre son verdict demain.

    Les Bushmen ont été expulsés de la réserve en 2002, mais après quatre années de bataille judiciaire, ils obtinrent le droit d’y retourner à l’issue d’un procès historique. Depuis lors, le gouvernement botswanais rend impossible leur vie dans la réserve, leur interdisant de chasser ou de tirer l’eau d’un puits qu’ils utilisent depuis des décennies.

    Ces mesures ont été sévèrement condamnées, notamment par les Nations-Unies et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Des câbles diplomatiques récemment diffusés par WikiLeaks ont révélé que l’ambassadeur des Etats-Unis avait également désapprouvé le traitement infligé aux Bushmen par le gouvernement botswanais.

    La semaine dernière, le gouvernement botswanais a approuvé la demande d’autorisation d’exploitation de Gem Diamonds d’un gisement de diamants d’une valeur potentielle de 3 milliards de dollars dans une communauté bushman de la réserve.


    votre commentaire
  • Selon un télégramme diplomatique révélé, l’ambassadeur des Etats-Unis au Botswana avait sévèrement condamné les évictions forcées des Bushmen du Kalahari.

    En 2005, l’ambassadeur Joseph Huggins avait annoncé à ses supérieurs de Washington que les Bushmen avaient été ‘abandonnés dans une situation économique intolérable sans aucune mesure de précaution et sans aucun soutien à long terme. Ce manque de discernement… est à couper le souffle’.

    Il concluait en estimant que ‘la tragédie particulière de la population dépendante de New Xade [les Bushmen parqués dans les camps de relocalisation] aurait pu être évitée’.

    Lire le câble de l’ambassadeur

    Le gouvernement botswanais a expulsé de force les Bushmen de leurs terres ancestrales dans la Réserve du Kalahari central en 2002. Les Bushmen ont été déportés dans des camps gouvernementaux de relocalisation en dehors de la réserve où règnent sida, alcoolisme et autres problèmes que ne connaissaient pas les Bushmen auparavant.

    Lors de sa visite du camp de relocalisation de New Xade, l’ambassadeur Huggins avait remarqué le ‘désespoir de la jeunesse’. Les câbles révèlent également la frustration de Huggins vis-à-vis de Ernest Mpofu, alors secrétaire permanent du ministère botswanais des Affaires étrangères. Ayant suggéré au gouvernement de reconsidérer sa position à l’égard des Bushmen, Huggins déplora que Mpofu ‘repoussait toute suggestion’ avec ‘un mépris à peine voilé’.

    Les câbles rendent compte d’une conversation de Huggins avec le représentant d’une ONG locale qui critiquait le gouvernement pour ‘son manque de consultation et de transparence dans le processus de décision appliqué au traitement [des Bushmen]’. Le représentant, qui n’est pas nommé, avait également indiqué à Huggins que les Bushmen étaient ‘systématiquement victimes de discrimination [de la part du gouvernement], ce qui les excluait de tout activité génératrice de revenus’, et qu’ils ‘étaient persuadés que les projets miniers étaient la raison qui avait justifié l’expulsion des groupes [bushmen]’.

    Après les évictions, les Bushmen intentèrent un procès au gouvernement qui s’est avéré être le plus long et le plus coûteux de l’histoire du Botswana. La Haute Cour botswanaise, dans son verdict de 2006, jugea que les expulsions avaient été illégales et anticonstitutionnelles et que les Bushmen avaient par conséquent le droit de retourner sur leurs terres.

    Mais malgré ce jugement, le gouvernement continue de rendre la vie des Bushmen impossible dans la réserve. Il leur interdit d’accéder au puits dont ils dépendent pour s’approvisionner en eau et qu’ils utilisaient avant qu’il ne soit scellé dans le but de leur faire quitter leurs terres.

    Les Bushmen ont intenté un nouveau procès au gouvernement afin de récupérer leur accès à l’eau. Un juge de la Haute Cour, manifestant son soutien au gouvernement, a rejeté l’affaire en 2010 et un jugement en appel a eu lieu lundi dernier. Le verdict sera rendu le 27 ou le 31 janvier.

    Le lendemain du jugement en appel, Gem Diamonds a annoncé que le gouvernement botswanais lui avait attribué la licence d’exploitation d’une mine de diamants dans l’une des communautés bushmen de la réserve. Alors que le gouvernement a toujours prétendu que la concession n’était pas économiquement viable, Gem Diamonds l’évalue aujourd’hui à 3 milliards de dollars.

    Le gouvernement botswanais est une fois de plus désigné comme le responsable de souffrances inutiles, de mépris, de discrimination et même de mort envers ses citoyens les plus démunis, les Bushmen. Il ne s’agit pas seulement de l’opinion d’une poignée de militants des droits de l’homme et des Bushmen, c’est un fait rapporté par le gouvernement américain. Et malgré tout le bonheur que peuvent apporter les diamants à quelques privilégiés, ceux-ci devraient réfléchir à deux fois avant de s’en procurer au prix exorbitant de la destruction du peuple bushman.


    votre commentaire
  • Le gouvernement botswanais a donné le feu vert à une mine géante d’une valeur de 3 milliards de dollars dans la Réserve naturelle du Kalahari central alors que le recours des Bushmen du Kalahari contre le refus des autorités du Botswana de leur permettre l’accès à l’eau est en cours d’instruction.

    Gem Diamonds a annoncé que sa demande d’ouverture d’une gigantesque mine de diamants près de la communauté bushman de Gope située dans la réserve a été approuvée. La compagnie affirme avoir obtenu le consentement des Bushmen sur les terres où la mine sera située.

    Survival a cependant alerté à maintes reprises Gem Diamonds sur le fait que les Bushmen ont droit à des conseils indépendants sur les impacts potentiels de la mine. Aucun avis n’a été donné et de nombreux Bushmen dont les terres seront affectées par cette mine vivent encore en dehors de la réserve dans de sinistres camps de relocalisation, suite à leur expulsion en 2002. Le gouvernement refuse l’accès à l’eau et le droit de chasser à ceux qui sont restés dans la réserve.

    Survival et les Bushmen ont toujours soutenu que les premiers habitants de la réserve du Kalahari ont été expulsés pour faire place à l’exploitation diamantifère. Ce que le gouvernement a toujours nié, prétendant que le gisement de diamants de Gope n’était pas ‘économiquement viable’.

    Un Bushman, qui souhaite rester anonyme, a déclaré aujourd’hui : «Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé de délivrer la licence d’exploitation minière aujourd’hui, alors que notre appel pour récupérer notre accès à l’eau est en cours d’instruction? Il semble que c’est là sa réponse à notre revendication. Il nous fait comprendre que même si nous gagnons notre droit à l’eau en appel, la mine de diamants s’installera de toutes façons.

    ‘C’est la preuve définitive que l’argument du gouvernement selon lequel il ne veut pas que nous vivions dans la réserve afin de protéger la faune est un mensonge. Qui va porter atteinte à la faune? Les gens qui y ont vécu pendant des milliers d’années ou une mine de trois milliards de dollars avec toute l’infrastructure qu’elle va impliquer : des routes, des lignes électriques, des milliers de tonnes de déchets et l’arrivée de centaines de personnes?’

    L’argument de Gem Diamonds selon lequel les Bushmen ont donné leur consentement à la mine pourrait être risible s’il n’était pas tragique. Comment des gens qui sont privés d’eau pour les forcer à quitter la réserve peuvent-ils être en mesure de donner leur consentement libre et éclairé? Surtout lorsque personne en dehors de Gem Diamonds et du gouvernement ne les a informés au sujet de l’impact que cette mine aura sur eux? Survival soutient depuis des années que le gouvernement a voulu ouvrir la réserve pour y extraire des diamants. Le gouvernement l’a toujours nié – mais nous avons malheureusement raison.


    votre commentaire
  • Le 17 janvier prochain, la Cour d’appel botswanaise tiendra audience pour décider si les Bushmen qui vivent sur leurs terres ancestrales du Kalahari ont droit à l’eau.

    Les Bushmen qui sont retournés sur leurs terres de la Réserve du Kalahari central suite à une précédente victoire judiciaire, ont fait appel d’une décision rendue en 2010 par la Haute cour botswanaise leur refusant le droit d’accès à un puits de la réserve qu’ils utilisaient depuis des dizaines d’années.

    Le verdict de 2010, prononcé une semaine avant que les Nations-Unies ne reconnaissent officiellement l’eau comme un droit fondamental, a été condamné par la plus haute instance africaine des droits de l’homme pour avoir refusé d’accorder aux Bushmen ‘le droit à la vie’.

    Privés de leur puits, les Bushmen sont forcés de parcourir de longues distances, à pied ou à dos d’âne, pour s’approvisionner en eau en dehors de la réserve.

    Les négociations avec le gouvernement ayant échoué, les Bushmen se sont tournés vers les tribunaux pour récupérer leur accès au puits. Les Bushmen, qui ne demandent que l’autorisation d’utiliser leurs puits, font appel au motif que le refus d’accès à l’eau les soumet à un traitement inhumain et dégradant.

    Tandis que le gouvernement prive d’eau les Bushmen, il fait forer de nouveaux puits dans la réserve destinés à la faune sauvage et doit prochainement donner son feu vert à Gem Diamonds pour exploiter une mine de diamants dans l’une des communautés bushmen. Il a également autorisé la compagnie touristique Wilderness Safaris à implanter un lodge de luxe avec piscine au cœur du territoire bushman.

    Le président Khama, dont le neveu et l’avocat personnel siègent au conseil d’administration de Wilderness Safaris, avait qualifié le mode de vie des Bushmen de ‘fantaisie archaïque’ et les a récemment traités de ‘primitifs’ et ‘arriérés’.

    Un Bushman qui préfère rester anonyme, a déclaré : ‘Nous espérons toujours, non pas obtenir une quelconque compensation, mais que justice soit faite et que nos droits soient reconnus. En nous refusant le droit à l’eau, le gouvernement pense qu’il nous forcera à quitter la réserve une fois de plus. Il doit savoir désormais que nous sommes déterminés à vivre avec nos ancêtres sur la terre que nous habitons depuis la nuit des temps’.


    votre commentaire
  • Déchaînement raciste du président botswanais contre les Bushmen du Kalahari

    S’exprimant sur le site de la plus importante mine de diamant du pays, le président du Botswana a qualifié dans une brusque envolée les Bushmen du Kalahari d’êtres ‘archaïques’, ‘primitifs’ et ’arriérés’.

    Le président Khama a accusé les Bushmen de vivre ‘une vie d’attardés’, ‘une vie primitive faite de privations en coexistence avec la faune sauvage’, selon ‘le mode archaïque d’un âge révolu où régnaient indigence et indignité’.

    Khama a également accusé Survival International d’avoir ‘lancé une campagne de mensonges et de désinformation’, assimilant l’organisation à une ‘bande moderne de voleurs des grands chemins’. Ses commentaires répondent au récent appel de Survival au boycott du tourisme au Botswana et de ses diamants en raison du traitement infligé aux Bushmen par le gouvernement botswanais. Le président Khama est membre du conseil de l’organisation nord-américaine Conservation International.

    En 2002, alors que Khama était vice-président, le gouvernement botswanais avait expulsé de force les Bushmen de leurs terres ancestrales, une mesure qui avait été par la suite déclarée illégale et anticonstitutionnelle par la Haute Cour du Botswana, jugeant que les Bushmen avaient le droit de vivre sur leurs terres.

    Malgré cette décision, le gouvernement Khama a continué d’empêcher les Bushmen de vivre sur leurs terres. Il leur a interdit d’accéder à un puits dont ils dépendent pour l’eau et de chasser pour se nourrir. Dans le même temps, il a foré de nouveaux puits destinés à la faune sauvage et a autorisé la compagnie touristique Wilderness Safaris à construire un luxueux lodge avec piscine en plein cœur du territoire bushman. Plus de 25 000 personnes à travers le monde ont signé la pétition de Survival appellant Wilderness Safaris à installer son campement touristique en dehors des terres bushmen.

    Au moment où les Bushmen entament une procédure juridique pour obtenir l’accès à leur puits, le gouvernement négocie avec la compagnie Gem Diamonds pour installer une mine de diamants sur leurs terres.

    Khama avait déjà insinué que les Bushmen étaient ‘une fantaisie archaïque’, un point de vue partagé par les membres de son cabinet. Le mois dernier, s’exprimant à la BBC, le ministre botswanais de l’Environnement, de la faune sauvage et du tourisme avait déclaré qu’il ne croyait pas qu’il était ‘encore possible de considérer comme un choix le fait que votre propre espèce continue à vivre à l’âge des ténèbres au milieu de nulle part, alors que le monde a évolué et est devenu si technologique’. Le vice-président s’était demandé en 2002 pourquoi les Bushmen devaient ‘continuer à communier avec la faune et la flore’ alors qu’ils pouvaient ‘jouir de choses bien meilleures dans la vie, comme de conduire des Cadillacs’.

    Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré : ‘De nombreux pays disposent de lois antiracistes contre les actes et les comportements discriminatoires à l’égard de certaines minorités et de leurs modes de vie. De tels échos sinistres qui entendent démontrer une prétendue supériorité raciale n’ont pas leur place dans une démocratie moderne. C’est cette idéologie qui est ‘arriérée’, pas les Bushmen’.

     

      

     

    Le gouvernement botswanais conteste une décision judiciaire

    Quatre ans après la victoire juridique des Bushmen du Kalahari à l’issue de laquelle ils obtinrent le droit de vivre sur leurs terres ancestrales, le gouvernement botswanais a émis un communiqué contestant le verdict.

    En 2002, le gouvernement botswanais avait expulsé les Bushmen de leurs terres ancestrales dans la Réserve du Kalahari central. Le 13 décembre 2006, après la bataille juridique la plus longue et la plus coûteuse de l’histoire du pays, la Haute Cour botswanaise confirmait que le gouvernement avait illégalement et anticonstitutionnellement évincé les Bushmen de leurs terres.

    Cependant, depuis ce verdict, le gouvernement continue d’empêcher les Bushmen de rentrer chez eux. Il vient même d’émettre une déclaration discréditant le jugement de la Haute Cour.

    Dans cette déclaration, le gouvernement affirme qu’il ‘ne force pas [les Bushmen] à sortir de la Réserve’ et que ceux-ci ‘se réjouissent des développements [apportés] à leurs nouveaux campements’. La Cour avait pourtant statué que les Bushmen ‘avaient été dépossédés indûment, illégalement et sans leur consentement de leur territoire’.

    Le gouvernement prétend également avoir apporté aux Bushmen ‘le développement dans leurs nouveaux camps, tels que l’éducation et la santé ainsi que de nombreux autres services destinés à améliorer leur qualité de vie’. Treize ans après la création du camp de relocalisation principal, aucun Bushman n’a trouvé d’emploi permanent, et l’alcoolisme et les maladies y sont monnaie courante. Comme l’avait affirmé l’un des juges au cours du procès : ‘[Le gouvernement] devrait se demander si la disparition d’un peuple n’est pas un prix trop cher payé en échange de services basiques dans un lieu centralisé’.

     

    En dépit du jugement de la Cour qui indiquait que ’l’interruption simultanée de l’approvisionnement en rations alimentaires et de l’attribution [de permis de chasse] équivaut à condamner les résidents de la réserve à mourir de faim’, le gouvernement interdit aux Bushmen d’accéder à l’eau ou de chasser pour se nourrir dans la réserve. Il les accuse de pratiquer le ‘braconnage’ sur leurs propres terres, prétendant qu’ils ont contribué au ‘déclin de toutes les espèces du Kalahari’, sans en apporter aucune preuve.

    Ce même document critique également Survival, prétendant que l’organisation ‘veut [pour les Bushmen] une vie de pauvreté et de souffrance’. L’un des juges avait pourtant félicité Survival pour avoir apporté ‘son soutien et redonné du courage à un peuple qui historiquement était économiquement et politiquement trop faible pour remettre en cause les décisions qui les affectaient.’

    Le gouvernement botswanais est en train de ressortir les mêmes poncifs fabriqués de toutes pièces qu’en 2002. Survival n’est pas la seule à avoir accusé le gouvernement de déformer la réalité; de nombreux journalistes indépendants qui se sont rendus au Botswana l’ont confirmé. Le gouvernement veut tout simplement expulser les Bushmen du Kalahari pour faire place à l’exploitation diamantifère et au tourisme. Il s’y efforce depuis treize ans et il se pourrait bien qu’il y parvienne. Survival intensifiera sa campagne de boycott des diamants et du tourisme. Il revient aux consommateurs de décider eux-mêmes s’ils veulent ou non participer à la destruction des Bushmen’.

    Ce soir sur la Deux: Vol au pays des bushmen

    Ce sont des explorateurs d'un nouveau genre et les documentaires qu'ils présentent sont forcément bien différents de ceux du National Geographic. Le Suisse Olivier Aubert, par exemple, a traversé la Namibie en ULM.

    Un voyage dans les airs qui offre, évidemment, des paysages à couper le souffle. Mais là n'est pas le plus important: cette manière de voyager ultra léger leur permet d'échapper aux circuits trop officiels en atterrissant, par exemple, au milieu des gamins qui jouent au foot. C'est le début d'un périple qui emmène nos explorateurs dans un township, aux abords du désert du Namib, et l'occasion d'une première rencontre insolite avec un pro du golf qui enseigne son sport aux enfants de la localité. Le voyage permet aussi de découvrir l'hospitalité de fermiers blancs, dont les animaux domestiques sont une girafe et des guépards, avant de conclure avec une étape finale au Bushmanland pour rencontrer ces hommes et femmes en voie de disparition.

    Le document surfe agréablement sur la mode de l'exploration consciente, dont l'émission phare est Rendez-vous en terre inconnue, avec les mêmes qualités: une approche centrée sur les gens plutôt que sur la géographie et un montage dynamisé par le son "en direct". Mais aussi les petits défauts à savoir le survol, c'est le cas de le dire, de problématiques comme les ravages du sida ou encore la difficile cohabitation entre éleveurs et grands fauves, sujets évacués pour laisser place à une avalanche de bons sentiments. Une fois cette règle du genre acceptée, il n'y a plus qu'à rêver les yeux grands ouverts. - P.D.G.

    27 novembre: 22h45 LA DEUX Lignes d'horizon: Vol au pays des bushmen

    Les Bushmen du Kalahari font appel à la Commission africaine

    Un Bushman du cœur de la Réserve du Kalahari central s’est rendu en Gambie pour demander de l’aide auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

    S’exprimant lors de la conférence internationale de la Commission africaine au début de ce mois, Smith Moeti a décrit la lutte des Bushmen pour retrouver leur accès à l’eau et pour échapper à la persécution dont ils sont victimes de la part du gouvernement botswanais.

    ‘Le gouvernement refuse de nous fournir des rations alimentaires tout en nous interdisant de chasser… Si nous voulons manger de la viande, nous sommes obligés de chasser sans licence… Et lorsque nous sommes arrêtés, il est fréquent que les garde-forestiers nous battent’ a déclaré Moeti devant la Commission.

    Il a ajouté : ‘Nous vivons dans la Réserve du Kalahari central depuis des milliers d’années. Nous n’utilisons aucune arme à feu. Tant que nous avons assez d’eau et de nourriture, nous ne dépendons presque pas du gouvernement’.

    Moeti a également lu devant la devant la Commission la lettre envoyée par sa famille qui vit dans la réserve : ‘Nous avons été abandonnés. La soif et la faim nous hantent et notre santé est menacée. Demandez à la communauté internationale de nous soutenir.’

    Xoroxloo, la grand-mère de Moeti, est morte de déshydratation.

    Xoroxloo, la grand-mère de Moeti, est morte de déshydratation

    La grand-mère de Moeti, Xoroxloo Duxee, est morte de déshydratation et de famine en 2005 après que le gouvernement eut fermé la réserve et que des gardes armés eurent empêché les Bushmen de chasser, de pratiquer la cueillette et de s’approvisionner en eau.

    Moeti, qui poursuit ses études à l’université de la capitale botswanaise, a failli ne pas pouvoir se rendre en Gambie. Les fonctionnaires botswanais avaient recommandé à la police de l’aéroport de Johannesburg de ne pas l’autoriser à voyager, ‘son passeport étant perdu’.

    Survival International défend le droit des Bushmen à vivre sur leur propre terre depuis des années. En dépit d’un verdict de la Haute Cour botswanaise en 2006 qui confirmait ce droit, le gouvernement botswanais ne ménage pas ses efforts pour que les Bushmen restent dans les camps de relocalisation situés à l’extérieur de la réserve et que certains nomment ‘lieux de mort’.

    Le gouvernement interdit aux Bushmen d’accéder à l’eau au sein de la réserve et d’y chasser. En revanche, il a permis à la compagnie Wilderness Safaris d’implanter un lodge touristique de luxe avec piscine en plein cœur de leur territoire et est sur le point d’autoriser l’implantation d’une mine de diamants qui nécessitera d’importantes quantités d’eau.

    Survival appelle au boycott du tourisme au Botswana et de ses diamants tant que les Bushmen continueront d’être persécutés et tant qu’ils ne seront pas traités équitablement.

    Nouvelle offense du gouvernement botswanais envers les Bushmen

    Le ministre de l’Environnement, de la faune et du tourisme est le dernier fonctionnaire en date à avoir proféré des remarques désobligeantes à l’égard des Bushmen du Kalahari.

    Lors d’une interview à la BBC, Kito Makaila (un noir lui aussi) a déclaré : ‘Je ne pense pas qu’il soit encore possible de considérer comme un choix le fait que votre propre espèce continue à vivre à l’âge des ténèbres au milieu de nulle part, alors que le monde a évolué et est devenu si technologique’.

    Les remarques de Makaila qui sont les dernières d’une longue série d’insultes formulées par les fonctionnaires du gouvernement confirment que le racisme à l’égard des Bushmen reste bien ancré.

    Le président botswanais, Ian Khama, avait formulé des commentaires similaires en 2008, qualifiant le mode de vie des Bushmen de ‘fantaisie archaïque’. L’an dernier, une femme sud-africaine avait été arrêtée pour avoir insinué que Ian Khama ‘ressemblait à un Bushman’.

    Tandis que le président Khama, également membre du conseil d’administration de l’ONG Conservation International, empêche les Bushmen d’accéder au puits dont ils dépendent pour leur survie dans le désert, son administration fore de nouveaux puits exclusivement destinés à la faune sauvage et autorise la compagnie touristique Wilderness Safaris à implanter un luxueux lodge en plein c?ur du territoire bushman. De plus, le gouvernement est actuellement en négociations avec la compagnie Gem Diamonds pour implanter une mine de diamants en territoire bushman.

    Le prédécesseur de l’actuel président, Festus Mogae, prétendait en 1996 que les Bushmen étaient des ‘créatures de l’âge de pierre’, qui ‘doivent changer s’ils ne veulent pas disparaître comme le dodo’. Il avait fait cette remarque au moment où son gouvernement lançait les premières vagues d’expulsion des Bushmen de leurs terres ancestrales; les évictions ultérieures qui eurent lieu en 2002 ont été jugées illégales et anticonstitutionnelles par la Haute Cour botswanaise.

    Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, le général Mompati Sebogodi Merafhe, actuellement vice-président du Botswana, s’était demandé en 2002 pourquoi les Bushmen devaient ‘continuer à communier avec la faune et la flore’ alors qu’ils pouvaient ‘jouir de choses bien meilleures dans la vie, comme de conduire des Cadillacs’.

    Margaret Nasha, ancien ministre du gouvernement local et actuellement ministre responsable du service public au cabinet présidentiel avait déclaré en 2002 : ‘Je compare parfois [la question des Bushmen] à celle des éléphants. Nous avons déjà eu le même problème lorsque nous avons voulu procéder à l’élimination sélective des éléphants et que les gens s’y sont opposés’.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré: ‘Les propos désobligeants de Mokaila sont dignes du passé colonial et montrent à quel point le gouvernement continue d’afficher le même comportement raciste qu’en 2002 lorsqu’il les a expulsés de leurs terres. Les Bushmen ont droit au respect de leur mode de vie, comme tout le monde. Si quelqu’un vit encore à l’âge des ténèbres c’est plutôt le gouvernement botswanais’.

    Les commentaires de Makaila font suite à l’appel récent au boycott du tourisme au Botswana et de ses diamants lancé par Survival et visant à dénoncer l’attitude du gouvernement envers les Bushmen.

    Campagne mondiale de Survival en soutien aux Bushmen du Botswana

    Une nouvelle pétition appelant la compagnie touristique controversée Wilderness Safaris à retirer son luxueux lodge du territoire des Bushmen au Botswana appelle à la mobilisation de l’opinion publique internationale.

    Tandis que les Bushmen du Kalahari central sont privés d’eau par leur gouvernement, le luxueux lodge de Wilderness Safaris, implanté sans leur consentement en plein cœur de leur territoire, dispose de toute l’eau nécessaire pour alimenter sa piscine et ses douches.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré : ‘Tant que les Bushmen n’auront pas accès à l’eau sur leur propre terre, Wilderness Safaris devra se tenir à distance. Si son lodge reste ouvert alors que les Bushmen sont privés d’eau, cela signifie que Wilderness soutient la politique gouvernementale visant à maintenir les Bushmen hors de leur terre’.

    La pétition a déjà rassemblé des signatures de sympathisants de plus de 80 pays, alors qu’elle a été lancée il y a une semaine à peine.

    Parmi les commentaires de milliers de signataires, un sympathisant du Royaume-Uni s’adressant au gouvernement botswanais écrit : ’L’histoire rendra compte de votre comportement honteux. Les Bushmen sont un peuple magnifique et fier’.

    Un sympathisant de Tanzanie dénonce : ‘La construction d’un lodge touristique par une compagnie qui se prétend responsable ne peut se justifier si elle n’a pas obtenu le libre consentement des habitants ancestraux de cette terre’.

    Aux Etats-Unis, un sympathisant s’alarme : ‘Je suis choqué de constater que le gouvernement botswanais se permet de mettre en danger la vie de ses citoyens pour des raisons purement lucratives. Lorsque les touristes apprendront comment cette terre a été acquise, ils n’auro

    Des militants de Survival manifestent au World Travel Market

    Les visiteurs du salon professionnel de l’industrie mondiale du tourisme seront accueillis aujourd’hui à Londres par des manifestants de l’organisation de droits de l’homme Survival International qui appelle au boycott du tourisme au Botswana.

    Survival a déclaré le boycott en septembre dernier pour dénoncer la politique répressive du gouvernement botswanais à l’égard des Bushmen du Kalahari. Malgré leur éclatante victoire dans un procès historique à l’issue duquel il leur a été reconnu le droit de vivre sur leurs terres ancestrales, les Bushmen sont privés de leur unique puits d’eau et n’ont pas le droit de chasser pour se nourrir.

    L’un des stands du World Travel Market, qui s’ouvre aujourd’hui à l’Excel Centre, est partagé par l’organisation nationale botswanaise du tourisme et Wilderness Safaris, une compagnie touristique controversée qui a implanté un luxueux lodge au cœur du territoire des Bushmen sans leur consentement.

    Tandis qu’il condamne l’accès à l’unique puits dont les Bushmen dépendent pour leur survie dans le désert les forçant à parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau, le gouvernement fait forer de nouveaux puits exclusivement destinés à la faune sauvage et autorise Wilderness Safaris à ouvrir un lodge touristique avec piscine à proximité de leur communauté.

    Survival a récemment lancé une pétition en ligne appelant Wilderness Safaris à retirer son lodge du territoire bushman. Le nombre de signatures s’élève aujourd’hui à 15 000.

    Le neveu du président botswanais, Marcus Ter Haar, et son avocat personnel, Parks Tafa, siègent au conseil d’administration de Wilderness Safaris.

    Plusieurs personnalités sympathisantes de Survival dont Gillian Anderson, Quentin Blake, Joanna Lumley, Sophie Okonedo et Mark Rylance, se sont engagées à ne pas se rendre au Botswana tant que les Bushmen ne seront pas autorisés à vivre en paix sur leurs ter

    Lancement de la campagne de boycott des diamants du Botswana par une manifestation contre De Beers

     

    http://assets.survivalinternational.org/pictures/954/nov3_original.jpg

     

    Survival a lancé le 3 novembre son appel au boycott des diamants du Botswana pour dénoncer le traitement infligé par le gouvernement aux Bushmen du Kalahari.

    Une manifestation a été organisée à Londres devant l’enseigne De Beers et une lettre sera remise en main propre à la boutique De Beers de San Francisco plus tard dans la journée. De Beers est en partie détenue par le gouvernement botswanais.

    Survival appelle également l’opinion publique à boycotter le tourisme au Botswana.

    Gillian Anderson, Quentin Blake, Joanna Lumley, Sophie Okonedo et Mark Rylance figurent parmi les célébrités qui se sont engagées à ne pas se rendre au Botswana ou à porter ses diamants tant que les Bushmen ne seront pas autorisés à vivre en paix sur leurs terres ancestrales.

    Le célèbre joaillier britannique Pippa Small a déclaré : ‘En tant que joailliers, cela fait plusieurs années que nous avons renoncé aux diamants du sang. Désormais, nous boycotterons également les diamants du Botswana tant que les Bushmen ne pourront pas vivre et chasser en toute liberté sur leur terre’.

    En 2002, les Bushmen ont été illégalement expulsés de leurs terres ancestrales pour faire place à l’exploitation diamantifère. A cette époque, le gouvernement niait la présence d’un important gisement de diamants dans ce territoire. Huit ans plus tard, Gem Diamonds, qui a racheté la concession acquise par la compagnie De Beers, est en train de négocier l’implantation d’une mine de 2,3 milliards d’euros à proximité d’une communauté bushman.

    Tandis que Gem Diamonds, en partie détenue par le bijoutier Graff, s’active pour ouvrir cette mine, les Bushmen sont persécutés sur leurs propres terres. Malgré leur victoire juridique sans précédent qui leur a reconnu en 2006 le droit de retourner chez eux, le gouvernement botswnais leur interdit de chasser et d’utiliser l’unique puits indispensable à leur survie dans la Réserve.

    Tout en privant les Bushmen de leur accès à l’eau, le gouvernement a fait forer de nouveaux puits destinés à la faune sauvage, financés par la Fondation Tiffany & Co. Il a également autorisé une agence de voyage ‘responsable’, Wilderness Safaris, à ouvrir un lodge touristique de luxe avec piscine au cœur du territoire bushman.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ’L’industrie diamantifère botswanaise est liée au gouvernement comme deux sœurs siamoises. L’opinion devrait tenir compte du fait qu’en dehors de représenter un luxueux témoignage d’amour éternel, les diamants du Botswana sont le symbole de la répression implacable exercée à l’encontre des premiers habitants de l’Afrique australe’.

     

    Des stars soutiennent l’appel au boycott des diamants du Botswana

     

    Survival appelle au boycott des diamants du Botswana tant que les Bushmen n'auront pas retrouvé leur accès à l'eau.

     

     

    Survival International a manifesté le 3 novembre devant les enseignes De Beers de Londres et San Francisco et lancera à cette occasion un appel au boycott des diamants du Botswana pour dénoncer le traitement infligé par le gouvernement aux Bushmen du Kalahari. Survival appelle également l’opinion publique à boycotter le tourisme au Botswana.

    L’actrice américaine Gillian Anderson, l’écrivain et illustrateur britannique Quentin Blake ainsi que les acteurs britanniques Joanna Lumley, Sophie Okonedo et Mark Rylance figurent parmi les célébrités qui se sont engagées à ne pas se rendre au Botswana ou à porter ses diamants tant que les Bushmen ne seront pas autorisés à vivre en paix sur leurs terres ancestrales.

    Le célèbre joaillier britannique Pippa Small a déclaré : ‘En tant que joailliers, cela fait plusieurs années que nous, joailliers, avons renoncé aux diamants du sang. Désormais, nous devons également boycotter les diamants du Botswana tant que les Bushmen ne pourront pas vivre et chasser en toute liberté sur leur terre’.

    En 2002, les Bushmen ont été illégalement expulsés de leurs terres ancestrales pour faire place à l’exploitation diamantifère. A cette époque, le gouvernement niait la présence d’un important gisement de diamants dans ce territoire. Huit ans plus tard, Gem Diamonds, qui a racheté la concession acquise par la compagnie De Beers pour exploiter ce gisement, est en train de négocier la construction d’une mine de 2,3 milliards d’euros à proximité d’une communauté bushman.

    Tandis que Gem Diamonds, en partie détenue par le bijoutier Graff, s’active pour ouvrir sa mine, les Bushmen sont persécutés sur leurs propres terres. Malgré leur vi

    Vendredi : Les Bushmen

     "Ils étaient une fois... les Bushmen" sur Arte à 16h40 le vendredi 17 septembre 2010.  Les premiers Hollandais qui ont débarqué en Afrique australe ont dénommé les autochtones les «Bushmen». Ces «hommes de la brousse» étaient clairement considérés comme des sous-hommes. Or ils étaient les seuls habitants d'Afrique australe avant l'arrivée des Européens et des Bantous venus d'Afrique centrale et orientale. Peu à peu, les Bushmen se sont retirés dans les régions les plus inhospitalières du désert du Kalahari où, depuis, ils vivent isolés. Le clan de Nhoma a accepté la présence du documentariste Pierre Mann qui, depuis trente ans, leur rend régulièrement visite. Il filme leurs coutumes et l'évolution de leur village. Les chasseurs partent sur les traces des antilopes. Ils ne parlent pas, ils ne communiquent que par des signes pour mieux approcher leurs proies.

    Les lauréats du ‘Prix Nobel Alternatif’ interpellent le président du Botswana au sujet des Bushmen

    Plus de 30 lauréats du ‘Right Livelihood Award’, connu comme le ‘Prix Nobel alternatif’, ont adressé une lettre ouverte au président Khama du Botswana l’exhortant à autoriser les Bushmen à accéder à l’eau.

    Cet appel intervient au moment où des experts internationaux arrivent à Stockholm pour la Semaine mondiale de l’eau et peu de temps avant la Conférence du Right Livelihood Award qui aura lieu à Bonn du 14 au 19 septembre ; il fait suite à la reconnaissance, par les Nations-Unies en juillet dernier, de l’eau comme un droit humain fondamental.

    Dénonçant l’attitude ‘inexcusable’ du gouvernement, la lettre des lauréats exhorte celui-ci ‘à rendre aux Bushmen leur accès à l’eau sur leurs propres terres et travailler avec eux à l’élaboration d’un avenir viable pour tous’.
    Les lauréats expriment leur préoccupation quant au bien-être des Bushmen de la Réserve du Kalahari central au Botswana qui se sont vu interdire l’accès à un puits, leur unique source d’eau. ‘Sans accès à l’eau, un droit humain fondamental’, dit la lettre ‘ils doivent lutter pour maintenir leur mode de vie sur leurs terres ancestrales’.

    En 2002, les Bushmen ont été chassés de leurs terres par le gouvernement botswanais et parqués dans des camps de relocalisation en dehors de la réserve. Avec l’aide de Survival, ils ont intenté un procès au gouvernement et, quatre ans plus tard, ont remporté une victoire historique quand la Haute Cour a reconnu leur droit de vivre dans la réserve. En 2005, l’organisation des Bushmen First People of the Kalahari a reçu le ‘Prix Nobel alternatif’ pour son combat en vue de la reconnaissance de leurs droits.

    En dépit du jugement, le gouvernement refuse d’autoriser les Bushmen à utiliser un puits, lequel a été scellé et recouvert au cours des expulsions de 2002, les obligeant à de pénibles trajets pour chercher de l’eau à l’extérieur de la réserve. Pendant ce temps, le gouvernement fait forer de nouveaux puits pour la faune sauvage et a autorisé la compagnie Wilderness Safaris à construire un luxueux lodge touristique avec piscine dans le territoire bushman. Il est aussi sur le point d’autoriser une exploitation diamantifère au cœur de l’une des communautés bushmen, pour laquelle de nouveaux puits seront forés à la condition que la mine ne fournisse pas d’eau aux Bushmen.

    En juillet, un juge de la Haute Cour a rejeté la demande des Bushmen d’être autorisés à utiliser le puits, exprimant son accord avec l’argument du gouvernement selon lequel ils ‘se sont exposés eux-mêmes à la gêne qu’ils doivent supporter’.

    Jumanda Gakelebone, porte-parole bushman, a déclaré : ‘Nous sommes reconnaissants à tous les lauréats de nous aider. Khama devrait savoir que beaucoup de défenseurs des droits de l’homme veillent dans le monde entier’.

    Lettre adressée au président Khama :

    Nous, soussignés, lauréats du ‘Prix Nobel alternatif’, sommes très préoccupés par la situation de nos amis et co-lauréats, les Bushmen de la Réserve du Kalahari central. Sans accès à l’eau, un droit humain fondamental, ils doivent lutter pour maintenir leur mode de vie sur leurs terres ancestrales.

    Tout ce que les Bushmen veulent, c’est de pouvoir utiliser un puits dont ils se servaient avant d’être illégalement expulsés de leurs terres. Le leur refuser est inexcusable.

    Nous vous exhortons à rendre aux Bushmen leur accès à l’eau sur leurs propres terres et travailler avec eux à l’élaboration d’un avenir viable pour tous. Roy Sesana l’a dit : ‘Nous ne sommes pas ici pour nous-mêmes. Nous sommes tous ici pour les uns et les autres et pour les enfants de nos petits-enfants’.

    Ibrahim Abouleish (Egypt)
    Marcos Aran, International Baby Food Action Network (Mexico)
    András Biró/Hungarian Foundation for Self-Reliance (Hungary)
    Carmel Budiardjo (UK)
    Tony Clarke (Canada)
    Erik Dammann/The Future in Our Hands (Norway)
    Hans-Peter Duerr (Germany)
    Samuel Epstein (USA)
    Anwar Fazal (Malaysia)
    Festival Internacional de Poesía de Medellín (Colombia)
    Johan Galtung (Norway)
    Wes Jackson/The Land Institute (USA)
    Katarina Kruhonja (Croatia)
    Ida Kuklina/The Committee of Soldiers’ Mothers of Russia (Russia)
    Manfred Max-Neef (Chile)
    Pat Mooney (Canada)
    Alice Tepper Marlin (USA)
    Movement for the Survival of the Ogoni People (Nigeria)
    Nicanor Perlas (Philippines)
    Raúl Montenegro (Argentina)
    Juan Pablo Orrego/ Grupo de Acción por el Biobío (Chile)
    Kerala Sastra Sahitya Parishad (India)
    Right Livelihood Award Foundation (Sweden)
    Mycle Schneider (France)
    Suciwati, wife of late Munir (Indonesia)
    Hannumappa Sudarshan, VGKK (India)
    Vesna Terselic (Croatia)
    Trident Ploughshares (UK)
    John F. Charlewood Turner (UK)
    Judit Vásárhelyi, on behalf of Duna Kör (Hungary)
    Alla Yaroshinskaya (Russia)

    Télécharger la lettre en anglais

    Les Bushmen font appel pour leur droit à l’eau

    Les Bushmen du Botswana font appel de la décision de la Haute Cour leur refusant l’accès à l’eau sur leurs terres ancestrales.

    En juillet, le juge Walia a rejeté la demande des Bushmen d’utiliser un puits situé sur leurs terres au sein de la Réserve du Kalahari central, tout en exprimant de la sympathie pour la position du gouvernement selon laquelle ‘ayant choisi de s’installer dans un lieu extrêmement lointain, [les Bushmen] s’exposent eux-mêmes à une gêne qu’ils doivent supporter’.

    La décision est tombée une semaine avant que les Nations-Unies ne reconnaissent officiellement l’eau comme un droit humain fondamental. La décision a été également condamnée par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, la plus haute instance du continent en matière de droits de l’homme, pour refuser le ‘droit à la vie’ pourtant reconnu par la Charte africaine.

    En 2002, les Bushmen ont été expulsés de leurs terres par le gouvernement botswanais, une mesure jugée illégale et inconstitutionnelle par la Haute Cour. Malgré le jugement, le gouvernement continue à empêcher les Bushmen de rentrer chez eux en leur refusant l’accès à un puits qui est leur unique source d’eau, ce qui les oblige à parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau en dehors de la réserve.

    Les Bushmen ont intenté un nouveau procès afin de regagner leur accès au puits que le gouvernement avait démantelé et scellé au cours des évictions de 2002. Bien que les Bushmen aient proposé de réunir les fonds nécessaires à la réouverture du puits, le gouvernement prétend qu’une autorisation est nécessaire et a refusé de la leur donner.

    Pendant ce temps, le gouvernement a créé dans la réserve de nouveaux puits pour la faune sauvage, autorisé Wilderness Safaris à ouvrir en plein territoire bushmen un lodge pour touristes avec piscine et est sur le point de donner le feu vert à une exploitation diamantifère au cœur de l’une des communautés bushmen.

    Le président du Botswana, Ian Khama, qui siège au conseil d’administration de Conservation International, a décrit le mode de vie des Bushmen comme une fantaisie archaïque.

    Jumanda Gakelebone, porte-parole bushman, a déclaré : ‘Comme tous les êtres humains, nous ne pouvons pas vivre sans eau. Nous, les Bushmen, faisons appel pour faire valoir notre droit humain fondamental, et le monde entier nous regarde »

    De l’eau à satiété pour les animaux et les touristes, pas pour les bushmen

    Le puits de Mothomelo était depuis plusieurs années l’unique source d’eau dont dépendaient les communautés bushmen de la Réserve du Kalahari central (CKGR) au Botswana. Mais lors de l’expulsion des Bushmen de la Réserve par le gouvernement botswanais en 2002, la pompe a été démantelée et le puits scellé. Le procès historique de 2006 a certes reconnu que cette expulsion était « illégale et anticonstitutionnelle », mais la réinstallation d’un puits dans la réserve reste interdite par le gouvernement. Les Bushmen rejoignent donc leurs terres sans pouvoir y boire, dans l’attente de la décision de la Haute Cour de Lobatse le 9 juin.


    La découverte de gisements de diamants sur le territoire bushmen avait amené le gouvernement à planifier plusieurs vagues d’expulsion, des expulsions jugées finalement illégales par la Haute Cour botswanaise, après la plainte commune déposée par 243 familles bushmen. A l’époque, en 2006, cette décision avait été qualifiée d’historique car c’était l’une des plus importantes victoires d’un peuple autochtone devant une juridiction nationale.

    Mais le retour des Bushmen ne se fait pas sans difficulté. Certains dénoncent toujours des violences et des manœuvres d’intimidation. Récemment encore, le gouvernement a autorisé l’ouverture d’un lodge de safaris dans la réserve, sans le consentement préalable nécessaire des communautés. Mais la plus grande difficulté à laquelle doivent faire face les Bushmen est l’absence de point d’eau. Ils sont contraints de parcourir 480 km aller-retour pour pouvoir s’approvisionner.

    D’après des porte-parole du gouvernement, l’interdiction de réinstaller un puits se justifie par « la menace de leur présence sur la faune sauvage », et les responsables ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes puisqu’ « ils ont choisi de vivre dans un lieu où il n’y a pas d’eau. » Le complexe touristique construit par Wilderness Safaris en 2009 compte pourtant une piscine au cœur de la réserve et de nombreux points d’eau exclusiveme

    Au Botswana, l'accès à l'université commence à s'ouvrir aux Bushmen

     

     

    Bihela Sekere, un bushmen du Botswana, a grandi dans un village poussiéreux de la réserve naturelle du Kalahari, où les mots diplômes et université n'étaient jamais prononcés. Mais à 28 ans, il vient de décrocher une maîtrise en coopération internationale.

    "Cela n'a jamais été facile de grandir comme un enfant san, particulièrement pour ceux qui voulaient aller à l'école, la plus proche se trouvant à des kilomètres", se souvient le jeune homme.

    Dès le collège, il a été envoyé en internat loin de ses parents, et a réussi à s'accrocher malgré les brimades de ses camarades de classe. "On m'a lancé toutes sortes de nom et il a souvent fallu que je me batte" confie-t-il.

    Mais aujourd'hui, "je suis heureux de pouvoir m'adresser aux gens comme un jeune San instruit", lance le nouveau diplômé.

    Bihela Sekere fait partie de la première promotion de Bushmen, dont les études ont été financées par le Centre d'études sur les San créé par l'Université du Botswana.

    Ce centre sélectionne des jeunes sans et finance leurs études supérieures dans la faculté de leur choix, à Gaborone ou à l'étranger. Cette année, dix étudiants ont bénéficié de bourses grâce à une aide de 1,9 million de dollars fournie par la Norvège.

    "Nous espérons avoir d'autres financements pour pouvoir aider plus de jeunes San qui souhaitent poursuivre leurs études", explique la directrice Maitseo Bolaane.

    La nouvelle structure dispose également d'un centre de recherches créé pour mettre fin à un paradoxe: la plupart des programmes d'études sur les Bushmen sont en Occident, bien que ses membres vivent en Afrique australe.

    Environ 100. 000 de ces chasseurs-cueilleurs nomades, connus pour leur peau marron et leur langue à "clics" sont répartis entre le Botswana, la Namibie et l'Afrique du Sud, avec quelques poignées en Zambie ou en Angola.

    Au Botswana, ils ont été chassés de leurs terres ancestrales par le gouvernement qui assure vouloir les sédentariser pour leur permettre d'avoir accès aux services publics de base.

    Pour les associations, il s'agit en fait de faire la place à l'exploitation des mines de diamants et à l'industrie touristique, les principales sources de revenus du pays.

    Les Bushmen du Botswana vivent donc dans des conditions difficiles et doivent toujours se battre pour vivre dans la réserve du Kalahari, où le gouvernement refuse de leur ouvrir un accès à l'eau.

    L'accès à l'éducation est également un enjeu: de nombreux enfants Bushmen restent incultes à cause de l'éloignement des écoles et du manque d'encouragement de leurs parents.

    Dans ce contexte, le jeune Bihela espère tirer profit de son éducation pour aider sa communauté. "Nous avons été humiliés pendant longtemps, c'est maintenant l'occasion de faire quelque chose de positif", lance-t-il.

    Pour Kuela Kiema qui s'est penché sur la question des expulsions dans son livre "Tears for my Land" ("Des larmes pour ma terre"), le nouveau centre de recherche est une sorte de lot de consolation pour les souffrances endurées par son peuple.

    "Le gouvernement a finalement réalisé que nous faisons partie du Botswana et que nous méritons mieux, estime-t-il. Nous aurons peut-être encore des problèmes mais au moins, ils ont fait quelque chose pour nous. "

    L’ex-conseillère des Nations-Unies sur les questions de l’eau condamne le traitement infligé aux Bushmen du Botswana

    Maude Barlow, ex-conseillère des Nations unies sur les questions de l’eau, lauréate du Prix Nobel Alternatif et fondatrice du projet ‘Blue Panel’, a condamné le gouvernement botswanais pour avoir refusé l’accès à l’eau aux Bushmen.

    La condamnation de Maude Barlow survient une semaine après que les Nations-Unies aient déclaré l’eau comme un droit fondamental de l’Homme, et deux semaines après le verdict de la Haute Cour du Botswana statuant que les Bushmen du Kalahari ne pouvaient pas avoir accès à un point d’eau situé dans leur territoire.

    ‘La semaine dernière, l’Assemblée générale des Nations-Unies a déclaré que ‘le droit à l’eau s’applique à quiconque, partout dans le monde’, a rappelé Barlow. ‘Mais maintenant le monde entier est témoin que l’un des pays africains les plus prospères refuse à ses premiers habitants le droit de forer un puits alors qu’il promeut l’exploitation minière et des camps de safaris quelques kilomètres plus loin. Il est difficile d’imaginer une façon plus cruelle et inhumaine de traiter les gens. On ne peut qu’en conclure que les autorités botswanaises estiment que les Bushmen sont moins importants que la faune sauvage. De nombreuses personnes à travers le monde seront horrifiées de ce qu’ils verront’.

    La résolution de l’Assemblée Générale adoptée le 28 juillet dernier par ses 192 membres stipule que l’accès à l’eau est ‘essentiel à la pleine jouissance de la vie et à la protection des droits de l’homme’. 122 Etats ont voté en faveur de la résolution, et 41 se sont abstenus, dont le Botswana.

    A peine une semaine avant l’adoption de la résolution, un juge de la Haute Cour botswanaise a rejeté la demande des Bushmen d’utiliser un puits sur leurs terres au sein de la Réserve du Kalahari central. Ce qui les oblige à parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau en dehors de la réserve. Le gouvernement a également interdit l’accès à la réserve aux Bushmen qui voulaient transporter de l’eau à dos d’âne.

    En contradiction avec la résolution des Nations-Unies qui établit que les Etats sont responsables de la ‘promotion et de la protection de tous les droits de l’homme’, le juge Walia a exprimé de la sympathie pour les arguments invoqués par le gouvernement selon lesquels les Bushmen ‘ayant choisi de s’installer à un lieu extrêmement lointain, ils s’exposent eux-mêmes à une gêne qu’ils doivent supporter’.

    Le gouvernement avait scellé le puits des Bushmen après les avoir expulsés de la Réserve du Kalahari central en 2002. Quatre ans plus tard, les Bushmen avaient gagné un procès devant la Haute Cour botswanaise qui avait jugé que les Bushmen, ayant été expulsés de manière illégale et anticonstitutionnelle, avaient le droit de retourner dans la réserve.

    Le gouvernement continue cependant d’interdire aux Bushmen de réinstaller le puits, les empêchant ainsi d’exercer leur droit constitutionnel de vivre dans la réserve. En même temps il a fait forer de nouveaux puits uniquement destinés à la faune sauvage et a autorisé un lodge de safaris avec piscine au cœur du territoire bushman.

    Les Bushmen vont vraisemblablement faire appel à cette décision.

    L’interdiction d’accès à l’eau prononcée contre les Bushmen du Botswana suscite l’indignation

    L’annonce du verdict de la Haute Cour botswanaise refusant l’accès à l’eau aux Bushmen du Kalahari a suscité une vive indignation.

    Le juge a statué que les Bushmen n’avaient pas le droit d’accéder au puits d’eau situé sur leur territoire dans la Réserve du Kalahari central – une des régions les plus arides de la planète –, ni d’en forer un nouveau. L’audience avait eu lieu le 9 juin dernier, mais le juge ne n’est prononcé qu’aujourd’hui.

    Ce verdict est un coup dur pour les Bushmen qui tentent de survivre dans le désert sans aucun accès à l’eau depuis que le gouvernement botswanais a scellé leur puits en 2002 dans le but de les chasser de la réserve. En 2006, la Haute Cour avait jugé que les évictions forcées des Bushmen étaient illégales et anticonstitutionnelles et des centaines de Bushmen avaient ainsi pu retourner sur leurs terres.

    En dépit du verdict, le gouvernement a interdit aux Bushmen de rétablir leur puits, les exposant à des conditions décrites par le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les peuples indigènes, James Anaya, de ‘déplorables et dangereuses en raison du manque d’accès à l’eau’. Au même moment, Wilderness Safaris a ouvert un lodge de safaris avec piscine et bar au cœur du territoire bushman et le gouvernement a fait forer de nouveaux puits dans la réserve pour approvisionner la faune sauvage en eau avec le soutien financier de la Fondation Tiffany & Co.

    Il est également interdit aux Bushmen d’approvisionner en eau leurs familles vivant dans la réserve.

    Le porte-parole bushman, Jumanda Gakelebone, a déclaré aujourd’hui : ‘C’est une très mauvaise nouvelle. Si nous n’avons pas d’eau, comment allons-nous vivre ? La Cour nous a rendu notre terre, mais sans le puits ; sans eau, notre vie est impossible’.

    ‘Depuis ces dix dernières années, le Botswana est devenu l’un des endroits du monde les plus hostiles envers les peuples indigènes. Si les Bushmen ne peuvent avoir accès à l’eau sur leurs propres terres alors que les touristes, la faune sauvage et les mines de diamants peuvent s’approvisionner librement, alors il faut demander aux étrangers s’ils veulent réellement soutenir ce régime en se rendant dans ce pays et chez les bijoutiers’.

    Les Bushmen privés d’eau dans l’une des régions les plus arides du monde

    Les autorités botswanaises empêchent les Bushmen du Kalahari d’approvisionner leurs familles en eau dans l’une des régions les plus arides du monde.

    Cette attitude du gouvernement n’est que la suite d’une longue campagne visant à forcer les Bushmen à quitter leur terre ancestrale pour les installer dans des camps de relocalisation.

    Des gardes forestiers ont interdit à des Bushmen d’apporter de l’eau à leurs familles dans la Réserve du Kalahari central, sous prétexte qu’ils n’étaient plus autorisés à utiliser des ânes pour transporter l’eau.

    Ne possédant pas de véhicules motorisés, les Bushmen qui veulent soutenir leurs proches qui vivent dans la réserve ne disposent que des ânes pour transporter l’eau. En dépit du verdict de la Haute Cour confirmant leur droit de vivre sur leurs terres ancestrales de la réserve, le gouvernement botswanais a interdit aux habitants l’accès à un puits sur leurs terres. Durant la saison sèche, les Bushmen sont totalement dépendants de l’eau puisée à l’extérieur de la réserve, impossible à transporter sans l’aide des ânes.

    Le mois dernier, les Bushmen ont intenté un nouveau procès pour obtenir l’accès à leur puits. Ils attendent toujours la décision du juge, qui devrait être rendue le 21 juillet.

    Cette nouvelle politique enfreint l’article 25(1) de la Réglementation des Parcs nationaux et des Réserves de gibier qui stipule que quiconque peut entrer dans la réserve ‘à cheval, à dos de chameau, d’âne ou de tout autre animal approuvé par le directeur’. C’est vraisemblablement sur ce principe que le Département de la faune sauvage et des parcs nationaux a affirmé que ‘l’utilisation d’animaux pour les safaris (chameaux, chevaux, etc.) doit être autorisée et encouragée’ dans ‘les zones à faible densité touristique’ dont des parties de la Réserve du Kalahari. Ce qui n’est pas permis pour un Bushman est apparemment parfaitement acceptable pour un touriste. L’un paie, l’autre non.

    Le gouvernement a également autorisé l’ouverture d’un lodge de luxe pour des safaris, avec piscine et bar et a foré de nouveaux puits uniquement destinés à la faune sauvage. Il est également sur le point d’attribuer une licence d’exploitation diamantifère sur le territoire bushman qui nécessitera le forage de nouveaux puits, à condition de ne pas fournir d’eau aux Bushmen.

    Lorsque les touristes responsables se rendront compte de ce qui se passe, ils ne voudront plus se rendre dans des régions où les droits des peuples indigènes sont délibérément bafoués. Le Botswana prétend vouloir attirer encore plus de touristes, mais son attitude ne peut que les en éloigner. L’oppression acharnée du pays à l’égard de ses premiers citoyens ne fait que continuer à ternir sa réputation’.

    Reprise d’un projet minier controversé en territoire bushman

    Un projet minier diamantifère fait de nouveau surface après avoir été suspendu en raison de la récession globale.

    Gem Diamonds avait mis en sommeil son projet minier dans la communauté bushman de Gope face à la chute de la demande mondiale de diamants. Cependant, on a appris du directeur des opérations du projet minier, Howard Marsden, que les activités minières ont ‘atteint un niveau élevé’, les récentes estimations montrant que la valeur du secteur minier a augmenté par rapport à la période précédant la récession.

    Gem Diamonds, qui a racheté la concession de Gope à De Beers en 2007, soutient que les Bushmen sont favorables à la mine. Mais ces derniers n’ont obtenu aucune information indépendante sur ses impacts potentiels et sont actuellement en train de lutter contre la privation d’eau imposée par le gouvernement botswanais.

    En 2002, les Bushmen avaient été expulsés de leurs terres dans la Réserve du Kalahari central. Quatre ans plus tard, la Haute Cour avait statué que les évictions étaient illégales et que les Bushmen avaient le droit de vivre sur leur terre ancestrale.

    En dépit de ce verdict, le gouvernement botswanais a condamné l’accès à un puits dont les Bushmen dépendent pour s’approvisionner en eau. Le mois dernier, les Bushmen ont intenté un procès pour regagner l’accès au puits, mais le juge a reporté sa décision à une date encore inconnue.

    Gem Diamonds a obtenu l’autorisation environnementale nécessaire pour mener ses opérations à Gope à condition que ‘les puits forés… par [la compagnie] ne soient utilisés que pour fournir l’eau nécessaire à la mine’. L’intention délibérée du gouvernement est de s’assurer que Gem Diamonds ne fournira pas d’eau aux Bushmen en dépit du fait que la mine sera implantée au cœur de l’une de leur communauté.

    Les Bushmen ont toujours été convaincus qu’ils avaient été expulsés pour faire place à l’exploitation des gisements de diamants de la Réserve. Le gouvernement botswanais nie cet argument, prétendant entre autre que les Bushmen ont été évincés pour des raisons de conservation.

    Cependant, comme l’a précisé le Rapporteur spécial des Nations-Unies sur les peuples indigènes, la préoccupation apparente du gouvernement pour la préservation de l’environnement est ‘contradictoire avec sa décision de permettre à Gem Diamonds/Gope Exploration Company (Pty) Ltd. de mener des activités minières au sein de la réserve, une opération planifiée pour plusieurs décennies et qui, selon la compagnie minière, pourrait provoquer un afflux de 500 à 1200 personnes sur le site’.

    Les derniers rapports de Gem Diamonds indiquent que l’exploitation d’une mine souterraine durant une dizaine d’années sur le site de Gope sera suivie d’opérations à ciel ouvert.

    Selon les Nations-Unies, aucun projet de développement ne peut avoir lieu sur des territoires appartenant à des peuples indigènes sans leur consentement libre, préalable et informé. Tout le monde sait qu’en ce qui concerne la mine de Gope ce droit n’a jamais été respecté — en réalité, le gouvernement prétend depuis des années que la présence de gisements de diamants dans la réserve n’est qu’une invention de Survival. Si la mine s’implante, le Botswana se rendra une fois de plus coupable de la violation des droits des Bushmen et ne fera que renforcer la mise à l’index des diamants du Botswana. Combien de temps faudra-t-il au gouvernement pour se rendre compte que les acheteurs de diamants ne sont pas indifférents aux considérations éthiques?

     

    Jugement imminent d’un procès vital pour les Bushmen

    Le verdict tant attendu d’un procès intenté par les Bushmen du Botswana pour leur droit à l’eau doit être rendu mercredi 21 juillet par la Haute Cour de Lobatse au Botswana.

    L’affaire a été entendue le 9 juin dernier ; de nombreux Bushmen avaient effectué un long voyage pour y assister.

    Lorsque le gouvernement avait expulsé les Bushmen de la Réserve du Kalahari central en 2002, il avait scellé un puits qui était l’unique source d’eau des communautés de la réserve.

    En 2006, la Haute Cour botswanaise avait jugé que le gouvernement ayant agi anticonstitutionnellement en expulsant les Bushmen, ils avaient le droit de retourner dans la réserve. Plusieurs centaines d’entre eux sont depuis rentrés chez eux.

    En dépit de plusieurs tentatives de négociation avec le gouvernement, ce dernier continue de leur refuser l’accès à leur puits.

    Les Bushmen, qui vivent dans l’une des régions les plus arides du monde, sont forcés de parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau en dehors de la réserve. Depuis la fermeture du puits, un Bushman est mort de déshydratation.

    Un Bushman de la réserve a déclaré : ‘Nous avons soif et nous souffrons… La seule chose qu’il nous faut, c’est de l’eau. C’est un gros problème, en particulier pendant les vacances scolaires lorsque les enfants reviennent dans la réserve. Ils étaient habitués à avoir de l’eau tous les jours ; pour qu’ils ne souffrent pas trop de ce manque d’eau nous devons marcher toute la nuit jusqu’au camp de relocalisation de Kaudwane pour en trouver’.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Des milliers de sympathisants à travers le monde soutiennent les Bushmen pour que leurs droits soient enfin respectés. Quelle que soit la décision de la Cour, ce sera un jour très important pour les droits des peuples indigènes’.

    Le droit à l’eau des Bushmen en suspens

    Le juge de la Haute Cour du Botswana qui instruisait le dossier des Bushmen du Kalahari ne s’est finalement pas prononcé sur leur plainte concernant l’accès à un puits dont ils dépendent pour s’approvisionner en eau.

    Le gouvernement botswanais avait démantelé et scellé le puits des Bushmen en 2002 lorsqu’il les avait expulsés de leurs terres ancestrales dans la Réserve du Kalahari central. Les évictions furent ensuite jugées illégales et inconstitutionnelles par la Haute Cour et des centaines de Bushmen purent retourner sur leurs terres.

    Cependant, depuis ce jugement, le gouvernement interdit aux Bushmen d’accéder à leur puits, les forçant à parcourir 480 km aller-retour pour s’approvisionner en eau en dehors de la réserve. Entre temps, il a aménagé de nouveaux puits destinés à la faune sauvage de la réserve et a autorisé la compagnie Wilderness à ouvrir un lodge de safaris avec piscine. Il est également sur le point d’accorder à la compagnie Gem Diamonds une licence d’exploitation d’un gisement de diamants au cœur du territoire bushman.

    Des centaines de Bushmen croupissent dans de sinistres camps de relocalisation en dehors de la réserve, délaissés par le gouvernement et craignant de retourner sur leurs terres sans pouvoir bénéficier d’un accès permanent à l’eau dans l’une des régions les plus arides du monde.

    L’attitude du gouvernement envers les Bushmen a été fermement condamnée par l’opinion publique internationale. Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les peuples indigènes a dénoncé le non-respect ‘des normes internationales des droits de l’homme’ rapportant que les Bushmen de la réserve étaient confrontés à des ‘conditions déplorables et dangereuses en raison de leur manque d’accès à l’eau’. Le Département d’Etat nord-américain a également critiqué le gouvernement pour son ’interprétation restreinte d’une décision juridique’.

    Cette dernière décision frustre considérablement les attentes des Bushmen qui n’ont pas eu d’autre alternative que d’intenter un procès à un gouvernement resté sourd à leurs nombreuses tentatives de négociation. Elle survient à la veille du voyage du président du Botswana, Ian Khama, à Chicago où il doit assister au conseil d’administration de l’ONG Conservation International’.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Cela fait maintenant treize ans que les premières vagues d’expulsion ont débuté et huit ans que le gouvernement a illégalement contraint presque tous les Bushmen à partir de la réserve en condamnant leur unique puits. Nous continuerons de dénoncer publiquement ces scandaleuses violations des droits de l’homme tant que les Bushmen n’auront pas accès à l’eau’.

    Les Bushmen font appel au prince William

    Les Bushmen de la réserve du Kalahari central ont fait appel au prince William qui doit prochainement se rendre au Botswana.

    Dans une lettre adressée au prince, l’organisation First People of the Kalahari dénonce les récentes exactions dont les Bushmen ont été victimes :

    ’La semaine dernière, des policiers et des militaires en armes ont pénétré sur nos terres de la Réserve du Kalahari central et ont expulsé certains de nos frères et sœurs. Les tristes souvenirs de notre première expulsion en 2002 nous sont revenus à la mémoire.

    Cela fait maintenant plus de trois ans que nous avons gagné notre procès contre le gouvernement. La Cour avait jugé que celui-ci avait agi illégalement en nous expulsant de notre terre et que nous avions le droit de retourner chez nous. Mais nous craignons que cela se produise à nouveau.’

    En 2006, la Haute Cour botswanaise avait tranché en faveur des Bushmen, jugeant que le gouvernement avait agi inconstitutionnellement en les expulsant et avait confirmé qu’ils avaient le droit de retourner dans la réserve. Des centaines de Bushmen purent ainsi rentrer chez eux.

    Cependant, l’irruption, la semaine dernière, de camions militaires et policiers dans la réserve a été perçue par Survival comme une manœuvre d’intimidation visant à expulser les Bushmen.

    Le 9 juin prochain, la plainte des Bushmen concernant l’accès à leur puits a été examinée entendue par la Haute Cour du Botswana. Depuis que le gouvernement a condamné leur puits, ils doivent parcourir 480 km aller-retour pour s’approvisionner en eau, dans des conditions que le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les peuples indigènes a qualifiées de ‘déplorables et dangereuses’.

    Les Bushmen appellent le prince à les soutenir : ‘Aidez-nous, s’il vous plaît. Laurens van der Post qui était votre parrain, était notre ami, c’est pourquoi nous pensons que vous êtes un homme bon. Il y a plusieurs années, il avait amené deux Bushmen rencontrer le prince de Galles en Ecosse – ils se souviennent toujours de cette entrevue. Cet homme a fait connaître notre histoire à des millions de personnes à travers le monde et serait très triste d’apprendre que nous sommes si mal traités aujourd’hui.

    ‘G//ama, notre créateur, nous a faits Bushmen et a créé les animaux pour nous. La Réserve est notre foyer – c’est là que nous chassons, que nous dansons et que nous entrons en relation avec les esprits de nos ancêtres. Notre vie et celle de nos enfants et petits-enfants sont enracinées dans cette terre.

    Nous crions grâce et implorons votre aide!. Nous savons que si vous parlez pour nous, vous serez écouté.’

    Un prix prestigieux décerné à l’Office du tourisme botswanais soulève l’indignation

    L’annonce des résultats du prix ‘Tourisme pour demain’ décerné le 26 mai à l’Office du tourisme botswanais par le Conseil mondial du tourisme et des voyages (WTTC) malgré les mauvais traitements que le gouvernement inflige aux Bushmen du Kalahari a suscité une vive indignation.

    L’Office du tourisme botswanais, une institution gouvernementale, a remporté le prix dans la catégorie ‘Destination Stewardship’ visant à récompenser les meilleures réalisations en matière de tourisme responsable.

    En dépit du verdict rendu en 2006 par la haute Cour botswanaise qui confirmait le droit constitutionnel des Bushmen à demeurer sur leurs terres, le gouvernement s’obstine à leur interdire l’accès à un puits dont ils dépendent. Le dernier rapport sur les droits de l’homme du département d’Etat nord-américain critiquait le gouvernement pour son ‘interprétation restreinte’ du verdict.

    James Anaya, rapporteur spécial des Nations-Unies sur les peuples indigènes, a également condamné le gouvernement pour son attitude envers les Bushmen, arguant qu’il ne respectait pas les ‘normes fondamentales des droits de l’homme’. Indiquant que les Bushmen de la réserve ‘sont confrontés à des conditions de vie déplorables et dangereuses en raison de leur manque d’accès à l’eau’, il a appelé le gouvernement à réinstaller les puits ‘de manière urgente et prioritaire’.

    Tandis qu’il s’obstine à priver les Bushmen de l’accès à l’eau, le gouvernement fore de nouveaux puits destinés à la faune sauvage et autorise l’ouverture, par la compagnie Wilderness Safaris, de lodges touristiques avec bar et piscine en plein cœur de la réserve. Survival avait appelé à l’invalidation de la candidature de Wilderness Safaris à ce même prix dans la catégorie ‘Global Tourism Business’, qu’elle n’a heureusement pas remporté.

    Les Bushmen intentent actuellement un nouveau procès au gouvernement botswanais afin de récupérer leur accès à l’eau. La première audience doit avoir lieu le 9 juin prochain. En attendant, le gouvernement botswanais lance à grand renfort de promotion ses réserves animalières pour attirer les touristes à la veille de la Coupe mondiale.

    L’Office du tourisme botswanais viole les normes internationales des Nations-Unies relatives aux droits des peuples indigènes. Si ce prix vise à récompenser un ‘tourisme responsable’, ses organisateurs ont totalement ignoré les conflits émergeant entre les peuples indigènes et l’utilisation de leurs territoires à des fins lucratives au bénéfice des touristes et des compagnies qui les prennent en charge. Les touristes devraient réfléchir à deux fois avant de cautionner de telles entreprises en se rendant au Botswana.

    Conclusion: n'allez pas au Botswana! 

    L’armée et la police botswanaises envahissent la réserve des Bushmen

    Des camions transportant des soldats et des policiers ont pénétré dans la Réserve du Kalahari central hier. On estime qu’il s’agit d’une manœuvre d’intimidation visant à expulser les Bushmen, pour deux raisons :

    1) Gem Diamonds veut ouvrir une mine de diamants sur leur terre;

    2) La Haute Cour du Botswana doit juger un procès intenté par les Bushmen qui revendiquent la réinstallation de leur puits.

    Botswana - Pressions sur le Conseil mondial du tourisme pour qu’il invalide une candidature à son prix annuel

    Survival International a exhorté le Conseil mondial du tourisme et des voyages (WTTC) à retirer la candidature de Wilderness Safaris de sa liste de finalistes pour la remise de son prix annuel.

     

    Wilderness Safaris a été désignée par le WTTC pour son prix annuel ‘Tourisme pour demain’ qui doit être annoncé le 26 mai dans la catégorie ‘Global Tourism Business’ couronnant les ‘meilleures pratiques en matière de tourisme durable’. Or, tandis que les Bushmen de la Réserve du Kalahari central au Botswana sont abusivement privés d’eau par leur gouvernement, la compagnie touristique a installé en 2009 un lodge de safari avec piscine en plein cœur de leur territoire ancestral, sans les avoir consultés ni cherché à obtenir leur consentement.

     

    Dénonçant Wilderness Safaris, le porte-parole bushman Jumanda Gakelebone, a déclaré à Survival : ‘Il n’y a rien de plus insupportable que de voir des gens s’ébattre dans une piscine à côté de nous dans le désert alors que nous n’avons nous-mêmes aucun accès à l’eau’.

     

    En dépit du verdict de la Haute Cour botswanaise, rendu en 2006, qui confirmait le droit constitutionnel des Bushmen à demeurer sur leurs terres, le gouvernement botswanais a démantelé un puits dont les Bushmen dépendaient. Ils sont désormais forcés de parcourir une distance de plus de 500 km aller-retour pour s’approvisionner en eau. Le Rapporteur spécial des Nations-Unies sur les peuples indigènes a dénoncé ‘les conditions de vie déplorables et dangereuses auxquelles sont confrontés les Bushmen en raison de leur manque d’accès à l’eau’ et a condamné le gouvernement pour ses manquements aux ‘normes internationales des droits de l’homme’.

     

    L’avocat du président botswanais, Parks Tafa, et son neveu, Marcus ter Haar, siègent tous deux au conseil d’administration de Wilderness Safaris. Ter Haar a récemment quitté la compagnie diamantifère du Botswana, Debswana, dont il était le directeur.

     

    L’Office du tourisme botswanais a également été nominé pour le prix dans la catégorie ‘Destination Stewardship’.

     

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Récompenser une compagnie touristique qui ne manifeste aucun respect pour les droits et le bien-être des peuples indigènes est totalement déplacé. Le WTTC doit impérativement invalider la candidature de Wilderness Safaris et adresser un message clair à l’industrie touristique afin qu’elle ne tolère plus la violation des droits des peuples indigènes’.

    Les Etats-Unis critiquent l’attitude du gouvernement botswanais à l’égard des Bushmen

    Le dernier rapport sur les droits humains publié par le département d’Etat des Etats-Unis critique le gouvernement botswanais pour son ‘interprétation restreinte’ du verdict de la Haute Cour rendu en 2006 confirmant le droit des Bushmen à retourner sur leurs terres ancestrales.

    Le rapport établit que bien que le verdict ait reconnu le droit constitutionnel des Bushmen à vivre sur leurs terres dans la Réserve du Kalahari central, la plupart d’entre eux ‘ne sont pas autorisés à y retourner ou à y chasser’. Il indique que de nombreux Bushmen ne sont pas retournés sur leur terre car le ‘manque d’accès à l’eau a rendu [la réserve] extrêmement inhospitalière’.

    Depuis le verdict, le gouvernement a condamné l’accès à un puits que les Bushmen utilisaient avant d’être illégalement expulsés de la réserve. Sans celui-ci, ils doivent lutter quotidiennement pour s’approvisionner en eau afin de survivre dans le désert. Tandis que les Bushmen sont privés d’eau, le gouvernement aménage de nouveaux puits destinés à la faune sauvage et autorise la compagnie Wilderness Safaris à ouvrir un lodge touristique avec piscine au cœur de la réserve.

    Le rapport a été publié quelques semaines après que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les peuples indigènes, James Anaya, ait condamné le gouvernement botswanais pour son attitude envers les Bushmen, arguant que ‘le déni de services basiques à ceux qui vivent actuellement dans la réserve ne semble pas être conforme à l’esprit et à la logique de la décision [de la Haute Cour en 2006] ni aux normes internationales des droits de l’homme’.

    Suite à sa visite de l’an dernier au Botswana, James Anaya a dénoncé le fait que les Bushmen qui sont retournés dans la réserve ‘sont confrontés à des conditions de vie déplorables et dangereuses en raison de leur manque d’accès à l’eau’ et a appelé le gouvernement à réouvrir le puits de façon urgente.

    L’Union européenne est l’un des principaux bailleurs de fonds du Botswana et la question a récemment été soulevée au Parlement européen par les députés irlandais Brian Crowley et Proinsias De Rossa.

    Les Bushmen ont intenté de nouvelles procédures judiciaires contre le gouvernement afin de retrouver leur accès au puits; l’audience est prévue le 9 juin prochain.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Il s’agit de la deuxième rude épreuve pour le gouvernement botswanais en deux mois. Comment peut-il se targuer d’être un ‘génie’ de la démocratie alors qu’il continue de persécuter les Bushmen?’

    Botswana : un programme pionnier en faveur des Bushmen

    Dans une déclaration magistrale, le gouvernement botswanais a répondu aux critiques motivées par sa ‘politique immorale’ visant à autoriser l’implantation de lodges de safari avec piscine dans le désert du Kalahari tout en refusant aux Bushmen qui y vivent le moindre accès à l’eau.

    S’adressant à l’auditoire lors de l’inauguration du nouveau lodge touristique de la compagnie de safaris Wilderness installé au cœur de la Réserve du Kalahari central, Léssélé Boardlabyer, ministre du bien-être des Bushmen, a annoncé le lancement d’un programme novateur de distribution de bouées de sauvetage aux Bushmen ‘au cas où ils tomberaient dans la piscine en essayant de la boire’.

    Le ministre Boardlabyer a déclaré : ‘Ce programme est bien la preuve que nous tenons au bien-être des Bushmen. A tous ceux qui pensent pour une raison ou une autre que l’ouverture de lodges pour touristes dans le Kalahari est immorale au regard de la situation de ces chasseurs-cueilleurs que nous privons d’accès à l’eau, je réponds : « Préféreriez-vous supporter vos touristes en sueur ? » Il est tout à fait légitime qu’ils aient la possibilité de se rafraîchir dans une piscine après une éprouvante journée de safari.

    ‘Mais, bien entendu, nous ne voudrions pas voir un Bushman assoiffé tenter de pénétrer dans le lodge pour boire l’eau de la piscine au risque d’y tomber et de se noyer. Notre nouvelle politique vise à leur fournir autant de bouées de sauvetage qu’il sera nécessaire avec l’obligation de les porter à tout moment. Et, comme ils auraient déjà dû en prendre conscience, pour épancher leur soif ils feraient mieux de retourner dans les camps de relocalisation que nous avons aménagés à leur intention où la bière et bien d’autres boissons alcoolisées y coulent à volonté, au lieu de s’obstiner à vivre comme des sauvages dans un désert aride’.

    Jeff Ramsay, l’attaché de presse du président a déclaré : ‘J’espère bien que cette innovante disposition fera taire une fois pour toutes ces étrangers qui se disent préoccupés par la situation des Bushmen. Et si nous apercevons dans les parages un Bushman sans bouée, nous l’arrêterons.’

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Cette nouvelle politique du gouvernement botswanais est, comme à l’accoutumée, empreinte d’une grande générosité à l’égard des premiers habitants du pays. Les Bushmen pourront mourir de soif, mais au moins, ils ne se noieront pas’.

    Les Bushmen du Kalahari : privés d’eau depuis huit ans déjà !

    Tandis que le monde entier célèbrait il y a quelques jours la Journée mondiale de l’eau, les Bushmen gana et gwi de la Réserve du Kalahari central au Botswana se préparent à commémorer leur huitième anniversaire sans eau.

    En 2002, le gouvernement botswanais avait démantelé le puits utilisé par les Bushmen pour les inciter à partir de la réserve. A l’issue du procès qu’ils intentèrent par la suite au gouvernement, la haute Cour botswanaise rendit en 2006 une décision qui confirmait leur droit constitutionnel à vivre dans la réserve. Malgré ce verdict, le gouvernement refuse toujours de leur rendre l’accès à leur puits, même à leurs propres frais.

    Tandis que les Bushmen sont forcés de parcourir 480 km aller-retour pour s’approvisionner en eau, le gouvernement autorise l’ouverture d’un lodge de safari avec piscine dans la réserve et installe de nombreux points d’eau exclusivement destinés à la faune sauvage.

    L’attitude du gouvernement botswanais vis-à-vis des Bushmen a récemment été condamnée par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les peuples indigènes qui l’a accusé de manquer au respect "des principes fondamentaux des droits humains". Il a également déploré que les Bushmen retournés dans la réserve soient "confrontés à des conditions de vie déplorables et dangereuses dues à leur manque d’accès à l’eau" et a exhorté le gouvernement à réinstaller le puits des Bushmen "de manière urgente et prioritaire".

    Depuis leur procès, de nombreux Bushmen sont retournés sur leurs terres ancestrales dans la réserve. Cependant, n’ayant pas accès à leur puits, ils endurent de graves pénuries d’eau ; une femme au moins est morte de déshydratation depuis la fermeture de ce puits. Beaucoup d’autres dépérissent dans de sinistres camps de relocalisation où ils sont livrés à l’abandon, hésitants à retourner dans la Réserve sans la garantie d’un accès régulier à l’eau.

    Plus de 2 000 jours après le démantèlement de leur puits, les Bushmen intentent un nouveau procès contre le gouvernement afin de regagner leur accès à l’eau.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, déclare « Le refus obstiné du gouvernement de rendre au Bushmen l’accès à leur puits relève d’une cruauté inhumaine. Tout ce que veulent les Bushmen c’est de pouvoir utiliser leur puits comme ils le faisaient avant d’être illégalement expulsés de leurs terres. Comment le Botswana peut-il se targuer d’être un "génie" de la démocratie alors qu’il prive ses plus anciens habitants de leur droit fondamental à l’eau ?»

    Participation et réparation - Priorités pour les autochtones du Botswana, selon un expert

    Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des peuples autochtones, le professeur S. James Anaya, a exhorté le 25 février 2010 le gouvernement du Botswana à répondre de façon adéquate et résolue aux problèmes rencontrés par beaucoup de communautés autochtones à travers le pays.

    « Les problèmes actuels rencontrés par les peuples autochtones dans le pays sont liés à trois questions sous-jacentes et interdépendantes : le respect de la diversité culturelle et de l'identité, la participation et la consultation politiques, et la réparation pour les torts historiques », a expliqué l'expert des droits de l'homme dans une version préliminaire de son rapport sur le Botswana.

    Il met l'accent sur les personnes défavorisées et souvent marginalisées par les politiques mises en place du temps de la colonisation et par des politiques et des lois établies après l'indépendance qui ont continué à privilégier l'intérêt des dominants, les Tswana, sur celui des tribus minoritaires.

    En appelant à un plus grand respect pour la diversité culturelle à travers un large éventail d'initiatives et de programmes gouvernementaux, le Rapporteur spécial recommande que le Botswana « renforce et adopte de nouvelles mesures de discrimination positive, conforme aux normes universelles relatives aux droits humains, pour protéger les droits des groupes autochtones non-dominants à conserver et à développer les différentes composantes de leurs identités culturelles, notamment celles liées aux droits fonciers des personnes, aux stratégies de développement, et aux structures politiques de prise de décision ».

    « Certains groupes autochtones ont été victimes d'injustices historiques, notamment la dépossession de leurs terres ancestrales, ce qui a contribué aux conditions de marginalisation et à un ensemble de problèmes sociaux », note le professeur Anaya dans ses conclusions. « D'autres continuent de souffrir d'un manque de sécurité foncière, y compris dans l'accès et l'utilisation de leurs terres ancestrales et des ressources, ce qui est dû en partie à la non-reconnaissance des pratiques coutumières de ces groupes ».

    En lien avec ces questions de droit foncier, le Rapporteur spécial invite le gouvernement à « élaborer et mettre en oeuvre un mécanisme, en consultation avec les groupes autochtones concernés, pour examiner profondément cette question et fournir réparation à ceux qui ont été dépossédés de leur terre », et à « incorporer dans le système de contrôle des terres le respect et la reconnaissance des intérêts particuliers de ces groupes, conformément aux structures traditionnelles d'utilisation des terres ».

    Le Rapporteur spécial a également rappelé la nécessité de trouver une solution adéquate à la situation des communautés déplacées et de celles qui vivent encore dans la réserve du Kalahari central.

    Le Professeur Anaya exhorte le gouvernement du Botswana à rééquilibrer la perte des terres, à assurer un approvisionnement adéquat en eau pour les résidants des réserves, et à poursuivre des négociations directes avec les communautés touchées, y compris en offrant un soutien technique et financier pour faciliter ces négociations.

    Dans son rapport préliminaire, le Rapporteur spécial fait une série d'observations et de recommandations visant à aborder les défis actuels et à promouvoir le respect et la reconnaissance des droits des peuples autochtones, conformément aux normes internationales. Il présentera une version définitive de son rapport au Conseil des droits de l'homme de l'ONU en septembre.

    Les Nations Unies condamnent l’attitude du Botswana envers les Bushmen

    Un rapport exige une ‘action urgente’ du gouvernement sur le problème de l’eau

    James Anaya, rapporteur spécial des Nations Unies sur les affaires indigènes, condamne dans un nouveau rapport les persécutions continuelles dont sont victimes les Bushmen du Botswana.

    Le rapporteur spécial dénonce le harcèlement des Bushmen et des Bakgalagadi de la Réserve du Kalahari central qui, en dépit du verdict de la Haute Cour de 2006 confirmant l’illégalité de leur expulsion, continuent d’être victimes de mauvais traitements de la part du gouvernement.

    James Anaya écrit que ‘le déni de services basiques à ceux qui vivent actuellement dans la réserve ne semble pas être conforme à l’esprit et à la logique de la décision [de la Haute Cour en 2006] ni aux normes internationales des droits de l’homme’.

    Il établit que ‘Les peuples indigènes qui sont restés dans la réserve ou qui y sont retournés sont confrontés à des conditions de vie déplorables et dangereuses en raison de leur manque d’accès à l’eau, une situation à laquelle il serait facile de remédier en réinstallant les puits dans la réserve. Le gouvernement devrait, de manière urgente et prioritaire, réouvrir les puits ou bien garantir l’accès à l’eau aux habitants de la réserve’.

    Il note également que ‘la position que le gouvernement maintient sur l’incompatibilité de la présence dans la réserve des communautés basarwa [bushmen] et bakgalagadi avec les objectifs de préservation de l’environnement et les statuts de la réserve est en contradiction avec sa décision d’autoriser Gem Diamonds/Gope Exploration Company (Pty) Ltd. à mener des activités minières au sein de la réserve, une opération planifiée depuis plusieurs décennies et qui implique, selon la compagnie minière, un afflux de 500 à 1 200 ouvriers dans la région’.

    Il recommande également que le gouvernement ‘applique pleinement et fidèlement’ le verdict de la Haute cour botswanaise de 2006 et facilite ‘le retour de tous ceux qui ont été expulsés de la réserve, leur permettant de se livrer à la chasse et à la cueillette conformément à leurs pratiques traditionnelles en leur fournissant les mêmes services gouvernementaux que ceux dont jouissent les citoyens botswanais dans le reste du pays, y compris, et en premier lieu, l’accès à l’eau’.

    Les critiques se multiplient à l’égard du gouvernement botswanais qui persiste à refuser aux Bushmen l’accès à l’eau. Cette attitude navrante et tyranique scandalise tous ceux qui en ont connaissance. Survival touche désormais plus d’un million de personnes dans le monde et nous ferons en sorte que toutes soient informés de cette situation. Il est surprenant que le gouvernement continue à se comporter de cette façon. Et tant qu’il en sera ainsi, le sort scandaleux des Bushmen entâchera la réputation internationale du Botswana.

    Participation et réparation : Priorités pour les autochtones du Botswana, selon un expert

    25 février 2010 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des peuples autochtones, le professeur S. James Anaya, a exhorté aujourd'hui le gouvernement du Botswana à répondre de façon adéquate et résolue aux problèmes rencontrés par beaucoup de communautés autochtones à travers le pays.

     

    « Les problèmes actuels rencontrés par les peuples autochtones dans le pays sont liés à trois questions sous-jacentes et interdépendantes : le respect de la diversité culturelle et de l'identité, la participation et la consultation politiques, et la réparation pour les torts historiques », a expliqué l'expert des droits de l'homme dans une version préliminaire de son rapport sur le Botswana.

     

    Il met l'accent sur les personnes défavorisées et souvent marginalisées par les politiques mises en place du temps de la colonisation et par des politiques et des lois établies après l'indépendance qui ont continué à privilégier l'intérêt des dominants, les Tswana, sur celui des tribus minoritaires.

     

    En appelant à un plus grand respect pour la diversité culturelle à travers un large éventail d'initiatives et de programmes gouvernementaux, le Rapporteur spécial recommande que le Botswana « renforce et adopte de nouvelles mesures de discrimination positive, conforme aux normes universelles relatives aux droits humains, pour protéger les droits des groupes autochtones non-dominants à conserver et à développer les différentes composantes de leurs identités culturelles, notamment celles liées aux droits fonciers des personnes, aux stratégies de développement, et aux structures politiques de prise de décision ».

     

    « Certains groupes autochtones ont été victimes d'injustices historiques, notamment la dépossession de leurs terres ancestrales, ce qui a contribué aux conditions de marginalisation et à un ensemble de problèmes sociaux », note le professeur Anaya dans ses conclusions. « D'autres continuent de souffrir d'un manque de sécurité foncière, y compris dans l'accès et l'utilisation de leurs terres ancestrales et des ressources, ce qui est dû en partie à la non-reconnaissance des pratiques coutumières de ces groupes ».

     

    En lien avec ces questions de droit foncier, le Rapporteur spécial invite le gouvernement à « élaborer et mettre en œuvre un mécanisme, en consultation avec les groupes autochtones concernés, pour examiner profondément cette question et fournir réparation à ceux qui ont été dépossédés de leur terre », et à « incorporer dans le système de contrôle des terres le respect et la reconnaissance des intérêts particuliers de ces groupes, conformément aux structures traditionnelles d'utilisation des terres ».

     

    Le Rapporteur spécial a également rappelé la nécessité de trouver une solution adéquate à la situation des communautés déplacées et de celles qui vivent encore dans la réserve du Kalahari central.

     

    Le Professeur Anaya exhorte le gouvernement du Botswana à rééquilibrer la perte des terres, à assurer un approvisionnement adéquat en eau pour les résidants des réserves, et à poursuivre des négociations directes avec les communautés touchées, y compris en offrant un soutien technique et financier pour faciliter ces négociations.

     

    Dans son rapport préliminaire, le Rapporteur spécial fait une série d'observations et de recommandations visant à aborder les défis actuels et à promouvoir le respect et la reconnaissance des droits des peuples autochtones, conformément aux normes internationales. Il présentera une version définitive de son rapport au Conseil des droits de l'homme de l'ONU en septembre (centre d'actualité de l'ONU)

    Kuru Kalahari

    Déclaration de l'artiste:
    "On dit que ce sont nos ancêtres qui ont fait les nombreuses peintures sur les rochers en Afrique australe. J'y crois, malgré le fait que je n'ai vu que quelques unes de ces peintures. Celles que j'ai pu voir représentent des aspects de notre culture que je connais bien. Je crois vraiment que ce sont les San* qui les ont faites. Je le ressens sur tout mon corps. Je ne me considère pas comme une autre artiste. Etre artiste c'est mon héritage. Cela fait partie de mon existence, comme le fait d'être Ncoakhoe (Bushmen) fait partie de mon existence. Je respecte ma tradition et ma culture. Je ne peux pas comprendre que quelqu'un qui n'a aucune considération de la tradition puisse devenir artiste, car il s'agit de cela. Même au moment où on ne trouvait pas de rochers pour peindre, les gens trouvaient un moyen d'exprimer leur talent artistique. Ils confectionnaient de jolies perles en coquilles d'oeufs d'autruche et en bois, et plus tard, lorsque c'était devenu possible, ils utilisaient des perles de verre en couleur. Ils sculptaient de belles choses en bois, qu'ils décoraient avec des dessins sur des parties brûlées.
    Pour moi, la raison principale de peindre est de montrer au monde des choses que mon peuple et moi nous aimons. C'est un moyen de gagner sa vie, mais plus que cela - c'est montrer aux gens qui nous sommes et comment nous vivons. C'est aussi un moyen d'apprendre. A travers l'art on apprend de nouvelles techniques, on découvre d'autres cultures, comment d'autres gens pensent et vivent. Cela vous fait sortir de l'ignorance."

    DADA (Coex'ae Qgam) Janvier 2000





    Au fin fond de la brousse du Kalahari un groupe d'artistes San est en train de revivre leur passé lorsque la brousse était si étendue et que le gibier et la nourriture étaient abondants. Ils font renaître ce passé avec des formes accentuées et des couleurs vibrantes, et l'expriment dans un désir ardent pour de meilleurs jours qui sont partis pour jamais. Ils montrent ainsi à leur peuple et au monde qu'ils sont encore les "Premiers Peuples", pas prêts à disparaître ou à devenir assimilés. Ils sont à la recherche de leur propre (artistique) position dans ce nouvel ordre mondial dans lequel ils se sentent perdus, où la nourriture sauvage et la passion de la chasse sont devenues rares.

    Ce collectif d'artistes est devenu célèbre en moins de dix ans d'existence. Un développement remarquable qui a débuté en 1990 lorsqu'un groupe de San, habitant D'Kar à l'ouest du Kalahari, est allé en excursion sur les Tsodillo Hills, collines situées au nord du Botswana et célèbres par ses peintures sur rochers des peuples San. Ils étaient si émus de voir l'art de leurs ancêtres qu'ils voulaient aussi commencer à peindre.

    �Gee ons die lappe en verf en ons sal ook sukke prentjies maak van ons lewe�
    (donnez nous du textile et de la peinture et nous créerons de telles images de notre vie)


    Le Project d'Art de Kuru était né.

    Un atelier de peinture sur textile fut organisé. Deux des plus belles étoffes furent envoyées à Gabarone (Capitale du Botswana) pour une exposition dans le National Art Gallery. La galerie acheta immédiatement ces étoffes pour leur exposition permanente.
    Au bout de trois ans d'énormes progrès furent réalisés. Les artistes s'étaient lancé dans la peinture, la gravure, du linoléum, des fresques murales, etcetera.
    Bien avant, les artistes utilisaient de l'aquarelle sur du textile ou du bois. A présent ils préfèrent l'huile sur toile.

    Le nombre des artistes du Projet d'Art a varié suivant les années entre 12 et 17, six sont des femmes. Bien qu'il y ait parfois une interférence des thèmes choisis il semble que les artistes préfèrent se conformer à la forme traditionnelle de division du travail et leur expérience dans la vie pour exprimer leur art. Le plus souvent les femmes dépeignent la nourriture sauvage, les gens, les oiseaux, les perles, les accessoires d'habillement et les bijoux. Tandis que les hommes se concentrent sur les animaux, les créatures mythiques et les êtres humains. L'artiste Q.Moses est le premier à décrire un problème actuel dans son oeuvre d'art "The course of H.I.V./Aids, Let us pray".

    Un bon nombre de tableaux et de gravures sont basés sur des histoires populaires San comme c'est le cas pour "Eyes on his feet". L'histoire se reférant à cette gravure de Coex'ae est racontée par le peintre en Naro, la langue des peuples San. Elle est accompagnée du texte écrit dans plusieures langues.



    Les oeuvres d'art contemporain des artistes San sont devenues célèbres dans le monde entier. Des expositions ont été organisées en Pologne, Finlande, Pays-Bas, Norwège, Grande Bretagne, Etats Unis, Canada, Afrique du Sud, Namibie, Allemagne, Australie, Suède et naturellement dans leur pays le Botswana. Ils ont été lauréats de prix national et international en tant que collectif ou artiste individuel. On trouve les peintures et gravures San dans les collections privées et publiques à travers le monde.

    En 1998 la compagnie aérienne British Airways acheta les droits de reproduction d'une des oeuvres de l'artiste C'goise et le design fut utilisé pour la décoration de la queue d'un Boeing 747, des billets, des fournitures de bureau, etcetera.

    Africaserver présente soixante et une oeuvres d'art. Pour cette exposition une peinture récente de chacun des quatorze artistes a été sélectionnée. Sobe Sobe est décédé pendant la préparation (Aôut 2000). Dans une section à part vous trouverez un résumé des biographies avec plusieures gravures de chacun des dix sept artistes de Kuru y compris ceux qui sont décédés.

    Le Projet d'Art de Kuru fait partie du Kuru Development Trust: une organisation pour le développement gérée par une communauté, dans le but d'améliorer la qualité de vie des populations San marginalisées au Botswana, et active dans une douzaine de communautés San vivant à l'ouest et au nord du pays.

    Les artistes indépendants utilisent les facilités offertes par Le Kuru Art Centre qui possède un grand atelier de peinture, une salle de gravure, un magasin et une chambre noire. En retour Kuru accepte les oeuvres d'art moyennant une commission. Kuru emploie un coordinateur d'art à temps plein et deux assistants.

    Jusqu'en l'an 2000 on ne pouvait venir à D'Kar qu'avec une voiture 4X4 sur une piste de sable. A présent il y a une route goudronnée qui vous mène jusqu'aux coins les plus inaccessibles de la brousse du Kalahari. Avec cette première exposition sur l'internet, Africaserver espère montrer les artistes San de D'Kar au monde entier et les amener près de vous.



    Novembre 2000


    *Les San: comme c'est le cas pour de nombreux peuples autochtones, les San ont différents noms qui leurs sont toujours attribués par les peuples dominants. Les colons Néerlandais et Anglais les ont appelés Bosjesmannen ou Bushmen. Les Anthropologues ont introduit le mot San originaire de Nama. Les San d'Afrique australe préfèrent s'appeler Red People. Cependant quelques groupes portent le nom de leur langue, comme par exemple la population San vivant aux environs de D'Kar porte le nom Naro.

    Art Bushmen

     

    Desmond Tutu au coeur d’une étude de génome

    La comparaison entre le génome du prix Nobel de la paix Desmond Tutu et de quatre autres Africains confirme la très grande diversité génétique des Africains, encore peu explorée.


    Il y a plus de différences entre deux Bushmen du sud de l’Afrique qu’entre un Européen et un Asiatique. Cette conclusion, publiée dans le dernier numéro de la revue Nature, illustre la très grande diversité génétique du continent africain et l’intérêt pour la science à étudier la génétique d’un continent jusqu’à présent peu exploré dans ce domaine.


    Pour arriver à cette conclusion, l’équipe de chercheurs menée par Stephan Schuster de l’université de Pensylvannie (USA) et Vanessa Hayes de l’université de Nouvelle-Galles du sud (Australie) a séquencé le génome complet de l’archevêque Desmond Tutu - représentant des peuples Bantous d’Afrique du sud - ainsi que d’un Khoisan (ou San ou Bushmen), vivant dans le désert de Kalahari, en Namibie. A cela s’ajoute le séquence partiel de trois autres Bushmen.


    En comparant ces cinq génomes, Schuster et ses collègues ont identifié plus d’un million de petites variantes génétiques (SNP, variation d’un seul nucléotide) jusque là inconnues. Ils ont également découvert que deux Bushmen vivant dans la même région sont plus distincts qu’un Européen et un Asiatique.


    Les différences dans leur ADN pourraient être expliquées par leur style de vie. L’un d’entre eux, !Gubi, mène une vie de chasseur cueilleur dans le désert de Kalahari. Trois des quatre Bushmen, dont !Gubi, possèdent un "gène de sprinteur" qui leur permettrait de courir plus vite, par exemple lorsqu’ils chassent. !Gubi disposerait également d’un gène veillant à ce que les chlorures soient à nouveau absorbés par les reins, offrant un avantage dans le désert. Les chercheurs ont également découvert un "gène du goût" spécifique chez les quatre Bushmen, leur permettant d’éviter des aliments empoisonnées.


    Sarah Tishkoff de l’université de Pensylvanie et auteur de précédents travaux sur la diversité génétique des Africains souligne cependant qu’il ne s’agit pas de découvertes représentatives car toute la population n’a pas encore été étudiée. Schuster et son équipe veulent rapidement dresser la carte de la majorité des groupes ethniques. Pour ce faire, ils ont développé une méthode pour enregistrer les variations génétiques d’un grand groupe d’humains.

    Desmond Tutu, descendant des bushmen

    Sous l’ancien régime, lorsque Desmond Tutu avait fait les démarches pour obtenir ses papiers d’identité, il avait été très surpris de constater qu’en lieu et place de sa race, qui était alors le renseignement essentiel, figurait la curieuse mention, « indéterminée ». Il n’était donc ni Noir, ni Indien, ni métis, sans être Blanc pour autant. Un mystère aujourd'hui résolu...

    Cette incertitude n’avait pas empêché l’ecclésiastique de s’engager résolument dans la lutte contre l’apartheid et même de s’en servir pour dénoncer l’absurdité d’un tel régime.

    Le mystère est aujourd’hui résolu, l’origine de Desmond Tutu est San ou Bushmen ou Koisan, la plus ancienne ethnie du continent, qui est arrivée en Afrique du sud par la côte de l’Atlantique, entre 27.000 et 8.000 ans, les anthropologues ne sont pas plus précis que cela. Et ce ne sont pas les autorités administratives qui lui ont révélé ses origines, cerenseignement ne peut plus figurer sur un document d’identité, mais des savants.

    Tutu avait été invité à participer à une étude, qui vient d’être publiée dans la très reconnue revue Nature, parce que ses ancêtres étaient des éleveurs bantu. DesmondTutu , n’était pas le seul cobaye, avec lui trois Bushmen de Namibie, un Chinois, un Coréen et un Nigérian dont on a trituré et comparé les ADN. « Il n’existe pas, en Europe, de descendants des chasseurs éleveurs, le seul lieu où nous pouvons en étudier est l’Afrique et plus particulièrement l’Afrique du sud », déclarait un de ces savants professeur à l’Université de Pretoria.

    Les San ont été les premiers peuples migrateurs d’Afrique. Venus du nord du continent, ils se sont installé durablement dans ce qui est devenu le désert du Kalahari, qui enjambe les frontières sud-africaine, namibienne et botswanaise, puis ils sont descendu jusqu’à la jonction de l’océan Atlantique et Indien. Ils n’ont pratiquement plus de descendants au point que leur groupe ne figure pas dans la liste des onze ethnies qui composent la population d’Afrique du sud. Mais si leur langue n’est plus parlée, elle est très présente par ses clics dans celles des régions qu’ils ont occupées pendant des millénaires dans toute la partie ouest de l’Afrique du sud d’aujourd’hui.

    Cette recherche, dont l’objectif était médical, a passionné des savants du monde entier bien au-delà de la découverte de l’origine génétique du célèbre monseigneur Tutu. Ce dernier, s’est cependant déclaré « très fier », de la découverte de ses gènes bushmen.

    L’art contemporain des Bushmen sort de la brousse

    Les peintures et gravures du collectif d’artistes bushmen Kuru Kalahari sont présentées depuis 2000 sur leur site Internet. L’occasion de découvrir l’art contemporain de ce peuple, qui s’inspire fortement de la nature pour ses créations. 
     

    L’art bushman a une toile. Dix-sept bushmen du groupe Kuru Kalahari ont une vitrine sur Internet, grâce à la fondation hollandaise Africa server qui a mis en place le site. Simple d’utilisation et trilingue (français, anglais et hollandais), il offre ainsi la possibilité à ces artistes peintres et graveurs de faire connaître la spécificité de leurs créations.

    « Pour moi, la raison principale de peindre est de montrer au monde des choses que mon peuple et moi nous aimons. C’est un moyen de gagner sa vie, mais plus que cela - c’est montrer aux gens qui nous sommes et comment nous vivons. » Ces paroles sont celles de Dada, une des 17 artistes bushmen faisant partie du Kuru Kalahari, basés à D’kar (dans le Kalahari, Ouest du Botswana). C’était en 2000, à l’occasion de l’inauguration de la première exposition virtuelle sur Internet de l’art bushmen, un projet initié et largement soutenu par les Pays-Bas. Les toiles de quatorze peintres réalisées à la peinture à huile sont visibles en cliquant, en page d’accueil, sur la gauche de l’écran.

    Les hommes et les femmes peignent différents thèmes

    Elles représentent beaucoup, souvent avec des couleurs très vives et des formes arrondies, la nature, élément central de la culture et du mode de vie des Bushmen. Un thème que l’on retrouve dans les œuvres hors exposition virtuelle. En effet, les artistes, parmi lesquels six femmes, sont présentés par une « biographie-portrait », accompagnée d’une photo et de quelques œuvres.

    Dans le traitement artistique, femme et homme ont leur préférence. « Le plus souvent, les femmes dépeignent la nourriture sauvage, les gens, les oiseaux, les perles, les accessoires d’habillement et les bijoux. Tandis que les hommes se concentrent sur les animaux, les créatures mythiques et les êtres humains », peut-on lire sur le site. Toutefois, il arrive que des sujets modernes inspirent les Bushmen. A l’image du sida, que Q.Moses a peint sur du canvas dans « HIV/Aids, Let us pray » (HIV/sida, prions). L’art s’adapte donc à l’évolution de la société. Comme en témoigne la façon de travailler des Bushmen, qui elle aussi a changé. Le site explique qu’auparavant, les artistes travaillaient avec de l’aquarelle sur du textile ou du bois, alors qu’ils préfèrent maintenant l’huile sur toile. A découvrir sur la Toile...

     Visitez le site : Kuru Kalahari

     

    Les Bushmen du Botswana

    Comment forcer un peuple à quitter ses terres ancestrales ? Dénigrant son mode de vie, le privant d’eau,  lui retirant le droit de vote…

    Les San, ou Bushmen tels que les ont surnommés les Britaniques, forment des communautés autochtones présentes dans plusieurs Etats d’Afrique, dont le Botswana. Ils continuent de vivre selon le mode hérité de leurs ancêtres, se nourrissant grâce à la chasse et la cueillette et pratiquant une spiritualité dans laquelle le chant est central et leur donne une place de choix l’aride nature qui leur sert d’habitat.

    Bien qu’une décision de la Haute Cour du Botswana (décision du13 décembre 2006) assure aux Bushmen le droit de continuer à vivre de la chasse et de la cueillette dans leur territoire traditionnel (réserve du Kalahari central), ce mode de vie est ouvertement critiqué par les autorités. Le Président du Botswana, Ian Khama, va jusqu’à déclarer que le mode de vie des Bushmen constitue une « fantaisie archaïque« . Pourtant, cette pratique constitue, selon les personnes appartenant à cette minorité, la meilleure façon de survivre dans leur réserve.

    En plus de cette atteinte à l’identité de ce peuple et des personnes qui le composent, les Bushmen se trouvent être l’objet de nombreuses violations de leurs droits. Ils sont notamment empêchés d’avoir accès au point d’eau qu’ils utilisaient avant d’avoir été chassées de leurs terres et sont, par conséquent, forcés à parcourir 480 km aller retour pour trouver de l’eau en dehors de la réserve.

    Plus récemment, le gouvernement est même allé jusqu’à retirer le droit de vote à quelques 400 Bushmen en supprimant du registre électoral leur cinq communautés de la Réserve du Kalahari central.

    Pourquoi un tel acharnement ? Il semblerait que les territoires des Bushmen aient un intérêt économique à l’ère des safaris. Le gouvernement botswanais n’ayant réussi à expulser simplement les Bushmen de leurs terres (en raison de la décision de la Haute Cour sus mentionnée), il tente par tous les moyens possibles de faire quitter ce peuple de la terres de ses ancêtres.

    Petite vidéo sur les Bushmen et la nécessité de protéger leur mode de vie traditionnel

    Sur les traces des premiers peuples d'Afrique

    C’est une première pour l’Afrique australe. Des chercheurs viennent de décoder les génomes complets des Bushmen d’Afrique du Sud, la plus ancienne lignée d’hommes, ainsi que celui du Bantou le plus célèbre du pays, l’archevêque Desmond Tutu. Leur étude qui vient de paraître dans la revue Nature, illustre la grande diversité génétique de l’espèce humaine.
     
    Le désert du Kalahari en Afrique australe abrite la plus ancienne lignée humaine, celle des Bushmen qui peuplent la terre depuis 27 000 ans. D’où l’intérêt de séquencer leur ADN pour reconstituer leur génome complet et le comparer à celui des autres habitants de l’Afrique Australe, les peuples bantous.
     
    L’équipe internationale de chercheurs américains, africains et australiens a donc choisi de décoder le génome de quatre vieux chefs Bushmen âgés de 70 à plus de 80 ans et de les comparer au génome de l’archevêque Desmond Tutu qui a été inclu dans l’étude en raison de ses origines bantoues. Desmond Tutu provient en effet par son père et sa mère des deux groupes linguistiques bantous les plus importants. L’ancien chef de l’Eglise anglicane sud-africaine s’est déclaré ravi de se découvrir en prime quelques ancêtres Bushmen dans son patrimoine génétique.
     
    Les Bantous pratiquent traditionnellement l'agriculture alors que les Bushmen sont adeptes de la chasse et de la cueillette et représentent la plus vieille lignée connue de l'homme moderne.
     
    « Célébrer la diversité humaine »
     
    Au-delà, ce projet de séquençage du génome d’Afrique australe démontre l’étonnante diversité génétique de l’espèce humaine. Il y a plus de différence entre deux groupes de Bushmen qu’entre un Européen et un Asiatique, ont souligné les auteurs de cette étude qui devrait permettre d’inclure désormais tous les peuples d’Afrique australe dans les traitements médicaux fondés sur la génétique.
     
    Ces résultats ont été présentés jeudi 18 février au public lors d’une cérémonie à Windhoek, la capitale de la Namibie, où seront rassemblés tous les chercheurs du projet de séquençage du génome d’Afrique australe dans un grand événement intitulé « Célébrer la diversité humaine ».
     


    Par RFI

    Les Bushmen interdits de vote

    Plus de 400 Bushmen du Botswana ont été privés de leur droit de vote lors des élections présidentielles de 2009, leur cinq communautés de la Réserve du Kalahari central ayant été supprimées du registre électoral.

    Dans une interview au quotidien botswanais Mmegi, le porte-parole bushman Roy Sesana a déclaré : ‘Les gens se trouvaient dans ces communautés durant les élections. Ils n’ont pas voté lorsque les autres citoyens se sont déplacés aux urnes’. Cette confiscation de vote qui a été confirmée par le Commissaire du district est la dernière en date d’une série d’atteintes aux droits des Bushmen.

    Ian Khama, qui a prêté serment l’an dernier après les élections en tant que quatrième président du Botswana, n’a jamais respecté le verdict de la Haute Cour botswanaise confirmant le droit des Bushmen à vivre sur leurs terres de la réserve du Kalahari. Son gouvernement leur a interdit l’accès à un puits dont ils dépendent pour s’approvisionner en eau alors que de nouveaux puits sont forés dans la réserve pour la faune sauvage et pour les besoins d’un lodge de safari avec piscine.

    Le président Khama a également qualifié le mode de vie des Bushmen de ‘fantaisie archaïque’ et une femme sud-africaine a récemment été arrêtée pour ‘insulte au Botswana’ après avoir insinué que le président ‘ressemblait à un Bushman’.

    La marginalisation politique des Bushmen a été confirmée en 2008 dans le dernier rapport sur les droits de l’homme du département d’Etat américain qui souligne qu’ils ‘sont privés d’une réelle représentation politique et qu’ils ne sont pas pleinement informés de leurs droits civiques’. Le rapport critique également le gouvernement pour son ‘interprétation restreinte du verdict de 2006 de la Haute Cour’.

    Dans le même quotidien botswanais, Roy Sesana avait révélé l’échec des tentatives de négociations avec le gouvernement qui avait refusé d’apporter son soutien à la constitution d’un groupe représentatif. Les Bushmen viennent d’entamer des poursuites judiciaires contre le gouvernement afin de retrouver l’accès à leurs puits.

    Mais le fait que les Bushmen soient exclus des élections par le gouvernement n’est pas surprenant ; ils sont traités comme des citoyens de seconde zone depuis des années. Pourquoi le gouvernement accorderait-il le droit de vote aux Bushmen alors qu’il ne leur permet même pas d’avoir accès à l’eau ?’

    Survival appelle ses militants à manifester contre le Haut Commissaire du Botswana

    Le Haut Commissaire du Botswana au Royaume-Uni, Roy Blackbeard, devra affronter une cohorte de manifestants lors de l’inauguration, ce jour, d’une exposition consacrée à la gloire du Botswana à la galerie londonienne Rebecca Hossack.

    Les protestataires dénonceront les persécutions continuelles dont sont victimes les Bushmen gana et gwi de la Réserve du Kalahari central. Malgré une décision de la Haute Cour du Botswana qui, lors de l’instruction du procès que les Bushmen avaient intenté au gouvernement, avait jugé illégale leur expulsion de leurs terres ancestrales, le gouvernement ne ménage pas ses efforts pour dissuader les Bushmen d’y retourner.

    Il a notamment condamné l’accès à leur unique puits, sans lequel les Bushmen sont forcés de parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau. Les Bushmen ont entamé une nouvelle procédure judiciaire contre le gouvernement afin de retrouver l’accès à leur puits.

    Dans une interview au site internet Safaritalk, Blackbeard a défendu l’expulsion des Bushmen prétendant qu’ils avaient été ‘déplacés pour l’intérêt national des autres citoyens’ et a rejeté la demande des Bushmen de pouvoir disposer de leur puits, alléguant qu’ils ’n’utilisaient pas de puits’.

    Blackbeard a également plaidé en faveur de la politique gouvernementale qui vise à empêcher les Bushmen de chasser dans la réserve, une action condamnée par l’un des juges de la Haute Cour qui avait statué que ‘cette mesure équivalait à les laisser mourir de faim’. Bien que la réserve ait été créée dans le but d’assurer un territoire protégé aux Bushmen, Blackbeard a avancé : ‘Un parc animalier a pour vocation de préserver la faune. La politique gouvernementale est donc de ne permettre aucune forme de chasse dans une telle réserve’.

    Blackbeard a poursuivi en affirmant que le gouvernement octroyait des permis de chasse spéciaux aux Bushmen ‘qui ne sont pas accordés à n’importe quel citoyen’. Cependant il a omis de mentionner qu’aucun permis de chasse n’avait été accordé aux Bushmen ces trois dernières années, depuis le rendu du verdict.

    Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd’hui : ‘La politique defendue par le Haut Commissaire est illégale et en violation avec les droits fondamentaux des Bushmen. Malgré les coups portés par l’opinion mondiale à la réputation du pays, ce gouvernement paraît déterminé à anéantir les Bushmen. Dans cette réserve, où l’eau n’est fournie qu’aux animaux, les touristes finiront bien par piétiner les tombes des Bushmen’.

    La colère des Bushmen devant le silence du président

    Des centaines de Bushmen ont été contrariés et frustrés par le refus du président botswanais de dialoguer avec eux au cours d’une visite officielle qui a eu lieu jeudi dernier.

    Le président Khama, accompagné de quatre ministres du gouvernement a rencontré les Bushmen dans le camp de New Xade où ils ont été parqués après leur expulsion de la Réserve du Kalahari central en 2002. En dépit d’un jugement rendu il y a trois ans qui confirmait leur droit à vivre dans la réserve, beaucoup d’entre eux croupissent encore dans de sinistres camps de relocalisation.

    Depuis ce jugement, le gouvernement interdit aux Bushmen d’accéder à leur puits, une source d’eau indispensable à leur survie dans la réserve. Les tentatives de négociations avec le gouvernement ayant échoué, les Bushmen ont entamé de nouvelles procédures judiciaires pour récupérer l’accès à leur puits.

    Ne tenant aucun compte des revendications des Bushmen, le président Khama a préféré parler de la modernisation du camp de New Xade. Lorsque Roy Sesana, fondateur de l’organisation bushman First People of the Kalahari, a posé une question sur l’échec de ces négociations, le ministre de la vie sauvage et des parcs nationaux lui a répondu que le président ’n’avait pas à entendre ceci’.

    Le porte-parole bushman Jumanda Gakelebone a déclaré : ‘Nous avions bon espoir que le président aborde le problème de l’eau et nous donne des réponses qui auraient fait preuve d’une volonté de dialogue. Mais il n’a pas daigné nous parler. Nous n’avons eu aucune opportunité de nous exprimer’.

    Alors que le droit d’accès à l’eau est nié aux Bushmen, le président Khama, membre du Conseil d’administration de l’ONG Conservation international, a fait creuser de nouveaux puits dans la réserve, financés par Tiffany & Co, et a donné le feu vert à la construction d’un lodge de safari avec piscine qui vient d’être ouvert dans la réserve.

    Il est vrai que la politique du président Khama est illégale et viole les droits fondamentaux des Bushmen. Malgré les coups portés par l’opinion mondiale à la réputation du pays, son gouvernement paraît déterminé à anéantir les Bushmen. Dans cette réserve, où l’eau n’est fournie qu’aux animaux, les touristes finiront bien par piétiner les tombes des Bushmen...

    Des manifestations visent les enseignes Tiffany à travers le monde

    Les militants de Survival ont manifesté aujourd’hui devant les enseignes Tiffany de cinq pays pour protester contre le financement, par la fondation de l’entreprise, de points d’eau destinés à la faune sauvage sur le territoire des Bushmen du Kalahari alors que ces derniers se voient refuser l’accès à leur propre source d’eau potable.

    En France, des représentants de Survival International ont remis une lettre à la boutique Tiifany & Co, rue de la Paix à Paris, dénonçant l’implication de la Fondation de l’entreprise dans une ‘politique injuste, illégale et raciste’

    Jumanda Gakelebone, porte-parole bushman, a déclaré : ‘Tiffany subventionne un projet gouvernemental mais ne tient aucun compte du sort des Bushmen. La compagnie ne devrait pas apporter son soutien au gouvernement tant que nous n’aurons pas accès à l’eau. Son argent est utilisé pour nous opprimer. Cette terre est la nôtre et nous l’aimons’.

    Survival a organisé ces manifestations en vue de convaincre la compagnie de renoncer à coopérer avec le gouvernement botswanais tant que les Bushmen ne pourront disposer de leur droit à l’eau.

    Une campagne publicitaire internationale dénonce l’inhumanité du gouvernement botswanais

    Survival a lancé une campagne publicitaire dénonçant l’hostilité du gouvernement botswanais à l’égard des Bushmen Gana et Gwi, les plus anciens habitants du pays.

    Un encart publicitaire représentant le territoire renversé des Bushmen dans la Réserve du Kalahari central a déjà été publié dans une série de magazines britanniques dont Condé Nast Traveller, The World of Interiors et Red Bulletin, supplément de The Independent et apparaîtra prochainement dans la presse francophone.

    La publicité ‘Defying logic’ (Défier la logique) vise à attirer l’attention sur le refus du gouvernement d’autoriser les Bushmen à accéder à un point d’eau qui se trouve sur leur territoire, les forçant à parcourir 480 km aller retour pour trouver de l’eau en dehors de la réserve. Pendant ce temps, le gouvernement établit de nouveaux points d’eau destinés à attirer la faune pour un lodge touristique de safari avec piscine ouvert le mois dernier.

    En 2002, le gouvernement botswanais avait expulsé les Bushmen de leurs terres ancestrales, une mesure qui par la suite avait été jugée illégale à l’issue d’un procès historique. Cependant, depuis le verdict qui confirmait le droit des Bushmen à rentrer chez eux, le gouvernement a interdit aux Bushmen l’accès à l’unique point d’eau qu’ils utilisaient avant leur expulsion et dont ils dépendent étroitement pour survivre dans la réserve.

    Les Bushmen ont maintenant intenté un nouveau procès contre le gouvernement pour avoir accès à leur puits.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Refuser aux Bushmen l’accès à un point d’eau sur leur propre terre défie toute logique, viole la Constitution botswanaise et bafoue les principes fondamentaux des droits de l’homme. C’est un signal clair de la détermination du gouvernement à dénier les droits de ses propres citoyens bushmen. Il est grand temps que le gouvernement fasse preuve de logique en reconnaissant le droit fondamental des Bushmen à l’eau’.

    Un quotidien botswanais critique l’attitude raciste du gouvernement envers les Bushmen

    L’éditorial de l’un des plus grands quotidiens botswanais, Mmegi, a critiqué l’attitude raciste et le comportement antidémocratique du gouvernement botswanais envers les Bushmen.

    La parution de cet article intitulé ‘The executive must respect the judiciary’ coïncidait avec le troisième anniversaire du procès intenté par les Bushmen contre leur gouvernement dans lequel la Haute Cour du Botswana avait considéré que l’expulsion les Bushmen de la Réserve du Kalahari central (CKGR) était illégale et qu’ils avaient le droit d’y vivre.

    Depuis ce verdict historique, les Bushmen qui sont retournés dans la CKGR se sont vu refuser l’accès à leur puits d’eau. Pendant ce temps, le gouvernement a creusé des puits dans la réserve destinés à la faune sauvage et a autorisé la construction d’un complexe touristique avec piscine.

    Le quotidien décrit ce fait comme l’un parmi une série ‘d’actions d’un gouvernement impitoyable qui s’évertue à ne pas respecter le pouvoir judiciaire’ ; il parle d’une ‘agressive machinerie d’Etat’ et ‘d’hommes et de femmes qui agissent en toute impunité’ en interdisant aux Bushmen de reconstruire un puits, même à leurs propres frais.

    L’éditorialiste indique que ‘dans le cas des Basarwa [Bushmen], notre gouvernement a fréquemment manqué d’esprit démocratique’ et espère que les lecteurs ‘se débarrasseront de leur préjugés’ et liront la lettre de Stephen Corry, le directeur de Survival International, publiée dans le même quotidien.

    Il conclut : ‘Il y a qu’un nom pour cela : homicide. Notre gouvernement ne peut s’enorgueillir de sa conduite méprisante et honteuse qui semble ne donner aucune valeur à la vie humaine’.

    Les Bushmen ont lancé une nouvelle procédure judiciaire contre leur gouvernement afin de revendiquer leur droit d’accès au puits d’eau qu’ils utilisaient auparavant dans la réserve.

    Journée internationale des droits de l’homme : sans les Bushmen

    A l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme des Nations unies, Survival dénonce avec la plus grande fermeté l’acharnement dont le gouvernement botswanais fait preuve à l’égard des Bushmen du Kalahari qu’il prive de leurs droits fondamentaux.

    Le 13 décembre 2006, à l’issue du procès le plus long de toute l’histoire du pays, la Haute Cour du Botswana rendait un verdict historique. Les Bushmen, l’un des derniers peuples de chasseurs-cueilleurs d’Afrique australe, qui avaient été expulsés de leur territoire ancestral dans la Réserve naturelle du Kalahari central, pouvaient enfin rentrer chez eux, leur expulsion planifiée par le gouvernement depuis 2002 ayant été jugée ‘illégale’ et ‘anticonstitutionnelle’.

    Les Bushmen sont aujourd’hui contraints d’entamer de nouvelles démarches juridiques, malgré le verdict prononcé en leur faveur trois ans plus tôt. Le gouvernement qui élève de nombreux obstacles à leur retour sur leur propre territoire et décrit leur mode de vie de ‘fantaisie archaïque’, leur interdit la chasse et les prive de leur unique source d’eau, les contraignant à parcourir plus de 400 km aller-retour pour en trouver à l’extérieur de la Réserve. Pourtant, il y promeut un tourisme de luxe en permettant à une compagnie de safari de construire des lodges avec piscines pour les amateurs de faune sauvage.

    Jean-Patrick Razon, directeur de Survival International (France) a déclaré aujourd’hui : ‘C’est un triste anniversaire que celui que vont célébrer le 13 décembre prochain les Bushmen du Kalahari. En cette Journée internationale des droits de l’homme des Nations unies, il serait temps que le gouvernement botswanais leur permette enfin d’exercer leur droit le plus fondamental, celui de ne pas mourir de soif sur leur propre terre’.

    Le territoire des Bushmen ‘devrait être réservé à la faune et à la flore’, déclare un fonctionnaire botswanais

    Un haut fonctionnaire du gouvernement botswanais a annoncé que la Réserve du Kalahari central (CKGR), le territoire ancestral des Bushmen gana et gwi, ‘devrait être réservé à la faune et à la flore’, désavouant une décision de justice prononcée il y a trois ans leur accordant le droit d’y vivre.

    Trevor Mmopelwa, directeur des parcs nationaux et de la faune et la flore, a affirmé que permettre aux Bushmen de vivre dans la réserve rendrait ‘sa gestion extrêmement difficile dans le sens qu’il y aura conflit entre deux droits contradictoires’. Il n’avait pas voulu reconnaître le verdict de la Haute Cour botswanaise en 2006 qui confirmait le droit constitutionnel des Bushmen à vivre dans la réserve et avait prétendu qu’il ne s’agissait que d’une ‘question d’arguments juridiques’.

    La Réserve du Kalahari central a été créée en 1961 dans le but de protéger le territoire des Bushmen. Cependant, le gouvernement botswanais les a illégalement expulsés de leurs terres en 2002 et refuse toujours de leur donner accès à l’unique source d’eau de la réserve.

    Tandis que les Bushmen sont privés d’eau, le président Khama, qui a décrit le mode de vie des Bushmen de ‘fantaisie archaïque’ a autorisé des lodges de safaris touristiques à creuser des puits dans la réserve. L’une de ces infrastructures touristiques qui doit ouvrir ce mois-ci a même construit une piscine.

    Les commentaires de Trevor Mmopelwa, rapportés par le journal botswanais Sunday Standard, répondent à la procédure judiciaire que viennent d’intenter les Bushmen afin de pouvoir accéder à leur puits.

    Le président Ian Khama, réélu en octobre dernier, est membre du conseil d’administration de Conservation International.

    Jetée en prison pour avoir traité le président botswanais de ‘Bushman’

    Une femme sud-africaine qui avait insinué que le président botswanais ‘ressemblait à un Bushman’ a été arrêtée, détenue pendant deux jours et pénalisée pour ‘insulte au Botswana’.

    Dorsey Dube a été arrêtée au poste de douane de la frontière entre l’Afrique du Sud et le Botswana après avoir émis un commentaire sur la ressemblance du président Khama avec le père de son ami qui a des traits bushmen.

    Le fait d’avoir interprété cette remarque comme une insulte confirme la profonde attitude raciste de certains membres des autorités botswanaises envers les Bushmen. Survival International a saisi le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale sur cet incident.

    Dorsey Dube a rapporté avoir été emmenée au poste de police où elle n’a pas été autorisée à appeler ses amis en Afrique du Sud pour leur demander de l’aide. Elle a finalement été relâchée après avoir passé une nuit en prison et une journée entière en garde-à-vue.

    Le président Khama (qui est lui-même à moitié anglais) a qualifié le mode de vie des Bushmen de ‘fantaisie archaïque’. Pour les inciter à abandonner leur territoire et leur mode de vie, le gouvernement a interdit aux Bushmen de chasser pour se nourrir ou d’accéder à leurs points d’eau.

    Un lodge touristique construit sur le territoire des Bushmen est autorisé à utiliser toute l’eau qui lui est nécessaire, à condition de ne pas en fournir aux Bushmen.

    Le président Ian Khama, qui a été réélu à la tête du gouvernement en octobre dernier, est membre du conseil d’administration de l’organisation Conservation International.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Il n’est besoin d’aucune autre preuve pour attester du racisme dont est imprégné le Botswana envers les Bushmen. Une Sud-africaine a naïvement pensé que le fait de ressembler à un Bushman était un compliment, les autorités botswanaises ne l’ont pas vu de la même manière puisqu’ils l’ont pris comme une insulte. C’est d’autant plus désolant que le père du président Khama, le premier président du pays, avait lui-même été confronté à la discrimination raciale de la part des autorités coloniales parce qu’il avait épousé une femme britannique et qu’il avait promis aux Bushmen que leurs droits seraient toujours protégés’.

    La persécution des Bushmen du Botswana continue sous le président Khama.
     

    Législatives au Botswana: large victoire du parti au pouvoir

    Le Parti démocratique du Botswana (BDP), au pouvoir dans ce pays d'Afrique australe depuis son indépendance en 1966, a largement remporté les élections législatives de vendredi, ce qui devrait permettre au président Ian Khama d'être reconduit dans ses fonctions.  

    Selon les résultats annoncés le 18/10/2009 par la commission électorale indépendante, le BDP obtient 45 des 57 sièges du Parlement, très loin devant le principal parti de l'opposition, le Front national du Botswana (BNF), qui n'a remporté que trois sièges.

    Dans ce pays premier producteur mondial de diamants, la victoire du BDP ne faisait aucun doute, en raison notamment de la faiblesse et de la division de l'opposition.

    Stable politiquement et économiquement, le Botswana fait figure de modèle en Afrique en matière de gouvernance. Cette ancienne colonie britannique est toutefois durement frappée par la crise économique mondiale qui réduit la demande mondiale en diamants, sa principale ressource. Le PIB national a ainsi chuté de 20% au premier trimestre de cette année.

    Outre le chômage et le pauvreté, qui vont croissant avec la récession, le Botswana est confronté au SIDA, qui concerne désormais un adulte sur quatre, soit l'un des plus fort taux de contamination d'Afrique.   Malheureusement, c'est un jour bien triste pour nos amis les Bushmen puisque leur situation ne va pas s'améioler. Le gouvernement va continuer à les pourchasser et à les harceler pour les chasser de leur réserve qui hélas, contient de nombreuses ressources de diamants. 

    Le président Khama balaie la question des Bushmen

     

     Pensez-vous que quelqu'un s'en rendra compte?

    A l’occasion de la fête nationale du Botswana le 30 septembre et 18 mois après l’arrivée de Ian Khama au pouvoir, Survival International divulgue le dessin humoristique d’un caricaturiste botswanais anonyme représentant le président balayant les Bushmen sous un tapis.

    Le président Khama (qui est l’un des administrateurs de l’ONG Conservation International) n’a rien changé à la politique perfide de son prédécesseur qui rend impossible la vie des Bushmen dans la Réserve de gibier du Kalahari central. Il a même qualifié leur mode de vie de ‘fantaisie archaïque’.

    En dépit du verdict de la Haute Cour du Botswana, les Bushmen n’ont obtenu aucun permis de chasse et n’ont toujours pas accès à leur unique réserve d’eau. Des lodges touristiques installés au cœur de la réserve ont en revanche l’autorisation d’utiliser toute l’eau qui leur est nécessaire pour le fonctionnement de leurs infrastructures y compris pour abreuver la faune sauvage.

    Les Bushmen ont récemment intenté une nouvelle procédure judiciaire contre le gouvernement pour faire valoir leur droit d’utiliser leur source d’eau dans la réserve et Survival a initié une campagne internationale de publicité pour rappeler leur situation critique à l’opinion publique.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Le président Khama n’est pas seulement en train de tenter de balayer les Bushmen de la réserve, il leur rend la vie impossible en s’attaquant à leur mode de vie et en tournant le dos au verdict de sa propre Cour. Le fait de leur avoir interdit l’accès à l’eau durant plus de sept ans relève d’une inqualifiable ténacité dont son gouvernement devrait être couvert de honte’.

     

    Un représentant du gouvernement botswanais admet que "les Bushmen ont été expulsés pour les diamants"

    Dans un livre publié ce mois-ci, un haut fonctionnaire du gouvernement botswanais a reconnu que les Bushmen du Kalahari ont été expulsés de leurs terres pour faire place à l'exploitation diamantifère.

    Le représentant, "employé haut placé du gouvernement" au moment des expulsions des Bushmen de la Réserve de gibier du Kalahari central en 2002, a déclaré à l'auteur américain James G. Workman:

    "J'ai vu les plans; J'ai regardé les projets. Ne citez pas mon nom s'il vous plaît sinon j'aurais des ennuis. Mais la coupure d'eau est bien entendu liée aux diamants. Elle y est même entièrement liée."

    Le gouvernement botswanais a démantelé les indispensables réservoirs d'eau des Bushmen quand il les a explusés, et a vidé leur contenu dans le sable. Il a persisté à nier la relation entre les gisements de diamants et les expulsions, bien que Survival International et d'autres organisations soutiennent depuis longtemps le contraire.

    Le projet d'exploitation sur le territoire des Bushmen a été suspendu en début d'année en raison de la récession mondiale. Le gisement de diamants dans la réserve appartenait auparavant à De Beers qui l'a vendu à la compagnie Gem Diamonds peu après le verdict de la Haute Cour du Botswana qui, en 2006, avait jugé les expulsions des Bushmen illégales. En 2007, Gem Diamonds avait évalué le gisement à un montant d'une valeur de 2,2 milliards de dollars et avait annoncé son intention de commencer les activités minières au plus vite.

    Depuis leur victoire judiciaire, beaucoup de Bushmen sont retournés dans la Réserve du Kalahari mais le gouvernement continue à leur interdire l'accès à l'eau; ils ont entamé de nouvelles procédures judiciaires pour faire respecter leur droit.

    Le livre "Heart of Dryness" de James G. Workman examine la campagne du gouvernement botswanais pour expulser les Bushmen en utilisant l'eau comme une arme.

    Pour plus d'informations sur le livre (en anglais) ou pour l'acheter : www.heartofdryness.com

    Art

     

    Libération de Bushmen – échec des représailles gouvernementales

    La tentative du gouvernement botswanais de sanctionner des chasseurs bushmen a échoué, un magistrat ayant ordonné leur libération sous caution.

    Six Bushmen avaient été arrêtés en 2007 pour avoir chassé sans permis dans la Réserve de gibier du Kalahari central (leur terre ancestrale), mais n’ont été que récemment inculpés.

    La décision gouvernementale d’inculper les chasseurs est intervenue peu après la procédure judiciaire entamée par les Bushmen concernant le puits qui était leur principale source d’eau potable dans la réserve.

    Le gouvernement avait scellé le puits en 2002 lorsqu’il avait expulsé les Bushmen et leur avait interdit de l’utiliser, même à leurs propres frais. Les Bushmen sont donc contraints de faire un aller-retour de 400 km pour trouver de l’eau s’ils veulent rester dans la réserve et risquent la prison s’ils y chassent.

    Bien que la Haute cour botswanaise ait jugé en 2006 que le refus du gouvernement de délivrer des permis de chasse aux Bushmen était illégal, aucun permis de chasse dans la réserve n’a été accordé depuis cette date.

    Stephen Corry, directeur de Survival a déclaré aujourd’hui : ‘Le président Khama proclame fièrement son attachement à la préservation de la faune en siégeant au conseil d’administration de Conservation International, mais il se complaît à traiter les Bushmen encore plus mal que des animaux. Il est clair que le gouvernement est déterminé à défier sa propre Haute cour en rendant impossible la vie des Bushmen dans la réserve. Les Bushmen n’ont pas accès à leur propre source d’eau, on refuse de leur délivrer des permis de chasse et ils sont arrêtés lorsqu’ils chassent pour nourrir leurs familles. Heureusement que certains magistrats ont une vision plus humaine de la manière de traiter les gens’.

    Arrestation de six chasseurs bushmen: le harcèlement continue

    Six Bushmen, accusés d’avoir chassé dans la Réserve de gibier du Kalahari central au Botswana, ont été arrêtés et incarcérés.

    Le tribunal de Molepolole devrait rendre sa décision lundi 3 août 2009. Le cas concerne deux incidents qui se sont déroulés au début de cette année et en 2007.

    La Haute cour botswanaise avait jugé en 2006 qu’empêcher les Bushmen de chasser « revenait à les condamner à mort ». Ce jugement historique avait reconnu le droit des Bushmen à vivre sur leurs terres ancestrales et condamné le gouvernement pour les avoir expulsés à plusieurs reprises, leur avoir interdit la pratique de la chasse et avoir détruit leur unique source d’eau.

    Le gouvernement botswanais n’a pas délivré un seul permis de chasse aux habitants de la réserve depuis 2001 en dépit du verdict de la Haute cour qui avait jugé l’interdiction de la chasse illégale et anticonstitutionnelle. Au moins 75 Bushmen en ont pourtant fait la demande.

    Plusieurs Bushmen sont rentrés chez eux depuis le jugement de 2006, mais nombre d’entre eux sont encore confinés dans des camps de relocalisation qu’ils appellent « lieux de mort ». Le gouvernement a totalement ignoré le verdict de la Haute cour en empêchant les Bushmen d’avoir accès à l’eau et en refusant de leur délivrer des permis de chasse.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : « Jeter six Bushmen en prison simplement parce qu’ils ont chassé sur leur terre ancestrale dénote de l’hypocrisie la plus révoltante de la part du gouvernement botswanais qui continue de nier la décision de la Haute cour de son propre pays stipulant que les Bushmen doivent être autorisés à vivre librement sur leurs terres. Leur interdire de chasser pour se nourrir est parfaitement illégal ».

    Des bushmen finissent leur errance dans des fermes achetées par la Namibie

    Le vieux bushman Kleinbooi Katuwe, au visage buriné par le soleil, espère en avoir fini de son errance et "mourir en paix" sur l'exploitation agricole achetée par le gouvernement namibien pour sa tribu déracinée depuis un siècle.

    "On appelle cette ferme notre maison", explique Kleinbooi Katuwe en contemplant la plaine alentour du Kalahari, parsemée d'herbe folle et d'acacias.

    Pour l'instant, il vit sous une tente, avant d'aménager l'une des maisons de briques en construction. "C'est l'hiver et les nuits sont froides sous les tentes. Heureusement les maisons financées par le gouvernement seront bientôt terminées", se réjouit-il, assis sur une chaise en plastique fissurée.

    "J'espère que je vais pouvoir mourir en paix sur cette ferme qu'on nous a allouée. Je suis fatigué d'être chassé."

    Kleinbooi Katuwe est le plus âgé des quelque 300 bushmen ou San installés sur la ferme de Uitkomst, à 240 kilomètres au nord-est de la capitale Windhoek.

    Le gouvernement namibien a acheté cette propriété dans le cadre de la réforme foncière lancée en 1995. Il compte ainsi redistribuer d'ici 2020 quelque 15 millions d'hectares, appartenant essentiellement à la minorité blanche, à 240.000 Noirs sans terre.

    Uitkomst est la première des trois fermes achetées par le gouvernement pour les bushmen, une tribu de cueilleurs chasseurs marginalisée depuis de nombreuses années.

    Au début du XXe siècle, les Allemands, qui contrôlent la Namibie alors appelée Sud-Ouest africain, autorisent les colons blancs à tuer des bushmen et à s'approprier leur terrain de chasse. Puis le territoire passe sous contrôle de l'Afrique du Sud jusqu'à l'indépendance de la Namibie en 1990. Les bushmen sont là encore déracinés, car utilisés comme soldats à la frontière avec l'Angola pour lutter contre les combattants de l'indépendance.

    Les San, descendants des premiers habitants d'Afrique australe et qui vivent entre la Namibie, le Botswana et l'Afrique du Sud, ne sont plus que 30.000 actuellement en Namibie.

    Aujourd'hui encore, leurs terres ancestrales sont illégalement occupées. Début mai, à quelque 300 kilomètres à l'est de Uitkomst, 32 bergers parlant herero ont fait entrer 2.000 têtes de bétail sur une réserve protégée et clôturée où vivent quelque 2.600 bushmen.

    "Les 32 personnes ont été arrêtées" mais ont été libérées sous caution dans l'attente de leur procès, explique un avocat des San, Zeka Alberto.

    Faute de logement ou de terre, de nombreux bushmen aujourd'hui relocalisés à Uitkomst occupaient encore récemment une ancienne piscine municipale dans la ville d'Okahandja, à 75 km au nord de Windhoek.

    "On n'avait pas le choix", explique le leader des San de la ferme de Uitkomst, Paul Chapman. "La municipalité n'a rien dit, donc l'info s'est répandue et d'autres San qui étaient sans toit nous ont rejoints", raconte-t-il.

    "Au bout du compte on est devenu un problème pour le gouvernement, et il y a un an, on nous a amenés ici. Maintenant nous avons une maison."

    Mais pas grand chose pour vivre. Quelques San travaillent comme petites mains dans les fermes alentours, mais la plupart dépendent de l'aide alimentaire du gouvernement et attendent d'être formés aux métiers de l'agriculture, comme l'ont promis les autorités namibiennes.

    Le gouvernement botswanais renouvelle les hostilités envers les Bushmen

    Le gouvernement botswanais a envoyé le 19 mai 2009 des policiers et des gardes forestiers dans la Réserve du Kalahari central (CKGR) pour confisquer les troupeaux de chèvres des Bushmen qui étaient retournés sur leurs terres ancestrales.

    Les troupeaux qui leur avaient été confisqués en 2002, lors de leur expulsion illégale, ne leur ont été restitués que très récemment.

    L’avocat général avait garanti aux Bushmen qu’ils pourraient rapatrier leurs troupeaux de chèvres dans la réserve, les vétérinaires ayant assuré que les animaux étaient en bonne santé.

    Mais les fonctionnaires du ministère de l’Environnement, de la Faune, de la Flore et du Tourisme ont décidé de s’attaquer aux petits troupeaux des Bushmen, apparemment préoccupés par l’image qu’ils veulent promouvoir de la réserve. Le gouvernement y encourage la construction d’infrastructures touristiques, à proximité de la communauté bushman de Molapo– cette même communauté qui est actuellement la cible du gouvernement.

    Les chèvres constituent la principale ressource alimentaire des Bushmen, particulièrement durant la saison sèche. Cette ressource est d’autant plus indispensable que le gouvernement a condamné leur unique puits d’eau.

    Jumanda Gakelebone, porte-parole de l’organisation First People of the Kalahari, a déclaré aujourd’hui : « Nous, les Bushmen de la CKGR, pensions que le litige avec le gouvernement allait se résoudre. L’attitude du ministère du Tourisme démontre qu’il n’y a pas de négociation possible. Nous, les Bushmen, faisons appel à la nation botswanaise et déclarons le début des hostilités entre les Bushmen de la CKGR et le gouvernement. Depuis deux ans, nous essayons vainement de discuter avec lui, c’est pourquoi, nous relançons notre campagne. »

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a également déclaré aujourd’hui : « Cela fait maintenant deux ans que les Bushmen essaient de négocier avec le gouvernement pour faire valoir leurs droits. Sa seule réponse a été d’envoyer des véhicules policiers pour confisquer les troupeaux qu’ils viennent de récupérer. Il est difficile de croire à quel point le gouvernement agit avec mesquinerie et tyrannie envers les Bushmen. Il devrait maintenant se rendre compte qu’ils ne se laisseront pas intimider aussi facilement ».

    Abandon d'une mine controversée en territoire bushman pour cause de récession

    Le projet d’une mine de diamants qui a fait l’objet d'une vive polémique internationale parce qu’il a provoqué le déplacement forcé des Bushmen du Kalahari a finalement été abandonné en raison de la récession globale. La demande mondiale de diamants s'est récemment effondrée et les mines botswanaises ont cessé toute activité en février pour une durée de deux mois.

    Le gisement de diamants situé dans la communauté bushman de Gope, au cœur de la réserve du Kalahari central, était dans un premier temps détenu par De Beers. Peu après la découverte de ce gisement, les autorités botswanaises avaient expulsé les Bushmen de leurs terres.

    Les Bushmen, Survival et plusieurs autres ONG ont toujours été convaincus que l'expulsion des Bushmen était liée à la présence de diamants dans la réserve. (Suite)

    Visite d'un expert des Nations-Unies chez les Bushmen

    Le Rapporteur Spécial des Nations-Unies sur les droits des peuples indigènes, James Anaya, s'est rendu au mois de mars dans la Réserve du Kalahari central au Botswana. Il a rencontré les Bushmen vivant dans la réserve qui sont toujours privés d’accès à l'eau.

    Il a visité les communautés bushmen de Gugamma et Metsiamenong et s’est rendu dans les camps de relocalisation de New Xade et Kaudwane dans lesquels sont parqués plusieurs milliers de Bushmen que le gouvernement a expulsés de force de la réserve. (Suite)

    112 licences d'exploitation minière accordées sur le territoire des Bushmen

    Depuis que les Bushmen ont été expulsés de leur territoire dans la Réserve naturelle du Kalahari central, en 2002, le gouvernement du Botswana a accordé 112 licences d'exploitation pour explorer dans la Réserve. 16 d'entre elles ont été attribuées pour l'exploration d'uranium et 40 pour celle du charbon.

    Il y a un peu plus de six ans que le gouvernement a expulsé plus de 600 Bushmen de la réserve, mais il continue de nier une quelconque relation entre les projets d'exploitation minière et ces évictions.

    Le ministre de la faune et de la flore Kitso Mokaila s'est prononcé en faveur de l'exploitation minière à l'intérieur de la réserve, en affirmant que "cela a toujours été la politique du gouvernement du Botswana d'exploiter les mines là où il y a des minéraux. Le Botswana s'est construit grâce à l'exploitation minière. Ce sera une très bonne chose (que d'exploiter les mines dans la réserve)."

    Les Bushmen ont gagné un procès historique en 2006 par lequel la Haute Cour du Botswana confirma leur droit de retourner sur leurs terres au sein de la réserve et jugea leur expulsion “illégale et anticonstitutionnelle”. Mais le gouvernement a pris toutes les mesures nécessaires pour les empêcher de retourner dans la réserve, leur refusant l'accès à un puits qui est leur principale source d'eau et leur interdisant de chasser pour se nourrir. Pourtant, l'exploitation minière dans la réserve nécessitera le forage de plusieurs puits et créera un bouleversement immense tant pour les Bushmen que pour la faune et la flore.

    Survival a toujours été convaincue que les Bushmen ont été expulsés pour permettre l'accès de la réserve aux activités minières. L'organisation a mené une campagne d'envergure qui a poussé la compagnie De Beers à vendre sa concession minière au sein de la réserve à Gem Diamonds, pour un montant de 34 millions de dollars. Cette dernière compte mener ses activités minières dans la communauté bushman de Gope.

    Survival mène une campagne contre Gem Diamonds et Graff Diamonds qui détient 9% des parts de Gem. L'organisation a écrit à Victoria Beckham, Elizabeth Hurley et Naomi Campbell, qui apparaissent toutes les trois sur le site internet de Graff, leur demandant de renoncer à porter les diamants Graff tant que les Bushmen ne pourront pas rentrer chez eux, avoir accès à l'eau et chasser en toute liberté.

    Stephen Corry, directeur de Survival a déclaré : " Ce n'est pas une coïncidence que le gouvernement du Botswana ait accordé plus de 100 licences d'exploitation à l'intérieur de la Réserve du Kalahari central depuis que les Bushmen en ont été expulsés, et qu'il ait fait en sorte qu'ils ne retournent pas sur leurs terres. Au regard du droit international, les Bushmen ont le droit d'être consultés pour ces opérations minières, mais comment peuvent-ils mener des discussions significatives concernant l'utilisation de leurs terres alors que le gouvernement les empêche d'y vivre?"

    Projet controversé d'exploitation minière

    La campagne de Survival contre l’enseigne Graff Diamonds impliquée dans un projet controversé d'exploitation minière au cœur du territoire des Bushmen de la réserve du Kalahari au Botswana a franchi un échelon.

    Une trentaine de manifestants se sont réunis le 10 février devant la boutique du célèbre joaillier, brandissant des pancartes aux slogans provocateurs tels que “Boycottez Graff” ou “Les diamants du Botswana : le désespoir des Bushmen”.

    Le jour même, Survival avait envoyé une carte ironique pour la Saint Valentin à Naomi Campbell, Liz Hurley et Victoria Beckham pour les dissuader de continuer à porter des diamants Graff.

    La carte, intitulée ‘Pretty/Ugly’ (beau/laid), met l’accent sur l’implication de Graff dans la compagnie minière Gem Diamonds qui doit exploiter les gisements situés sur les terres bushmen au Botswana.

    Les Bushmen subissent de sévères restrictions d'eau et un homme est déjà mort de soif depuis que le gouvernement les a privés de leur unique puits. Le gouvernement botswanais est sur le point d’accepter le projet d’exploitation minière de Gem à condition que la compagnie ne fournisse pas d'eau aux Bushmen.

    Gem Diamonds prétend que les Bushmen sont favorables à l’exploitation de cette mine, or ceux-ci n’ont jamais été informés de manière indépendante sur l’impact probable qu’elle aura sur eux et leur environnement.

     (Suite)

    Survival presse Naomi Campbell de renoncer à porter les bijoux Graff Diamonds

    Survival, mouvement mondial de soutien aux peuples indigènes, a demandé à des célébrités telles que Victoria Beckham, Naomi Campbell et Elizabeth Hurley, de renoncer à porter des diamants Graff. L’organisation va également tirer partie de la prochaine cérémonie des Oscars pour en dissuader d’autres personnalités.

    Une manifestation aura lieu demain mardi 10 février devant la boutique londonienne du joaillier Graff Diamonds, pour l’exhorter à se retirer d’un projet controversé d'exploitation minière au cœur du territoire des Bushmen dans la réserve du Kalahari, au Botswana.

    La compagnie concurrente De Beers s'est retirée de la réserve après que les top models Iman et Lily Cole aient renoncé à leur statut d’ambassadrices de l’enseigne.

    Laurence Graff détient 9% de parts Gem Diamonds, la compagnie minière qui projette d’exploiter le territoire des Bushmen. Ces derniers subissent de sévères restrictions d'eau et un homme est déjà mort de soif depuis que le gouvernement les a privés de leur unique puits. Le gouvernement botswanais a néanmoins approuvé le projet minier de Gem à condition que la compagnie ne fournisse pas d'eau aux Bushmen.

    Gem Diamonds prétend que les Bushmen sont favorables à l’exploitation de cette mine, or ceux-ci n’ont jamais été informés de manière indépendante sur l’impact probable qu’elle aura sur eux et sur leur environnement.

    Lorsqu’en 2002 le gouvernement botswanais a expulsé les Bushmen, il était plus que probable que son intention était de faire place nette à la future exploitation des gisements de diamants que recèle leur territoire. La Haute Cour du Botswana a confirmé en 2006 le droit des Bushmen de vivre sur leurs terres, mais les autorités ont tenté de les en empêcher en leur supprimant l'accès à l’eau et leurs droits de chasse. Dans l’impossibilité de retourner chez eux, de nombreux Bushmen ont été parqués dans de sinistres camps de relocalisation.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : "Après la tempête médiatique qui a entâché l’image de la compagnie De Beers, Graff aurait dû s’informer davantage avant d’acquérir des parts de cette mine. Souhaite-t-elle réellement être montrée comme la compagnie qui a exploité ses diamants pendant que les Bushmen mouraient de soif?"

    La manifestation aura lieu mardi 10 février de 16h 30 à 18h, devant la boutique Graff, 6-7 New Bond Street, Londres W IS 3S.

     (Suite)

    L’exploitation de diamants en territoire bushman approuvée par le gouvernement

    La cupidité du gouvernement botswanais est sans limite!!!

    Le gouvernement botswanais a ainsi accordé à Gem Diamonds l’autorisation d’exploiter une mine de diamants controversée en territoire bushman dans le désert du Kalahari à condition que la compagnie minière ne fournisse pas d'eau aux Bushmen. Le gouvernement s'est cependant gardé le droit d'utiliser les puits d'eau forés par Gem pour la faune et la flore.

    Le gouvernement a approuvé le rapport d’évaluation de l’impact sur l’environnement présenté par Gem Diamonds pour la mine en question.

    Les Bushmen vivant dans la réserve du Kalahari central sont confrontés à de sévères restrictions d’eau. Le gouvernement leur a en effet interdit de faire usage de l’unique source d'eau qu’ils utilisaient avant que le gouvernement ne les expulse en toute illégalité de leur territoire.

    Bien que Gem Diamonds prétende qu’ils sont en faveur de cette mine, les Bushmen n’ont jamais obtenu d’informations indépendantes quant à son probable impact.

    Les experts d’un cabinet-conseil se sont rendus chez les Bushmen au début de l’année, pour soi-disant recueillir leur avis sur le projet minier. Le chef de projet de cette compagnie est entré au conseil d'administration de Gem Diamonds peu après la fin de cette enquête, remettant sérieusement en cause l’impartialité du processus de consultation.

    Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré le 10 décembre: " Le fait que le gouvernement botswanais insiste auprès de la compagnie Gem Diamonds pour qu’elle ne fournisse pas l'eau nécessaire aux Bushmen est tout simplement scandaleux. Le gouvernement est manifestement déterminé à tout mettre en œuvre pour écarter les Bushmen de leurs terres. Cela soulève également la question de savoir si les Bushmen approuvent véritablement cette mine – le manque d'information dont ils disposent montre qu'ils ne sont pas en position de pouvoir émettre un avis. Cela signifie également qu'ils ne savent pas qu'ils n'auront pas accès aux sources d'eau utilisées pour le site diamantifère."

    Le mode de vie des Bushmen : une « fantaisie archaïque »?

    Deux ans après la victoire juridique sans précédent des Bushmen du Kalahari confirmant leur droit de vivre et de chasser sur leurs terres, le président du Botswana Ian Khama a signifié aux Bushmen que leur mode de vie basé sur la chasse n'était qu'une "fantaisie archaïque".

    La Haute Cour du Botswana avait jugé le 13 décembre 2006 que l'expulsion des Bushmen était "illégale et anticonstitutionnelle", et qu'ils avaient le droit de vivre sur leurs terres ancestrales dans la réserve du Kalahari central (CKGR).

    La Cour avait également confirmé le droit des Bushmen de pratiquer la chasse et la cueillette dans leur réserve. Mais, lors d'une récente déclaration adressée à la nation, le président Khama a prétendu que "le fait…que [les Bushmen veulent] continuer aujourd'hui d’assurer leur subsistance grâce à la chasse et à la cueillette n’est qu'une fantaisie archaïque".

    L’un des juges rendant la décision de 2006 avait affirmé que le refus du gouvernement d'autoriser les Bushmen à chasser "équivalait à condamner les habitants de la CKGR à mourir de faim". Aujourd’hui, deux ans après cette décision, le gouvernement ne leur a toujours pas délivré de permis les autorisant à chasser dans la réserve.

    Un porte-parole bushman a déclaré aujourd'hui : " La chasse n'est pas une pratique d’un autre âge. Nous voulons être des chasseurs-cueilleurs d’aujourd’hui. C'est le meilleur moyen de survivre dans la réserve du Kalahari."

    Le gouvernement botswanais a accordé une licence d’exploitation minière à une compagnie diamantifère en territoire bushman à condition qu’elle ne fournisse pas d'eau aux Bushmen. Il a également interdit l'accès d’un puits à une communauté bushmen tout en l’autorisant à un lodge touristique voisin pour ses clients.

    Le président du Botswana siège au conseil de l'organisation écologiste nord-américaine Conservation International.

    Les Bushmen font appel au Pape

    Suite à l'établissement de relations diplomatiques entre le Vatican et le Botswana au début du mois de novembre, les Bushmen du Kalahari ont exhorté le Pape à leur apporter son soutien dans leur lutte pour retourner sur leurs terres.

    Un porte-parole bushman a déclaré aujourd'hui : "Nous supplions le Pape de nous aider, de prier pour que le gouvernement change d'attitude face à nous et respecte nos droits en tant que peuple indigène de cette terre."

    L’établissement de relations diplomatiques avec le Vatican a été à l’initiative de l'ancien président du Botswana, Festus Mogae. C’est également lui qui a été l’instigateur de la politique gouvernementale controversée visant à expulser les Bushmen de leur territoire ancestral de la réserve du Kalahari central.

    En dépit du jugement rendu par la Haute Cour du Botswana en 2006 affirmant leur droit de vivre dans la réserve, le nouveau gouvernement du général Ian Khama continue de violer leurs droits. Il a notamment accordé une licence d’exploitation d’une mine de diamants en territoire bushman à la compagnie Gem Diamonds.

    Il n’a été délivré aucun permis de chasse aux Bushmen comme convenu dans la décision de la Haute Cour qui avait dénoncé le caractère anticonstitutionnel du retrait de permis. Les Bushmen n'ont pas non plus accès à la source d'eau se trouvant dans la Réserve. L'impossibilité de chasser et le manque d’eau ont rendu la vie des Bushmen extrêmement pénible.

    Dom Erwin Kräutler, évêque du Xingu au Brésil a déclaré aujourd'hui : "Au XXIe siècle, il est plus que vital que l'Eglise catholique apporte son soutien aux peuples indigènes du monde dans leur lutte pour leurs droits."

    Le 1er juillet, le Pape Benoît XVI avait exprimé sa solidarité et son soutien aux Indiens du territoire de Raposa-Serra do Sol au Brésil lors de l’entrevue qu’il leur avait accordée au Vatican; il avait alors affirmé : "Nous ferons tout notre possible pour vous aider à protéger vos terres."

    Des Bushmen de Namibie de retour sur les terres de leurs ancêtres

    Hira Khamuxas, une descendante des premiers habitants d'Afrique australe, les Sans ou "Bushmen", chassée de sa terre par le régime d'apartheid sud-africain claque des mains: "Nos ancêtres sont contents parce que nous sommes de retour, tout près de chez nous".

    "Je peux le sentir, notre rêve va se réaliser", ajoute la vieille dame qui, avec 300 autres membres de sa tribu, les Haikoms, a été aidée par le gouvernement namibien à revenir sur la terre de son peuple.

    La semaine dernière, ils ont emménagé dans deux immenses fermes achetées par les autorités à Seringkop, à la frontière sud de la célèbre réserve naturelle d'Etosha (nord), berceau des Haikoms.

    "Je ne suis plus qu'à 60 kilomètres de mon lieu de naissance, où j'ai passé une enfance libre et heureuse jusqu'à l'âge de 14 ans", commente Hira Khamuxas, 65 ans. "Enfin, jusqu'à ce que le gouvernement sud-africain installe une clôture de contrôle sanitaire et nous dise de partir..."

    L'Afrique du Sud a occupé la Namibie à partir de la Première guerre mondiale et jusqu'en 1990. Après l'arrivée du régime raciste d'apartheid en 1948, Pretoria a progressivement mis en place des mesures pour forcer les populations locales à quitter le parc d'Etosha.

    Dans les années 70, le régime ségrégationniste a même sacrifié la moitié de la réserve (qui avait auparavant la superficie de la Suisse) pour créer des "Bantoustans", des zones réservées à une ethnie spécifique. Mais les Haikoms sont restés à l'écart du projet.

    Cette tribu vivait depuis des millénaires dans la région et même les colons allemands, qui ont fait d'Etosha une zone protégée en 1907, les avaient autorisés à y poursuivre leurs activités de chasseurs-cueilleurs nomades.

    Une fois chassée de chez elle, Hira Khamuxas est devenue ouvrière agricole et a gagné sa vie en offrant ses services de ferme en ferme contre de maigres salaires, avant de se poser il y a quelques années dans un bidonville à 250 km au nord de Windhoek, où elle a survécu grâce à une pension d'Etat.

    Entre-temps, son lieu de naissance, à l'intérieur du parc Etosha près du lieu-dit Ombika, est devenu une destination très prisée des touristes étrangers qui sont nombreux à visiter la réserve, célèbre pour son immense lac salé asséché.

    En permettant aux Haikoms de revenir près du parc, le gouvernement namibien espère qu'ils pourront tirer profit de cette manne touristique, qui est toujours largement exploitée par la minorité blanche.

    "Le gouvernement considère le projet Haikom comme urgent", a ainsi expliqué la vice-Premier ministre Libertine Amathila, en accueillant les 78 familles volontaires pour une nouvelle installation au sud du parc.

    "Une partie des terres sera dédiée à l'agriculture. Sur d'autres, nous introduirons des animaux sauvages pour lancer une activité touristique et diversifier les sources de revenus" des Haikoms, a-t-elle ajouté.

    Environ 30.000 Sans de différentes ethnies, dont 9.000 Haikoms, vivent en Namibie, où ils figurent parmi les populations les plus défavorisées. Pour leur venir en aide, le gouvernement prévoit d'acheter d'autres fermes près de Seringkop.

    "Ils vont recevoir des licences d'exploitation touristique et pourront fonder des partenariats pour construire des logements en collaboration avec notre ministère. Nous veillerons à ce qu'ils ne soient pas victimes d'abus", a assuré à l'AFP le vice-ministre du tourisme Leon Jooste.

    "Le gouvernement prévoit à terme de supprimer les frontières entre leurs fermes et Etosha, de façon à ce que les animaux se déplacent librement et que les Haikoms s'intègrent dans ce projet touristique", a-t-il ajouté.

    Pour sa part, Hira Khamuxas souhaite enseigner à ses petits-enfants l'usage traditionnel des herbes et des racines du parc. Pour achever de satisfaire ses ancêtres.

     

    Les Bushmen condamnent Mo Ibrahim

    Les Bushmen du Kalahari expulsés de leurs terres par le gouvernement de l'ancien président du Botswana Festus Mogae ont condamné le milliardaire africain Mo Ibrahim et sa fondation pour avoir attribué à Mogae "le prix de la bonne gouvernance en Afrique". Ce prix sera décerné à Mogae lors d'une cérémonie à Alexandrie, en Egypte, samedi 15 novembre.

    Un porte-parole bushman a déclaré aujourd'hui : "Nous pensons qu'il ne devrait pas recevoir ce prix en raison de la manière dont il nous a traités lorsqu'il était président du Botswana. En nous chassant de nos terres ancestrales il a bouleversé notre vie. Il nous a rendus pauvres, malades du SIDA et alcooliques."

    Le gouvernement Mogae avait expulsé les Bushmen de la réserve du Kalahari central en 2002, leur interdisant de pratiquer la chasse et la cueillette.

    Les chasseurs bushmen ont été systématiquement arrêtés et torturés; ceux qui manifestaient pacifiquement contre les expulsions ont également été arrêtés et certains blessés par balle; une femme au moins est morte de faim et de soif lorsque le gouvernement Mogae avait bloqué l'accès à la réserve.

    Les Bushmen ont intenté un procès au gouvernement et en 2006 la Haute Cour du Botswana a déclaré que les expulsions étaient "illégales et anticonstitutionnelles". Un des juges a affirmé que le refus du gouvernement de les laisser chasser "revenait à les condamner à mourir de faim".

    Mais le gouvernement, dirigé par Mogae jusqu'en avril dernier, empêche toujours les Bushmen de retourner chez eux. Il leur refuse l’accès à une source d’eau inutilisée dans l’une de leurs communautés et leur interdit de chasser pour se nourrir.

    Le gouvernement botswanais promeut actuellement des projets touristiques et d'exploitation diamantifère en plein cœur du territoire bushman. La compagnie Gem Diamonds a l’intention d’exploiter les mines dans la communauté bushman de Gope tandis que la compagnie 'Safari & Adventure' a répondu à un appel d'offres pour la construction d'infrastructures touristiques à proximité de la communauté bushman de Molapo.

    Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd'hui : "Les citoyens les plus marginalisés du Botswana, les Bushmen du Kalahari, ont une perspective tout à fait différente de la manière dont l'élite africaine gouverne le pays. Leur expérience de la bonne gouvernance de Festus Mogae se résume aux évictions, aux arrestations et à la torture. La Fondation Mo Ibrahim aurait mieux fait de les écouter avant de faire ce choix peu judicieux."

    Le prix Mo Ibrahim attribue au récipiendaire la somme de 5 millions de dollars sur dix ans, puis 200 000 dollars annuels à vie. Parmi les membres du jury figuraient l'ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, et l'ancien Haut Commissaire aux droits de l'homme, Mary Robinson.

    Les Bushmen et Survival contraignent De Beers à se retirer de la Réserve du Kalahari

    Suite à la pression exercée par Survival International, De Beers a déclaré avoir renoncé à poursuivre ses opérations de prospection minière sur les terres des Bushmen, dans la réserve du Kalahari central, les Bushmen que la compagnie a consultés, y compris ceux qui vivent dans la Réserve, s’y étant opposés.

    De Beers avait reconduit ses opérations de prospection dans la réserve du Kalahari central le mois dernier. La compagnie affirme désormais qu'elle ne mènera pas d'autres activités dans la région tant qu’un projet de gestion durable ne sera pas approuvé par toutes les parties.

    C'est une importante victoire pour les Bushmen – mais l'exploitation de diamants continue de menacer leur survie. De Beers conserve un certain nombre de licences de prospection dans la Réserve.

    Une autre compagnie diamantifère, Gem Diamonds, mène aussi des opérations de prospection dans la Réserve. Bien qu’elle prétende avoir obtenu le soutien des populations locales, la compagnie poursuit ses activités alors que les Bushmen continuent d'être brutalisés et harcelés et n'ont accès à aucune assistance juridique. Cette situation ne permet pas aux Bushmen d'émettre un avis en toute connaissance de cause. En dépit du jugement de la Haute Cour du Botswana en 2006 qui réaffirme les droits des Bushmen, le gouvernement les empêche toujours d'accéder à leur source d'eau et de pratiquer la chasse.

    Les Bushmen ont déclaré à Survival que tant que ceux ayant injustement été expulsés ne seront pas autorisés à retourner de nouveau sur leurs terres et ne bénéficieront pas d’accès à l’eau et de permis de chasse, ils considéreront les diamants exploités par Gem comme empoisonnés. Un porte-parole bushmen a attesté : "Gem ment lorsqu’elle affirme agir en faveur des Bushmen. Ils se fichent de nous – ils ne travaillent qu'avec le gouvernement".

    Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd'hui : "Toutes les négociations entre les compagnies diamantifères et les Bushmen menées dans ces conditions sont un affront au concept de consentement libre, préalable et informé qui est le fondement même de la Déclaration des d

    Le prix Ibrahim 2008 accordé à l'ex-président du Botswana, Festus Mogae

    L'ancien président du Botswana, Festus Gontebanye Mogae, a reçu lundi le prix Ibrahim 2008 de la bonne gouvernance en Afrique pour avoir su faire bon usage des richesses, notamment en diamants, du sous-sol de ce pays d'Afrique australe miné par le sida.

    "Le remarquable leadership du président Mogae a permis de garantir au peuple botswanais la poursuite de la stabilité et de la prospérité dans un pays confronté à une pandémie de sida dont l'ampleur menaçait gravement son avenir", a déclaré l'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, en décernant le prix à Londres, devant un parterre de diplomates et journalistes.

    "Dans un continent où trop souvent la richesse des sous-sols s'est transformée en malédiction, le Botswana a su démontrer qu'un pays doté de ressources naturelles pouvait, par une gouvernance de qualité, parvenir à un développement durable", a ajouté M. Annan.

    Festus Mogae, 69 ans, a quitté le 1er avril la présidence du Botswana après une décennie à sa tête, au cours de laquelle son pays, premier producteur mondial de diamants, est devenu l'un des plus prospères d'Afrique, en dépit des craintes de voir ses progrès balayés par le sida.

    Tandis que d'autres, comme la Sierra Leone ou la République démocratique du Congo (RDC), n'ont pas su tirer les bénéfices de ce genre de ressources précieuses, le Botswana a diversifié son économie, encouragé l'exploitation d'importantes réserves de charbon et développé le tourisme sur la base des paysages et de la faune sauvage spectaculaires du pays.

    "Regardez la différence entre le Botswana et la Sierre Leone", a déclaré -en français- l'ancienne ministre guinéenne de l'Education, Aïcha Bah Diallo. "Ca, c'est la bonne gouvernance et la bonne éducation. Nous devrions nous réjouir qu'il y ait quelqu'un qui dise +mon pays est riche, je vais le partager+", a-t-elle ajouté.

    Toutefois, Survival International, organisation de défense des peuples indigènes dont le siège est à Londres, a critiqué la remise du prix à M. Mogae, dont le gouvernment a, selon elle, supervisé l'éviction des Bushmen du Kalahari de leurs terres en 2002.

    "La bonne gouvernance exige le respect des minorités", a déclaré le directeur de Survival International, Stephen Corry.

    Economiste habile, Mogae s'est fait le défenseur d'une gestion rigoureuse des dépenses publiques. Dans un de ses derniers discours au Parlement, il avait déclaré : "Aussi sûr qu'un noceur paie ses excès d'une gueule de bois au réveil, un châtiment encore plus sévère attend une nation qui dépense sans compter pour satisfaire des plaisirs immédiats au lieu d'investir dans un développement durable".

    Dans son dernier budget en février dernier, Mogae avait alloué plus d'un quart des dépenses à la lutte contre le sida. La pandémie a fait chuter l'espérance de vie de 65 ans à moins de 40 ans dans ce pays comptant 270.000 séropositifs sur moins de deux millions d'habitants.

    Mais les dernières années au pouvoir de Mogae ont été ternies par un long procès contre l'éviction des bushmen San de leurs terres ancestrales du désert du Kalahari.

    Le prix a été fondé en octobre 2006 par Mo Ibrahim, magnat britannique des télécommunications d'origine soudanaise. Il est décerné parmi des anciens chefs d'Etat ou de gouvernement de pays de l'Afrique subsaharienne qui ont été élus démocratiquement.

    Se disant "le prix annuel le plus richement doté au monde", il attribue au récipiendaire cinq millions de dollars sur dix ans, et par la suite une somme annuelle de 200.000 dollars à vie. La Fondation envisagera également de verser 200.000 dollars supplémentaires tous les ans pendant dix ans pour des activités d’intérêt public et des bonnes causes chères au coeur du lauréat.

    En octobre 2007, Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique, était devenu le premier Lauréat du prix Ibrahim.

     

    De Beers revient dans la réserve du Kalahari central: Survival International relance sa campagne

    Survival International relance sa campagne contre De Beers après avoir appris de source bien informée son retour dans la réserve du Kalahari central au Botswana. Son nouveau programme de prospection diamantifère sera dévastateur pour les Bushmen et l’écosystème de la Réserve. La zone de prospection est située à proximité de la communauté bushman de Metsiamenong.

    Ses précédentes tentatives d’exploitation minière dans la Réserve avaient déclenché dans le monde entier une campagne massive de protestation. Survival avait appelé au boycott de la compagnie, avait convaincu avec succès les mannequins Iman et Lily Cole de ne plus la représenter et organisé des manifestations lors de l’inauguration de ses boutiques à Londres et à New York.

    La campagne prit fin lorsque De Beers céda ses gisements d'une valeur de 1,6 milliards d'euros à Gem Diamonds, pour un montant de 25 millions d'euros.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui: " Nous sommes consternés d’apprendre le retour de De Beers dans la réserve alors que la question des Bushmen n'est toujours pas résolue. La compagnie pensait probablement pouvoir agir dans l’ombre. Des centaines de Bushmen continuent de languir dans les camps de relocalisation dans l’impossibilité de retourner chez eux, le gouvernement ne les autorisant ni à chasser ni à utiliser leurs sources d'eau. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider, en faisant pression sur De Beers et en persuadant l'opinion publique de boycotter ses diamants jusqu'à ce que les Bushmen puissent de nouveau avoir accès à leur terre et à leur eau. Il n’est pas concevable que les Bushmen donnent leur consentement libre et informé à l'exploitation minière alors que la plupart ne peuvent même pas rentrer chez eux.

    En 2006, les Bushmen ont gagné un procès sans précédent concernant leurs droits à vivre sur leurs terres ancestrales de la réserve du Kalahari dont ils avaient été expulsés par le gouvernement. La Haute Cour du Botswana a reconnu leur droit à vivre sur ces terres et à continuer d’y pratiquer la chasse et la cueillette. La pré

    Les Bushmen du Kalahari menacés par un incendie de brousse

    Un violent incendie de brousse qui se propage dans le Kalahari depuis une semaine, sans signe de répit, suscite une vive inquiétude pour les Bushmen du Botswana.

    Le feu s’étend rapidement dans les prairies desséchées du nord de la Réserve naturelle du Kalahari central, détruisant les melons qui fournissent une source d’eau vitale pour les Bushmen durant cette saison exceptionnellement sèche.

    Jumanda Gakelebone, porte-parole bushman a déclaré : « Il y a parfois des incendies, mais celui-ci est beaucoup plus important que les précédents. On essaie de l’éteindre, mais il avance trop rapidement. Leur vie [celle des Bushmen de la Réserve] va devenir très difficile parce que les melons vont brûler ».

    La menace est particulièrement grave, du fait du refus du gouvernement botswanais de permettre aux Bushmen d’accéder au puits qui se trouve dans la réserve. Les Bushmen ont utilisé ce puits comme principale source d’eau depuis des décennies jusqu’à ce que le gouvernement le détruise dans le cadre de sa politique visant à les expulser de leur territoire.

    Cela fait presque deux ans que le verdict d’un procès historique a confirmé le droit des Bushmen à vivre dans la Réserve. Mais le gouvernement continue à leur interdire l’accès à leurs puits.

    En revanche, une mine géante de diamants et des lodges touristiques sont prévus dans la Réserve et ces deux projets nécessiteront le forage de puits pour fonctionner.

    Le gouvernement dissuade le public de financer Survival

    Un porte-parole du gouvernement botswanais a appelé l'opinion publique à ne pas financer Survival en raison du soutien que l’organisation apporte aux Bushmen expulsés de la réserve naturelle du Kalahari central (CKGR).

    Clifford Maribe, du ministère botswanais des Affaires étrangères, a écrit dans le journal The Sunday Standard : "Je conseille à l'opinion publique, en particulier du Royaume-Uni, à ne pas faire de don à M. Corry [le directeur de Survival] ou à financer la campagne de Survival International contre le Botswana" car "ces fonds récoltés auprès de personnes confiantes renforcent cette campagne malveillante contre le Botswana et contre la relocalisation [des habitants] de la réserve naturelle du Kalahari central".

    M. Maribe a ajouté : "L'engagement du gouvernement botswanais pour améliorer le bien de tous ses citoyens et notamment [les Bushmen du Kalahari] reste inchangé".

    Récemment, le Comité des droits de l'homme des Nations-Unies et le Département d'Etat américain ont critiqué le comportement du gouvernement botswanais vis-à-vis des Bushmen. Les Nations-Unies ont exprimé leur inquiétude quant aux faits que le « droit au retour dans la CKGR soit conditionné à l'obtention préalable de documents d'identité et de permis de chasse spéciaux et que l’accès à l’eau soit interdit par l'Etat aux personnes en question ».

    Le rapport du département d’Etat américain établit que "l’interprétation abusive du jugement de décembre 2006 maintenue par le gouvernement a pour effet d’interdire à la majorité des San [Bushmen] précédemment expulsés de la réserve naturelle du Kalahari central (CKGR) d’y retourner et d’y pratiquer la chasse’.

    une compagnie de safari s’installe à proximité d’une communauté bushman

    Le gouvernement du Botswana a accordé à la compagnie « Safari & Adventure »  l’autorisation de construire un lodge touristique à proximité de la communauté bushman de Molapo, dans la réserve naturelle du Kalahari central.

    Ce lodge nécessitera de grandes quantités d’eau alors que les Bushmen ne sont pas autorisés à utiliser l'eau de leur unique puits. Les Bushmen expulsés de leur territoire en 2002 par le gouvernement ont obtenu en 2006 devant la Cour le droit de retourner chez eux mais le gouvernement les en empêche, notamment en leur interdisant de chasser et d'utiliser leur propre puits.

    Le droit international précise qu'aucun projet de développement ne peut être envisagé sur le territoire de peuples indigènes sans leur consentement préalable, libre et informé. Les Bushmen n'ont pas été consultés sur la construction d'un lodge pour touristes sur leur territoire.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : "Le gouvernement a l’indécence d’obliger les Bushmen à aller chercher l'eau à plus de 200 km de la réserve alors que les touristes prendront leurs douches et siroteront leurs cocktails juste à côté d’eux. Cette mesure est contraire aux droits fondamentaux de l’homme et est tout à fait illégale. Il est à espérer que les touristes se garderont de venir lorsqu’ils apprendront le sort réservé aux Bushmen ».

    La compagnie "‘Safari & Adventure" est basée en Afrique du Sud et opère également en Namibie et en Zambie.

    De l'eau dans le Kalahari pour les touristes... pas pour les Bushmen

    Des lodges pour touristes, nécessitant de grandes quantités d'eau, sont sur le point d'être construits sur le territoire des Bushmen du Kalahari alors que ces derniers ne sont pas autorisés à utiliser l'eau de leur unique puits.
    Le gouvernement a émis un appel d'offres portant sur trois sites à l'intérieur de la Réserve naturelle du Kalahari central (CKGR) pouvant accueillir des structures touristiques. L’un des ces sites se trouve à proximité de la communauté bushman de Molapo. Les compagnies Afro Ventures Botswana et Safari Adventure ont été invitées à se porter acquéreur de cette concession.

    Depuis que le gouvernement a détruit leur puits lors des expulsions de 2002, les Bushmen n’ont cessé de demander aux autorités de leur permettre de le réouvrir. Ils affirment qu'ils financeront eux-même ce puits mais les autorités refusent tout compromis prétendant que ce puits est la "propriété du gouvernement".

    Le gouvernement du Botswana a expulsé les Bushmen de leur territoire en 2002. Bien qu'ils aient légalement obtenu le droit de retourner chez eux en décembre 2006, les autorités continuent de les en empêcher en leur refusant d'exploiter leur puits dans cet environnement aride et inhospitalier.

    Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd'hui : "Le projet gouvernemental de construction de luxueux équipements touristiques dans la Réserve rend encore plus cruel son refus d'accorder aux Bushmen la gestion d'un puits. Les touristes qui pourraient être tentés de visiter le Kalahari changeront probablement d'opinion lorsqu'ils prendront connaissance du sort des Bushmen".

    Plusieurs puits ont déjà été forés en prévision de l’installation d'une mine d’un coût de 2,2 milliards de dollars qui sera exploitée par Gem Diamonds dans la communauté bushman de Gope.

    Kalahari : De l'eau pour les diamants, pas pour les Bushmen

    Au Botswana, dans la réserve naturelle du Kalahari central, plusieurs puits ont été creusés en prévision de l’exploitation d'une mine de diamant alors que les Bushmen qui vivent sur place n'ont pas le droit d'utiliser leur propre puits.

    Les puits exploratoires ont été créés dans le cadre de l’évaluation environnementale qui précède la construction par Gem Diamonds d'une mine de diamants de 2,2 milliards de dollars à Gope, une communauté bushman située à l'intérieur de la réserve. Plusieurs puits seront nécessaires au bon fonctionnement de la mine qui nécessitera d’importants volumes d'eau.

    Depuis que le gouvernement a détruit leur unique puits – Monthomelo situé dans la Réserve – pour les « encourager » à partir dans les camps de relocalisation, les Bushmen n’ont cessé de demander aux autorités de leur permettre de le réouvrir. Ce puits était leur principale source d'eau avant que le gouvernement ne les expulse illégalement de la réserve.

    Les Bushmen ont légalement obtenu le droit de retourner chez eux en décembre 2006 mais le gouvernement continue de les en empêcher en leur refusant d'exploiter leur puits dans cet environnement aride et inhospitalier.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : "Il n’y a qu’une seule explication au fait que le gouvernement autorise les compagnies minières à creuser autant de puits qu'ils le désirent et empêche les Bushmen d'en utiliser un seul – la terrible vengeance d'un gouvernement déterminé à éloigner les Bushmen de leur territoire ancestral et à les faire payer leur victoire devant la Haute Cour. Les diamants de cette mine seront un gage de haine et non d'amour".

    Nouvelle campagne de Survival : de l'eau pour les Bushmen

    Survival vient de lancer une nouvelle campagne demandant à ses milliers de sympathisant du monde entier d’écrire au nouveau président du Botswana, Lt Gen Ian Khama, pour l’exhorter à permettre aux Bushmen du Kalahari d’accéder à l'eau sur leur territoire.

    En 2002, lors de l'expulsion des Bushmen de la réserve naturelle du Kalahari central, le gouvernement avait condamné le puits de la communauté de Mothomelo qui représentait leur principale source d'eau.

    Après avoir gagné, en 2006, un procès historique au cours duquel leur expulsion avait été jugée illégale, les Bushmen avaient espéré pouvoir retourner chez eux. Mais le gouvernement refusa qu'ils utilisent le puits prétextant qu’il était la "propriété du gouvernement".

    Dans le même temps, un projet de mine de diamants d'un coût de plus de 2,2 milliards de dollars a démarré dans la réserve. La mine aura accès à toute l'eau nécessaire à son fonctionnement.

    Malgré le manque d'eau, certains Bushmen sont déjà retournés vivre dans la réserve. Une femme a témoigné : "Tout le monde a soif. C'est dur. Si vous avez encore un peu d'énergie, vous pouvez partir à la recherche de nourriture et de bois, mais si vous êtes vraiment assoiffé, vous ne pouvez pas. Vous devez vous asseoir à l'ombre, à l'intérieur de la hutte où il fait plus frais, parce que si votre soif augmente, vous serez entre la vie et la mort".

    Le Comité des droits de l'homme des Nations-Unies critique le Botswana sur la question des Bushmen

    Le Comité des droits de l'homme des Nations-Unies a désapprouvé la politique du gouvernement botswanais vis-à-vis des Bushmen. Il a exhorté le Botswana à s'assurer que «  le droit de retourner dans la réserve naturelle du Kalahari central (CKGR) soit accordé à toutes les personnes qui en ont été expulsées ».

    Jusqu'à présent, le gouvernement n’a autorisé le retour que des quelques Bushmen cités dans le jugement rendu par la Haute Cour en décembre 2006 à l’issue du procès qu’ils ont gagné, alors que des centaines d'autres doivent demander un permis. Le gouvernement a également interdit aux Bushmen d'utiliser leur puits qui leur était vital durant la saison sèche et de pratiquer la chasse à l'intérieur de la réserve.

    Le Comité, la plus haute autorité des Nations-Unies en matière de droits de l'homme, a exprimé son « inquiétude » quant au fait que le « droit au retour dans la CKGR soit conditionné à l'obtention préalable de documents d'identité et de permis de chasse spéciaux » et a déploré que « l'Etat ne permette pas l’accès à l'eau aux personnes en question ».

    Ces conclusions ont été rendues quelques jours seulement après qu'un rapport du département d'Etat américain ait condamné « l’interprétation abusive » du jugement de la Haute Cour faite par le gouvernement botswanais.

    Alexander McCall Smith rompt le silence sur les Bushmen

    Alexander McCall Smith, l'auteur de la série de romans policiers célèbres au Royaume-Uni "The No. 1 Ladies' Detective Agency" et dont l'action se déroule au Botswana, a pour la première fois pris publiquement position en faveur des Bushmen du Kalahari, comparant leur expulsion à "une tache dans l'histoire du pays".

    L'écrivain a déclaré dans un entretien au quotidien The Evening Standard : "La question des San [Bushmen] et de leur accès dans la réserve naturelle du Kalahari central est triste et bouleversante et les tribunaux botswanais ont pris position contre leur propre gouvernement dans cette affaire.

    "Tous ceux que je connais espèrent que cette tache dans l'histoire du pays trouvera une issue qui respectera les droits et les aspirations des San; j'espère vraiment que le gouvernement du Botswana en tiendra compte, et je suis certain qu’il le fera".

    Le mois dernier, l'avant première du film "The No. 1 Ladies' Detective Agency" à Londres avait été perturbée par des manifestants venus attirer l'attention sur la situation des Bushmen. Le film, réalisé par Richard Curtis et Anthony Minghella, récemment décédé, a bénéficié d'un important soutien du département touristique botswanais dont l’administrateur a déclaré que ce film "sera une vitrine pour la promotion des diamants du Botswana... et qu'il restaurera l'image ternie par la question de la CKGR [la réserve naturelle du Kalahari central]".

    Botswana

    Le président du Botswana, Festus Mogae, passe le flambeau ce mardi à son vice-président Ian Khama qui lui succède à la tête de cette nation de l'Afrique australe.

    Khama, 55 ans, est le fils du premier président botswanais, Seretse Khama. Il devient ainsi le 4e chef de l'Etat du pays, une énième passation de pouvoir pacifique qui vient davantage renforcer la réputation déjà acquise de nation stable dont bénéficie le Bostwana. Cela est d'autant plus remarquable que le président Mogae quitte volontairement le pouvoir environ 18 mois avant la fin de son mandat. Une première ? Pas au Botswana. En 1998, son prédécesseur, Quett Masire, avait lui aussi tiré sa révérence bien avant l'expiration de son mandat présidentiel. Une tradition donc dans un pays pourtant dominé par une formation politique, le Parti démocratique botswanais (BDP).

    La seule zone d'ombre de sa présidence, et elle est de taille, est le traitement des populations autochtones San, ou « Bushmen », dont l'habitat naturel dans le désert du Kalahari semblait menacé par des sociétés d'exploitation de diamants. En 2006 la Haute Cour du Botswana avait rendu un jugement en faveur des San, leur reconnaissant le droit de vivre dans la réserve. Ce jugement avait mis fin aux expulsions ordonnées par le gouvernement de Mogae, mais en 2007 l'ONG Survival International avait fait état d'intimidations envers ces populations. Et tout le monde sait bien qu'un génocide est en train de se produire...

    Le département d’Etat américain condamne “l’interprétation abusive” du Botswana

     

    Le département d’Etat américain a rendu public un rapport sur les droits de l’homme au Botswana. Il critique “l’interprétation abusive” du jugement de la Haute Cour faite par le gouvernement qui a interdit à la plupart des Bushmen ayant été expulsés de leurs terres de rentrer chez eux.

    Le rapport établit que l’attitude du gouvernement qui continue de nier le jugement de décembre 2006 ‘a pour effet d’interdire à la majorité des San (Bushmen) précédemment expulsés de la réserve naturelle du Kalahari central (CKGR) d’y retourner et d’y pratiquer la chasse’.

    Le rapport souligne également que la plupart des Bushmen qui étaient autorisés à retourner dans la réserve ne l’ont pas fait, en raison du manque d’eau dans la réserve. Il rappelle qu’en 2005, la police avait utilisé des balles de caoutchouc contre les Bushmen qui tentaient d’apporter de la nourriture et de l’eau à leurs proches restés à l’intérieur

    Visite du président Mogae à Paris

     A l'occasion de la visite en France des 20 et 21 mars 2008 du président du Botswana M. Festus Mogae, la section française de Survival International lui a rappelé le sort tragique des Bushmen du Kalahari et a appelé le gouvernement français à intercéder en leur faveur pour qu'ils puissent retourner vivre en paix sur leurs terres ancestrales.

    Survival a écrit à M. Bernard Kouchner, membre du comité d'honneur de Survival France, en lui demandant d'intervenir en faveur des Bushmen, ainsi qu'au président Nicolas Sarkozy qui a décoré Festus Mogae des insignes de Grand-Croix de commandeur de la Légion d'honneur pour le "modèle de démocratie et de bonne gouvernance" que représente le Botswana.

    Lors d'une conférence donnée par M. Mogae à l'Université de la Sorbonne, il a été interrogé par un porte-parole de Survival sur le sort des Bushmen et plus particulièrement sur la question de leur accès à l'eau à l'intérieur de la réserve du Kalahari central.

    Une manifestation a également été organisée devant le du siège du MEDEF où avait lieu une réunion de travail au cours de laquelle le président du Botswana rencontrait des entreprises françaises.

    Après avoir gagné un procès historique à l'issue duquel leur expulsion a été jugée illégale par la Haute Cour du Botswana, les Bushmen avaient espéré pouvoir retourner dans leurs anciens villages.

    Mais le gouvernement redouble d’efforts pour empêcher les Bushmen de rentrer chez eux. Il refuse notamment de les autoriser à pratiquer la chasse et à accéder à un puits situé à l'intérieur de la réserve, les obligeant à parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour se ravitailler en eau.
    Dans le même temps, un projet de mine de diamants d’un coût de plus de 2,2 milliards de dollars a démarré dans la réserve. La mine aura accès à toute l'eau nécessaire à son fonctionnement.

    Le Botswana, les Bushmen et les diamants...

    Paris accueille aujourd’hui le président du Botswana, un pays atypique par sa bonne gestion et sa prospérité économique. Mais c'est également un pays qui essaie de faire disparaître les derniers Bushmen qui ont pour seul défaut de vivre dans un désert infesté de diaments...

     C’est un de ces pays africains dont on ne parle jamais, bien qu’ils aillent relativement bien – ou peut-être parce qu’ils vont bien. Le Botswana, dont le président Festus Mogae a effectué les 20 et 21 mars 2008 une visite officielle à Paris, fait figure, sous bien des aspects, de modèle à l’échelon du continent.

    Démocratie stable et intègre – Transparency International l’a classé l’an dernier comme le pays le moins corrompu d’Afrique –, le Botswana est le premier producteur mondial de diamants. Il est aussi riche en minéraux (cuivre, nickel), en charbon et en pétrole. Ce vaste pays peu peuplé, enclavé au nord de l’Afrique du Sud, était pourtant, lors de son indépendance en 1966, l’un des 25 plus pauvres du monde. Il se classe désormais parmi les plus prospères du continent. Il a affiché, durant la période 1970-2000, une croissance annuelle moyenne de plus de 8 %, ce qui lui a permis de sortir en 1984 du groupe des pays les moins avancés (PMA).

    Ces données macroéconomiques exemplaires aux yeux des institutions internationales ne doivent pas occulter les fardeaux persistants du sida, qui touche près du quart de la population adulte, et de l’inégalité sociale. En la matière, le cas des Bushmen (Bochimans) est souvent soulevé. Ce peuple nomade de chasseurs-cueilleurs a fait l’objet en 1997 et 2002 d’expulsions de son territoire ancestral, dans la réserve naturelle du Kalahari central, pour faciliter la mise en œuvre d’un vaste projet d’extraction de diamants. Bien que leur expulsion ait été jugée illégale par la Haute Cour, les Bushmen ont été empêchés de retourner dans leurs anciens villages.

    Les dizaines de millions de carats de diamants tirés des quatre mines botswanéennes, pour une valeur de 1,6 milliard d’euros en 2006, rendent le pays dépendant de l’industrie minière et des cours mondiaux. Sa proximité avec la première économie subsaharienne, l’Afrique du Sud, d’où proviennent les trois quarts de ses importations, est aussi à double tranchant. Le gouvernement s’efforce de rendre la relation plus équilibrée : il vient par exemple de fonder une coentreprise avec le géant diamantaire De Beers en vue de trier, évaluer et commercialiser sur place une plus grande partie de la production. Confronté, comme l’Afrique du Sud, à une pénurie d’électricité, le Botswana s’apprête aussi à signer un accord sur la construction d’une centrale électrique au charbon d’une valeur de plusieurs milliards d’euros dont les trois quarts de la production devraient être exportés vers l’Afrique du Sud.

    Malgré son envergure modeste – moins de deux millions d’habitants –, le Botswana intéresse la France, qui y a ouvert une ambassade en 2001. Elle y voit un marché d’exportation sous-exploité, mais aussi un relais pour sa diplomatie d’influence, Gaborone abritant le secrétariat de l’organisation régionale, la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC). De son côté, le Botswana souhaite affermir son poids en Afrique et dans le monde, notamment en développant l’apprentissage du français. La signature, ce matin, d’une convention sur ce sujet sera le premier acte public accompli par le nouveau secrétaire d’État chargé de la coopération et de la francophonie, Alain Joyandet, entré en fonction hier.

    Festus Mogae, qui sera reçu cet après-midi par Nicolas Sarkozy, quittera ses fonctions à la fin du mois après deux mandats, à l’image de ses deux prédécesseurs depuis l’indépendance. Comme eux, il cédera la place à son vice-président et rejoindra le club, de plus en plus fourni, des présidents africains ayant quitté démocratiquement le pouvoir.

    Le président du Botswana à Paris : la France doit soutenir les Bushmen

    A l'occasion de la visite cette semaine en France du président du Botswana M. Festus Mogae, plusieurs organisations des droits de l'homme souhaitent évoquer le sort tragique des Bushmen du Kalahari et appelle le gouvernement français à intercéder en leur faveur pour qu'ils puissent retourner vivre en paix sur leurs terres ancestrales.

    Au cours de deux vagues d'expulsions en 1997 et 2002, le gouvernement du Botswana a chassé la plupart des Bushmen de leur territoire ancestral dans la réserve naturelle du Kalahari central et les a parqués dans de lointains camps de relocalisation.

    Après avoir gagné un procès historique au cours duquel leur expulsion a été jugée illégale par la Haute Cour du Botswana, les Bushmen avaient espéré pouvoir retourner dans leurs anciens villages.

    Mais le gouvernement redouble d’efforts pour empêcher les Bushmen de rentrer chez eux. Il refuse notamment de les autoriser à pratiquer la chasse et à accéder à un puits situé à l'intérieur de la réserve, les obligeant à parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour se ravitailler en eau.
    Dans le même temps, un projet de mine de diamants d’un coût de plus de 2,2 milliards de dollars a démarré dans la réserve. La mine aura accès à toute l'eau nécessaire à son fonctionnement.

    Jean-Patrick Razon, directeur de Survival France, a déclaré  : "Les autorités botswanaises souhaitent donner une image plaisante et pacifique de leur pays, mais la réalité pour les Bushmen est très différente. Ils ne connaissent plus que la répression, l'intimidation et la persécution de la part d'un gouvernement qui semble déterminé à ne pas les laisser rentrer chez eux en dépit de la décision de sa propre justice. J'espère que la France n'oubliera pas les Bushmen lors de la visite de M. Mogae et qu'elle l'exhortera à les autoriser à à retourner sur leur territoire".

    M. Festus Mogae doit notamment rencontrer Bernard Kouchner, membre du comité d'honneur de Survival France. Dans une lettre adressée aujourd'hui au ministre, Survival lui demande d'intervenir en faveur des Bushmen.
    Une manifestation sera prochainement organisée pour soutenir les droits des Bushmen.

    Rappelons que ces terres avaient été données aux Bushmen dans les années 60 parce qu'elles sont désertiques... Malheureusement pour les Bushmen, le sous-sol est riche de diamands...

    BOTSWANA; Les Bochimans toujours interdits de séjour sur leurs terres

    Expulsés voici dix ans de leurs territoires, les San ont constamment réclamé le droit d'y retourner. En 2006, la justice botswanaise leur a donné raison. Ils croupissent pourtant toujours dans des camps.

    M'étant rendue à plusieurs reprises dans la réserve du Kalahari central, au Botswana, je peux voir la différence entre le mode de vie indépendant que les Bochimans menaient autrefois et celui qu'ils ont aujourd'hui. En plusieurs vagues d'expulsion, échelonnées entre 1997 et 2002, le gouvernement les a chassés de leurs terres ancestrales et placés dans des camps. A vol d'oiseau, ces camps ne sont pas très éloignés du Kalahari : l'un d'eux est situé en bordure de la réserve et un autre à 60 kilomètres à l'ouest. Mais la nature accidentée du terrain fait qu'un Bochiman souhaitant regagner la réserve aurait plusieurs jours de marche devant lui.

    Même si le Kalahari est aride et inhospitalier, la région est d'une grande beauté. L'horizon est dégagé et, la nuit, on peut voir les constellations les plus fabuleuses, qui ont toutes un nom dans la langue des Bochimans. C'est aussi le lieu où reposent leurs ancêtres, ce qui revêt une très grande importance à leurs yeux. Autour des camps, il n'y a pas de vie sauvage : les terrains ayant été entièrement rasés, il n'en reste plus rien. Les San vivent dans de véritables camps de concentration, où sont entassées des milliers de personnes. Une femme de ma connaissance, qui est chamane, m'a expliqué qu'elle ne pouvait plus pratiquer les danses rituelles, car elle se trouve si loin des terres où résident les esprits de ses ancêtres qu'il lui est impossible d'entrer en communication avec eux.

    Ce qui, pour le gouvernement botswanais, était censé "apporter le développement aux Bochimans" a en fait l'effet contraire. Les ayant vus mener une vie autonome et heureuse sur leurs terres, j'ai eu du mal à leur rendre visite dans un environnement qui leur est aussi étranger que celui des camps. Ils n'ont rien à faire et vivent des rations d'aliments et d'eau qui leur sont fournies par l'Etat. Faute de pouvoir chasser, les hommes s'ennuient et sont déprimés. Coupés de tout ce qui a un sens pour eux, les San ont perdu leur autonomie. Les camps sont la preuve flagrante de leur malheur : ils sont pleins de shabeens (bars rudimentaires), où les Bochimans boivent du matin au soir. "Le matin, quand je me réveille et que je jette un regard en dehors de ma hutte, je me sens déprimé : je ne sais que faire de ma vie", m'a confié l'un d'eux. Les camps représentant un marché potentiel, ils reçoivent toutes sortes de fonctionnaires qui viennent y mettre en œuvre des programmes. Il y a aussi des visiteurs - des trafiquants d'alcool et des prostituées qui cherchent à tirer profit de la maigre indemnité accordée aux déplacés. Aussi les Bochimans sont-ils désormais exposés au sida et à d'autres maladies.

    En parlant avec les enfants, j'ai découvert en outre que l'enseignement ne leur était pas dispensé dans leur langue maternelle : ils se sentent perdus et malheureux dans cette école où on ne leur enseigne pas leur propre histoire.

    Une expulsion jugée anticonstitutionnelle

    Après des années de lutte pour tenter de convaincre le gouvernement de les laisser retourner sur leurs terres, les Bochimans ont intenté un procès en 2004 aux autorités. La décision rendue en leur faveur par la justice botswanaise a représenté une victoire historique. Elle reconnaissait officiellement que le Kalahari central était le territoire ancestral des San et que leur expulsion était anticonstitutionnelle et illégale. C'était la première fois qu'un tribunal botswanais admettait l'existence d'une "propriété autochtone", considérant que même si les populations du Kalahari n'avaient pas de papiers prouvant que ces terres leur appartenaient, ils n'en étaient pas moins leurs propriétaires légitimes puisqu'ils y avaient vécu pendant des millénaires.

    En vertu de ce jugement, les Bochimans doivent être à nouveau autorisés à pratiquer la chasse, activité qui leur avait été interdite par le gouvernement pour protéger la faune. La cour a considéré que le gouvernement avait agi illégalement en les empêchant de chasser, des enquêtes sur la réserve de faune sauvage du Kalahari central ayant révélé que la plupart des espèces d'antilopes avaient vu leur population augmenter au cours des dix années précédentes. A l'évidence, les San sont experts dans la pratique d'une chasse durable. Pourtant, depuis le verdict, le gouvernement s'efforce par tous les moyens d'empêcher le retour des déplacés sur leurs terres ancestrales. Il a restreint l'accès de la réserve et continue d'y interdire toute forme de chasse. Les Bochimans ne peuvent toujours pas y pénétrer sans laissez-passer et, au cours des derniers mois, plusieurs d'entre eux ont même été harcelés et torturés.

    Un autre problème crucial est celui de l'eau. Le puits de forage qui assurait l'approvisionnement en eau de la réserve a été scellé par le gouvernement, qui interdit aujourd'hui aux Bochimans de le rouvrir au motif qu'il s'agit d'une propriété de l'Etat. La majorité des Bochimans sont convaincus qu'ils ont été expulsés pour permettre l'exploitation des mines de diamants. Gope, l'un des villages de la réserve, recèle un important gisement. La licence d'exploitation, qui appartenait à la De Beers, a été vendue à Gem Diamonds, une nouvelle compagnie fondée avec d'anciens employés du diamantaire sud-africain et qui a annoncé son intention de procéder à l'exploitation du site.

    Selon plusieurs San avec lesquels je suis en contact depuis des années, il est clair que les expulsions ont été un préambule à l'exploitation des gisements de diamants de la région, ce qu'ils ont appris très tôt de la bouche même de fonctionnaires. Le gouvernement botswanais proclame qu'il a pris cette initiative pour favoriser le développement des San, investissant des millions de dollars pour chasser des populations de leurs terres ancestrales. Mais, comme disent les Bochimans, s'il s'agissait vraiment de favoriser leur développement, pourquoi ne pas nous l'avoir apporté ?

    Les Bochimans n'ont pas été consultés

    A l'heure actuelle, beaucoup de Bochimans ne sont ni pour ni contre l'exploitation des diamants. N'ayant jamais été consultés, ils n'ont pas eu l'occasion de se faire entendre. Si le gouvernement se décidait un jour à respecter le droit international - en particulier la convention de l'Organisation internationale du travail sur les peuples autochtones et la déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones -, il verrait qu'il existe des instructions précises sur la nécessité de consulter les peuples concernés pour toute opération entreprise sur leurs terres et d'obtenir leur consentement libre, éclairé et préalable. Les populations concernées doivent être informées des effets de ces opérations et des profits qu'elles pourraient en tirer.

    Je suis maintenant interdite de séjour au Botswana. A cause du soutien que j'ai apporté à l'organisation "Premiers habitants du Kalahari", les autorités botswanaises m'ont inscrite sur une liste noire de journalistes et de militants. Je m'étais rendue au Botswana en décembre 2006, au moment où la justice se prononçait sur l'expulsion des Bochimans. Mon interdiction de séjour m'a été notifiée immédiatement après. Alors que le monde entier s'intéresse au changement climatique et à l'avenir des forêts, les Bochimans du Kalahari, qui ont mis au point de fantastiques techniques pour préserver leur environnement, ont une foule de choses à nous apprendre.

    Libres ?

    Le gouvernement botswanais a réaffirmé fin novembre 2007 que les San n'étaient pas empêchés de regagner leurs terres ancestrales. "Tout Bochiman est libre de rentrer. Nous l'avons déjà dit clairement", a déclaré Clifford Mariba, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Il a ajouté : "Mais ceux qui ont fait ce choix ont renoncé à jouird'un large éventail d'infrastructures sociales offertes par le gouvernement."

     

    Les diamants des Bushmen...

    Des représentants de la firme-conseil Marsh Environmental Services ont entamé le 22 janvier 2008 un programme éclair de consultation de 12 jours à l'intérieur et à l'extérieur de la réserve naturelle du Kalahari central (CKGR) au Botswana. Cette visite s'inscrit dans le projet de développement d’une mine de diamant dans la réserve d’un coût de 2,2 milliards de dollars.

    En 2002, le gouvernement du Botswana a déplacé contre leur volonté plus de 600 Bushmen hors de la réserve; décision jugée depuis illégale et anticonstitutionnelle. Ces expulsions faisaient suite à celles, effectuées en 1997, de plusieurs centaines d’autres habitants de la réserve. Bien qu'un petit nombre d'entre eux aient pu retourner chez eux, la majorité se languit dans des camps de relocalisation à l'extérieur de la réserve. C'est dans ces camps que les Bushmen seront "consultés" à propos de la mine.

    La mine en question serait construite à proximité de Gope, une communauté bushman située dans la réserve. Si le projet aboutit, il affectera à la fois les terres et la vie des Bushmen. Survival International estime que les Bushmen ne sont pas en mesure de donner leur consentement préalable, libre et informé à la construction d'une mine sur leur terre natale alors qu'il n'y ont toujours pas accès.

    Les Bushmen ont obtenu le droit de retourner dans leurs communautés de la réserve en 2006 mais en réalité, le gouvernement du Botswana les en empêche en leur refusant le droit d’y chasser ou de rouvrir leurs puits. La plupart d’entre eux ne peuvent pénétrer dans la réserve sans autorisation préalable.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui :
    « Le droit au consentement préalable, libre et informé des peuples indigènes dans les programmes de développement qui les concernent est inscrit dans la législation internationale. Comment les Bushmen pourraient-ils donner librement leur consentement alors que la plupart d'entre eux ne peuvent pas vivre sur leurs terres et que ceux qui ont réussi à y retourner ne peuvent se procurer ni eau ni nourriture? »

    Cette position fait écho à celle de First People of the Kalahari (FPK), l'organisation locale bushman. Tout en exigeant que ces consultations ne soient faites qu'une fois les Bushmen rentrés chez eux dans la réserve, le FPK demande qu'une étude d’impact indépendante soit effectuée et rendue accessible aux Bushmen.

    Botswana : la mine de De Beers sur le territoire des Bushmen serait 100 fois plus grande que prévu

     Dans un prospectus distribué à la sortie d’un événement organisé par Survival à Londres, le gouvernement du Botswana affirme qu’une ‘petite zone à proximité d’un gisement, c’est-à-dire dans un rayon de 40 km, a été isolée’. Ce qui signifie qu’une superficie équivalant à 10% de la Réserve naturelle du Kalahari central est concernée.

    Le ministère botswanais des Ressources minières, de l’énergie et de l’eau avait déclaré en 2000 qu’une superficie de 46 km2, soit 0,09% de la Réserve, serait attribuée à une mine. Le propre rapport d’évaluation de l’impact environnemental de De Beers publié en 1999 affirmait que la surface concernée par les activités minières représenterait 35 km2 ou 0,07 % de la Réserve, tandis que The Botswana Gazette écrivait que la mine ne couvrirait que 20 km2, soit 0,04% de la Réserve.

     Le prospectus officiel assure également qu’il "n’est pas nécessaire de reloger des personnes qui vivent à 200 km de là". En réalité, aucune des communautés bushmen, dont les membres ont été expulsés en 2002, ne se trouve à plus de 115 km du site de la future mine et plusieurs en sont bien plus proches. L’une d’entre elles, Gope, se trouve sur le lieu même de la mine.

    Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré en 2006: "Bien que De Beers affirme le contraire, nous pensons que l’activité minière dans la Réserve se précise. Avant que ne débute la campagne de Survival en faveur des Bushmen, De Beers et le gouvernement ne cachaient pas leur projet d’activité minière. Leur discours a changé en 2002 lorsqu’il nous a été affirmé que le gisement n’était pas ‘économiquement viable’. Cet argument n’a plus cours aujourd’hui et on nous annonce même que 10% de la Réserve seraient concernés en cas d’exploitation minière. Nous estimons que la question porte aujourd’hui non seulement sur la destruction des Bushmen mais également sur celle d’une grande partie de l’une des plus importantes réserves naturelles africaines".

     

    L'appel des Bushmen à leur président

     A l’occasion du premier anniversaire de leur victoire judiciaire, les Bushmen de l’organisation First People of the Kalahari ont adressé au président du Botswana, Festus Mogae, une lettre ouverte dénonçant les méthodes du gouvernement visant à les empêcher de retourner sur leur territoire ancestral.

    Le 13 décembre 2006, les Bushmen ont obtenu le droit de retourner sur leur terre de la réserve naturelle du Kalahari central dont ils avaient été expulsés par le gouvernement en 2002. Le droit de chasse leur avait également été reconnu.

    Dans leur lettre, les Bushmen s’insurgent contre la répression gouvernementale leur interdisant d’utiliser leurs puits et de chasser et les contraignant à obtenir un permis de "visiteur" pour pénétrer dans la réserve.

    Ils exhortent le gouvernement à enquêter sur les cas de tortures, de brutalités et de harcèlement dont sont victimes les Bushmen qui vivent dans l’un des camps de relocalisation à l'extérieur de la réserve.

    les Bushmen demandent le remboursement de leurs frais de justice

    Les Bushmen du Kalahari ont déposé une requête aux fins d’interjeter appel auprès de la Haute Cour du Botswana pour le remboursement de leurs frais de justice par le gouvernement botswanais.

    En décembre 2006, les Bushmen ont gagné leur procès contre le gouvernement du Botswana. La Cour avait jugé que l'expulsion des Bushmen était "illégale et anticonstitutionnelle".

    Deux des trois juges avaient décidé que les Bushmen et le gouvernement devaient se partager les frais de justice. Le juge actuel a réservé sa décision mais s'il tranche en leur faveur, les Bushmen demanderont que le gouvernement rembourse la totalité des frais.

    Le gouvernement botswanais n’a toujours pas appliqué le jugement de 2006 et un an après leur victoire historique, la plupart des Bushmen croupissent encore dans les camps de relocalisation. Les Bushmen ont annoncé qu'ils intenteraient un nouveau procès au gouvernement s’il persistait à les empêcher de retourner chez eux.

    Vers un nouveau procès pour les Bushmen?

    Les Bushmen du Botswana ont annoncé le 20 novembre 2007 leur intention de retourner prochainement devant la justice si le gouvernement persiste à les empêcher de retourner chez eux.

    Les Bushmen gana et gwi ont été expulsés de leurs terres du Kalahari central en 2002 mais ils ont gagné l’an dernier un procès confirmant leur droit de retourner chez eux.

    Des centaines de lettres de protestation signées par les Bushmen ont été remises aujourd'hui au Département de la faune et de la flore du Botswana. Ils y dénoncent le refus du gouvernement de les laisser chasser pour nourrir leurs familles. Depuis leur victoire judiciaire en décembre dernier, 53 Bushmen ont été arrêtés pour avoir chassé.

    Le gouvernement interdit également aux Bushmen d'utiliser leurs puits et insiste sur le fait que seul un nombre limité d'entre eux peut retourner dans la Réserve. Bien que la Haute cour ait jugé que l'expulsion des Bushmen avait été illégale et contraire à leur volonté, le gouvernement a refusé de leur fournir des moyens de transport pour retourner chez eux.

    Un représentant de l'organisation bushman First People of the Kalahari a déclaré aujourd'hui : "Nous ne voulons pas continuer à nous battre devant les tribunaux. Ce n'est pas une solution pour résoudre nos problèmes. Mais nous avons le sentiment de ne pas avoir d'autre choix. Nous sommes désespérés".

    BOTSWANA: des Bushmen torturés racontent leur calvaire

     Malgré le verdict de décembre 2006, les Bushmen du Kalahari sont sont toujours persécutés par le gouvernement. Un groupe de Bushmen du camp de relocalisation de Kaudwane a été torturé et brutalisé. Sur les 15 hommes qui ont été arrêtés à la fin du mois de septembre pour avoir chassé, une dizaine a été torturée.

     Ces dernières arrestations portent à 53 le nombre de Bushmen inquiétés cette année pour avoir chassé. Le gouvernement ne leur a pas délivré un seul permis de chasse en 2007 alors que la Haute Cour du Botswana avait jugé ce refus illégal.

    La police et les gardes forestiers ont conduit trois hommes, Vitanon Mogwe, Mphato Mothoiwa et Nabedao Mamou, dans la réserve naturelle du Kalahari central et les ont fait courir dans le désert pendant plusieurs heures, sous une chaleur torride, en les suivant à bord de leurs véhicules. Ils les ont battu, les ont roués de coups de pied et ont étranglé Vitanon et Mphato à l’aide d’une chambre à air.

    A une autre occasion, trois hommes ont également été forcés de courir dans le désert. D'autres Bushmen ont été victimes de menaces et de mauvais traitements ou privés d'eau et de nourriture. Certains ont été contraints d’avouer avoir chassé sous la torture.

    L’un des gardes forestiers a menacé Mphato Mothoiwa : "Si tu ne nous dis pas la vérité, si tu n’avoues pas avoir tué un éland, tu subiras le même sort que Selelo". Selelo Tshiamo est mort en 2005 suite aux mauvais traitements et aux tortures que lui avaient infligés les gardes forestiers.   

    Les Bushmen ont gagné leur procès en décembre 2006, la Haute Cour du Botswana ayant déclaré qu'ils avaient illégalement été expulsés de leur territoire en 2002 par le gouvernement.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : "Ces trois dernières années, la police et le Département de la faune et la flore ont torturé ou battu au moins 63 Bushmen accusés de chasser et ils en ont arrêtés 53 depuis le début de l’année. Leur objectif est on ne peut plus clair : terroriser les Bushmen pour les dissuader de retourner chez eux. Cette politique de violence est nécessairement vouée à l'échec."

     (Suite)

    Le style de vie des San d'Afrique australe en danger

    Les San parcourent les savanes et les déserts d'Afrique australe depuis des milliers d'années, mais la façon de vivre traditionnelle de ces nomades chasseurs-cueilleurs est en voie d'extinction.

    Exploités au XXe siècle par les colons allemands, les San ou bushmen (hommes de la brousse) sont menacés par le chômage, la pauvreté, le Sida et l'alcoolisme.

    La détresse des San du Botswana a fait les grands titres lorsque le gouvernement les a expulsés de la réserve du Kalahari. Mais ceux de Namibie et d'Afrique du Sud n'ont guère mieux réussi à se préserver.

    Le tourisme offre une lueur d'espoir depuis que les agents de voyage ont découvert cette contrée reculée de Namibie, où Gcao Nari, de la tribu des Juhoansi, pratique encore l'art de tisser des perles faite de coquilles d'oeufs d'autruche.

    Signe des temps, les perles sont importées d'Afrique du Sud car il n'y a plus une seule autruche dans la région d'Otjozondjupa (nord-est). Dans la langue à clicks (sons produits avec les lèvres ou la langue contre les dents, ou contre le palais) des Sans, la vieille dame se réjouit cependant des tentatives d'y réintroduire du gibier: "Mes petits-enfants vont pouvoir apprendre à chasser à nouveau."

    La Namibie compte environ 30.000 Sans, essentiellement des tribus Haikom et Juhoansi. Leur population a chuté lorsque l'Allemagne a autorisé ses colons à s'approprier leurs terrains de chasse. Puis le territoire est passé sous le contrôle des Sud-Africains, à l'issue de la Première guerre mondiale et jusqu'à l'indépendance en 1990.

    "Ils utilisaient mon mari et d'autres hommes du village comme pisteurs à la frontière avec l'Angola, pour lutter contre les combattants de la libération", raconte Gcao Nari. "L'armée creusait des puits pour nous et éduquait nos enfants. Leurs docteurs en uniforme nous soignaient et mon mari touchait un salaire".

    D'autres Sans, des tribus Khwe et Vasekele d'Angola, servaient dans l'armée coloniale portugaise, puis ont passé la frontière après l'indépendance en 1975. Les Sud-Africains les enrôlent comme pisteurs ou soldats dans le "Bataillon Bushman", contre l'Armée de libération des peuples de Namibie (PLAN).

    Craignant des représailles du nouveau gouvernement namibien en 1990, un millier d'entre eux et leurs familles acceptent l'offre de Pretoria de s'installer à Schmidtsdrift, dans la province sud-africaine du Northern Cape. Ils y vivront dix ans, dans des tentes militaires, sans aucune infrastructure.

    En 1999, le président de l'époque, Nelson Mandela, leur remet les actes de propriété de terres voisines, à Platfontein, qu'ils ont achetées en groupant leurs allocations logement. Avec l'aide d'organisations non gouvernementales et des autorités, des maisons sont construites et trois ans plus tard, les San s'installent.

    Aujourd'hui, les 5.000 bushmen des tribus !Xu et Khwe restant dans l'aride Northern Cape survivent de subsides sociaux. Il y a peu de travail à Platfontein, pas de transport public jusqu'à Kimberley, à 10 km de là. Les maisons, sommairement bâties, laissent passer la pluie et le vent.

    "Je me sens en cage", déplore Monto Masako, 84 ans, nostalgique de son enfance. "Mon père m'a appris à chasser avec un arc et des flèches. Nous dormions dans la brousse. Libres. Mais tout ça a disparu."

    Beaucoup cherchent le réconfort dans l'alcool. Le Sida, la tuberculose, la délinquance et les grossesses précoces augmentent, selon les services sociaux.

    Comme en Namibie, il y a toutefois un espoir pour les jeunes. Des projets sont en cours, avec la création d'une compagnie de sécurité créant 300 emplois et d'un centre culturel et touristique.

    "Nous essayons de nous créer une nouvelle vie", explique le chef Mario Mahongo.

     

    BOTSWANA: l'offensive du gouvernement sur les chasseurs bushmen

    Selon l’organisation bushman First People of the Kalahari, six Bushmen  ont été arrêtés pour avoir chassé dans le camp de relocalisation de New Xade.

    Ces dernières arrestations portent à au moins 48 – dont la plupart depuis juin dernier – le nombre de Bushmen appréhendés pour avoir chassé depuis leur victoire judiciaire de décembre dernier. En décembre 2006, la Haute Cour botswanaise avait reconnu que les Bushmen avaient été illégalement expulsés de leur territoire dans la réserve du Kalahari central en 2002 et que le gouvernement avait violé la législation nationale en refusant d'accorder des permis de chasse aux Bushmen.

    Outre le refus de leur accorder des permis de chasse, les autorités refusent de leur procurer des moyens de transport pour retourner chez eux. Il leur est interdit d'utiliser leurs puits de la réserve et ils ne sont pas autorisés à rapatrier leurs petits cheptels.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : "Ces derniers mois, le gouvernement a considérablement renforcé la campagne de harcèlement qu’il mène contre les chasseurs bushmen. Il s'agit bien évidemment là d'une manœuvre destinée à empêcher les Bushmen de retourner chez eux. Tout porte à croire qu’il est déterminé à refuser les termes du verdict de la Haute Cour".
     (Suite)

    BOTSWANA: arrestations et maltraitances dénoncées par une organisation bushman

     Une organisation bushman de défense des droits de l'homme a dénoncé hier l'arrestation d’au moins 10 hommes du camp de relocalisation de Kaudwane et les violences qu'ils ont subies de la part des gardes forestiers pour avoir chassé.

     Un homme au moins, Motsoko Ramahoko, a été torturé par des fonctionnaires qui tentaient de le faire avouer d'avoir chassé sans permis.

    Motsoko Ramahoko avait témoigné au cours du procès devant la Haute Cour de justice qui a reconnu que lui et des centaines d'autres Bushmen  avaient été illégalement expulsés de leur territoire dans la réserve du Kalahari central. La Cour avait également statué que le gouvernement avait violé la législation nationale en refusant d'accorder des permis de chasse aux Bushmen.

    Malgré ce jugement, 43 Bushmen au moins ont été arrêtés cette année pour avoir chassé.

    A l’annonce du verdict en décembre 2006, Motsoko Ramahoko avait manifesté sa joie devant les représentants de Survival : "Je suis très heureux de pouvoir enfin retourner sur mon territoire". Pourtant, 10 mois plus tard, comme de nombreux autres Bushmen, il ne peut toujours pas rentrer chez lui.

    Le gouvernement refuse de délivrer des permis de chasse aux Bushmen et de leur procurer des moyens de transport pour retourner chez eux. Il leur interdit d'utiliser leurs puits dans la réserve et ne les autorisera pas à conserver leurs petits cheptels.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré : "La violence des gardes forestiers était devenue routinière. Elle s'est faite plus rare à l’annonce du verdict, mais elle est désormais de retour. Les autorités n'ont pas mené une seule enquête digne de ce nom sur ces cas de maltraitance. On ne peut que constater le mépris avec lequel le gouvernement considère le verdict de la Haute Cour, son propre vote en faveur de la Déclaration des droits des peuples indigènes des Nations-Unies et son prétendu respect des droits de l'homme. La réputation du Botswana décline de jour en jour et les organisations nationales des droits de l'homme restent silencieuses.

     (Suite)

    Les Nations unies reconnaissent les droits des peuples indigènes

    Le texte proclame le « droit à l'autodétermination » des peuples premiers. Les Etats-Unis, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont voté contre: cela va réduire considérablement la portée de ce texte car dans ces pays vivent de nombreux peuples autochtones. Au terme de plus de vingt ans de négociations, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté, jeudi 13 septembre, une déclaration symbolique reconnaissant de larges droits aux quelque 370 millions de personnes appartenant aux peuples autochtones, souvent marginalisés à travers le monde. Le texte proclame « le droit à l'autodétermination » des peuples premiers et réclame pour eux, le cas échéant, « des réparations ». Il vise notamment à protéger la spécificité de leur culture, l'intégrité de leurs terres, et à les prémunir contre toute discrimination. Les peuples indigènes du monde entier célèbrent le vote de l'Assemblée générale des Nations unies en faveur de la Déclaration des droits des peuples indigènes. Au cours d'un vote historique, la Déclaration a été approuvée à New York avec une écrasante majorité le 13 septembre 2007.

    Ce vote est l'aboutissement de 22 ans d'âpres débats et négociations. L'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada et les Etats-unis ont voté contre alors que 143 pays ont voté en sa faveur et 11 se sont abstenus.

    Le représentant de la France, Fabien Fieschi, s’est félicité de l’adoption de la Déclaration. Il a rappelé que " son gouvernement avait soutenu l’ensemble des engagements pris au niveau multilatéral en matière de promotion et de protection des droits des autochtones ".

    Jumanda Gakelebone, représentant bushman de l'organisation First People of the Kalahari a déclaré hier : " Nous souhaitons exprimer notre immense joie devant cette heureuse nouvelle. Les gouvernements ne pourront plus nous traiter comme des citoyens de seconde zone, ils ne pourront plus expulser les peuples indigènes comme nous l’avons été ".

    Kiplangat Cheruiyot, porte-parole des Ogiek du Kenya, a déclaré hier : " Avec l'adoption de la Déclaration, la vie des peuples indigènes a désormais autant de valeur que celle des autres citoyens du monde ".

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré à l'annonce du résultat du vote : " En reconnaissant les droits collectifs, la Déclaration des droits des peuples indigènes va instaurer des standards internationaux tout comme l'a fait, il y a 60 ans, la Déclaration universelle des droits de l'homme. Elle va devenir l’instrument de référence qui permettra d'évaluer l'attitude des Etats envers les peuples indigènes et nous avons bon espoir que ce vote inaugure une nouvelle ère où la violation des droits des peuples indigènes ne sera plus tolérée ".

    La Déclaration reconnaît aux peuples indigènes le droit de posséder leurs terres et de vivre comme ils le souhaitent. Elle stipule également qu'ils ne peuvent pas être expulsés de leur territoire sans leur consentement libre et informé. 

    La fille de Laurens Van der Post dénonce la persécution des Bushmen dans The Times

    Au moment où Survival relance sa campagne en faveur des Bushmen, un article paru dans The Times dénonce le refus du gouvernement botswanais de respecter la décision du tribunal dans le procès gagné par les Bushmen.

    Lucia Van der Post, la fille du célèbre écrivain d’origine sud-africaine, auteur de Le monde perdu du Kalahari (1958), a visité pour le quotidien britannique les camps de relocalisation bushmen et la réserve naturelle du Kalahari central.

    « Pourquoi », écrit-elle, « alors que je m’attendais à voir la joie des Bushmen rentrant chez eux, ai-je trouvé autant de gens qui continuaient à vivre dans ces campements poussiéreux ? Pourquoi sont-ils poursuivis pour avoir chassé alors que c’est leur unique moyen de subsistance ? Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de rouvrir les puits, les écoles et les hôpitaux qu’il a fermés ?

    « À New Xade [camp de relocalisation], il est impossible de trouver une seule famille qui ait les moyens de retourner chez elle. De nombreux jeunes doivent prochainement comparaître devant un tribunal pour avoir chassé sans autorisation et ne peuvent donc pas partir. D’autres n’ont ni voiture, ni essence… ».

    Lucia Van der Post conclue en ces termes : « Le jugement de la Haute Cour du Botswana est tout à fait légitime. Ce procès est celui d’un peuple qui exige dignité et respect et qui dit en substance : ‘Notre mode de vie est peut-être différent, mais il mérite le respect’. »

    BOTSWANA: Des chasseurs bushmen relaxés 4 Sep 2007

    21 Bushmen arrêtés en juin et juillet derniers pour avoir chassé pour nourrir leurs familles se félicitaient aujourd'hui que les charges retenues contre eux aient été abandonnées.

    Ils ont comparu hier devant un juge à Gantsi. Après que leur avocat ait plaidé en leur faveur, la police a retiré sa plainte.

    Pourtant, six Bushmen arrêtés la semaine dernière, toujours pour avoir chassé, doivent comparaître devant la justice.

    En décembre 2006, la Haute Cour du Botswana a jugé que les Bushmen avaient le droit de vivre à l’intérieur de la Réserve et que le gouvernement avait agi illégalement en refusant, en 2002, de leur délivrer des permis de chasse, puis en les expulsant de leurs terres.

    Bushmen

    Survival a soumis au Comité des droits de l’homme des Nations-Unies un rapport sur la réticence du gouvernement botswanais à mettre à exécution le verdict de la Haute Cour rendu en décembre 2006 en faveur des Bushmen du Kalahari.

    Le 30/08/07,  lors d'une session de travail du Comité, le Botswana fera l'objet d'un examen portant principalement sur son attitude à l’égard du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

    Depuis que le verdict a été rendu en décembre dernier, le gouvernement refuse d’autoriser les Bushmen à chasser dans la Réserve. 21 Bushmen ont récemment été arrêtés pour avoir chassé. Il leur interdit également de rapatrier leurs troupeaux de chèvres ou de puiser leur propre eau. Il prétend que seuls quelques Bushmen parmi ceux qui ont été expulsés ont le droit de retourner dans la réserve et refuse de leur fournir des moyens de transport.

    Le président du Botswana a rendu visite à de nombreux Bushmen expulsés pour tenter de les dissuader de rentrer chez eux.

    Le rapport conclue ainsi : « Survival International prie le Comité d’enjoindre le gouvernement botswanais à appliquer intégralement le verdict de décembre 2006 dans un esprit de justice et d’équité envers ses citoyens».

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : « En dépit du verdict de la Haute Cour, le gouvernement botswanais s’obstine à tenir les Bushmen à l’écart de leurs terres ancestrales. Seuls quelques uns d’entre eux ont eu le droit d’y retourner sans autorisation, mais ils ne peuvent ni chasser ni atteindre leurs réserves d’eau et n’ont pas pu emmener avec eux leurs troupeaux de chèvres. En d’autres termes, ils peuvent y retourner s’ils ne comptent ni boire ni manger ».

    Botswana: Bushmen Arrested For Hunting

    Bushmen Arrested For Hunting Despite Court Judgment

    Twenty-one Gana and Gwi Bushmen have been arrested by Botswana police for hunting on their ancestral land in the Central Kalahari Game Reserve in Botswana. The men were arrested during June and early July and were due to appear in court last week.

    Last December the High Court of Botswana ruled that the Bushmen had the right to live inside the reserve and that the government had acted against the law in 2002 when it refused to issue them with hunting permits and then evicted them from their lands.

    Justice Phumaphi said in his ruling, "the simultaneous stoppage of the supply of food rations and the issuing of SGLs [hunting licences] [was] tantamount to condemning the remaining residents of the CKGR to death by starvation."

    Since the judgment, the government has continued to insist that the Gana and Gwi do not have the right to hunt within the reserve. It has also refused to let the Bushmen use the water borehole on their land or to bring their few goats back into the game reserve.

    Of the approximately 700 people evicted from their land in 2002, more than a hundred have since returned home. Hundreds more remain afraid to do so.

    Survival International spokesperson, Jonathan Mazower, said today, "Why is the Botswana government still determined to keep the Bushmen out of their ancestral land, in spite of its own court's ruling and in spite of the continuing damage this is doing to the country's reputation? Why is it adding fuel to the fire by arresting men trying to feed their families? We can only hope that this time they won't be beaten and tortured as they have in the past."

    Des Bushmen du Botswana au parlement de Westminter pour plaider leur cause

    Le leader des Bushmen, un peuple de chasseurs-cueilleurs nomades du Botswana, est allé défendre le 23 mai 2007 au parlement de Westminster à Londres le droit des siens à retourner sur leur terre ancestrale.

    Le représentant des Bushmen, le roi Sesana, compte sur le soutien des députés britanniques pour que les Bushmen puissent regagner la réserve où ils vivaient, dans le désert du Kalahari, et qu'ils ont dû quitter suite aux vagues d'expulsions ordonnées par le gouvernement du pays en 1997, 2002 et 2005.

    Le Botswana est membre du Commonwealth et était jusqu'à son indépendance en 1966 un protectorat britannique.

    "Les Bushmen souhaitent que leurs droits soient reconnus et que des solutions soient trouvées rapidement", a déclaré à l'AFP, Kali Mercier, une militante de Survival International, ONG chargée de défendre les peuples tribaux.

    Un jugement de la Haute cour de justice du Botswana en décembre 2006 a autorisé les Bushmen à retourner sur leurs terres, en qualifiant d'illégal l'ordre d'éviction du gouvernement.

    Avant 1995, quelque 5.000 adultes et enfants vivaient dans une réserve du Kalahari. Mais à l'issue du jugement de la Haute cour, seul un millier de personnes a été autorisé à revenir sur les lieux.

    "A l'origine, les autorités justifiaient ces expulsions par le fait que des diamants avaient été trouvés dans cette réserve", a expliqué Kali Mercier.

    Mais le discours du gouvernement du Botswana a changé. Il affirme désormais vouloir aider ce peuple à adopter un mode de vie plus développé, a-t-elle précisé.

    Les Bushmen, qui vivaient autrefois dans toute l'Afrique australe ont vu leur territoire diminuer de plus en plus. L'expulsion de leur territoire menace leur mode de vie ancestral.

    "La situation des Bushmen est comparable à celle des Aborigènes en Australie et à beaucoup d'autres peuples à travers le monde", souligne Mme mercier.

    BOTSWANA: CNN : « Erosion de la démocratie » au Botswana

    Une dépêche de Reuters divulguée fin avril 2007 par CNN cite comme preuve de l’"érosion de la démocratie" au Botswana la façon dont le gouvernement traite les Bushmen du Kalahari et l’interdiction de séjour sur le territoire botswanais de 17 personnes parmi lesquelles des membres du personnel d'une célèbre ONG internationale.

    « La façon dont le gouvernement réagit à la bataille juridique très médiatisée menée par les Bushmen San – les derniers chasseurs-cueilleurs d’Afrique – a renforcé les inquiétudes sur son engagement envers la démocratie et les droits des minorités » indique la dépêche.

    « La Haute Cour du Botswana a, l’an dernier, déclaré illégale l’expulsion par le gouvernement des Bushmen San de leurs terres ancestrales et a jugé qu’ils devaient être autorisés à retourner sur leur territoire »,
    poursuit la dépêche.

    « Tout en assurant qu’il se conformerait à cette décision, le gouvernement a imposé des restrictions au droit des Bushmen à retourner sur leurs terres du Kalahari. »

    « Au début du mois, il a interdit au responsable de Survival International – un groupe de pression qui a soutenu les Bushmen dans leur combat – de séjourner dans le pays. La liste des personnes interdites de séjour comprend également John Simpson, rédacteur en chef des affaires internationales de la BBC, David White, l’ancien rédacteur en chef Afrique du Financial Times et un universitaire australien qui avait critiqué le gouvernement. »

    L’Institut des médias d’Afrique australe (MISA) a pressé le gouvernement botswanais de reconsidérer les restrictions à l’encontre des journalistes.

    La dépêche de CNN cite Siphamandla Zondi de l’Institut sud-africain pour le dialogue mondial (IGD) qui déclare : « La réponse du gouvernement botswanais à la dissidence évolue de manière inquiétante. Celui-ci devrait veiller à ce que ne se développe pas le sentiment que le Botswana est un pays sur la voie de la dictature et que sa démocratie durement gagnée est en péril. »

    Un leader bushman appelle l'Inde à protéger les Jarawa

    Roy Sesana, le leader des Bushmen qui ont gagné un procès historique contre le gouvernement du Botswana en décembre dernier, a appelé le gouvernement indien à protéger les Jarawa qui vivent dans les îles Andaman.

    Il exhorte le gouvernement indien à respecter le jugement de la Cour suprême rendu en 2002 qui ordonne la fermeture de la route traversant le territoire des Jarawa.

    "Des peuples indigènes du monde entier sont menacés par le développement que les gouvernements leur imposent contre leur gré. Le gouvernement indien doit respecter son honorable Cour qui a ordonné la fermeture de la route. Les Jarawa ont une relation intime à leur territoire et leur développement va de pair avec l'esprit qui les anime. Il est de la plus haute importance pour les peuples indigènes que soient respectés leur territoire, leur esprit et leur culture.

    "J'appelle le gouvernement indien à tenir compte des peuples indigènes. En Inde cohabitent de nombreux peuples aux croyances distinctes que chacun respecte, les peuples indigènes devraient donc aussi être respectés".

    Le gouvernement du Botswana a expulsé Roy Sesana et les siens, les Bushmen gana et gwi, de leur territoire en 2002 et les a contraints à vivre dans de sinistres camps de relocalisation. Les Bushmen ont porté plainte contre le gouvernement dans un procès devenu le plus long et le plus coûteux de l'histoire du pays. La Haute Cour du Botswana a décidé le 13 décembre 2006 que ces expulsions étaient « illégales et anticonstitutionnelles »

    Nations-Unies : les parcs naturels menacent les peuples indigènes d'Afrique

    Selon l'expert des Nations-Unies sur les peuples indigènes, les premiers habitants de l’Afrique, notamment du Botwana

    Le rapporteur spécial Rodolfo Stavenhagen a déclaré à l’agence de presse Reuters que les réserves naturelles ont bouleversé la vie des peuples de chasseurs-cueilleurs et de pasteurs nomades. Il a expliqué que même dans les pays où les droits des peuples indigènes étaient inscrits dans les législations nationales, les gouvernements africains s’étaient peu employés à garantir ces droits.

    "Les communautés [indigènes] sont au bord de la destruction, de la dispersion. Leurs droits ne sont pas assez protégés".

    Rodolfo Stavenhagen a indiqué que les pressions exercées sur les peuples indigènes, notamment de la part des gouvernements qui les empêchent de revendiquer leurs droits territoriaux, "affaiblissent ces communautés à tel point qu'elles ne ne survivront pas longtemps". et du Kenya, sont "au bord de la destruction" en raison de l’expansion des parcs naturels.

    BOTSWANA: Un porte-parole bushman se rend à Londres pour dénoncer l'interdiction d'utiliser l’eau dans le Kalahari

    Tandis que se prépare la journée mondiale de l'eau – le 22 mars – sous l’égide de l’Unesco, le gouvernement botswanais interdit aux Bushmen du Kalahari d'utiliser leurs propres ressources d'eau. Un porte-parole bushman doit se rendre prochainement à Londres pour dénoncer cette mesure.Le procureur général du Botswana a répondu par la négative à la requête des avocats des Bushmen concernant l’installation d’une pompe à eau dans un puits de forage déjà existant dans la Réserve naturelle du Kalahari central. Il justifie sa décision par le fait que ce puits est la propriété du gouvernement.

    En décembre dernier, la Haute Cour du Botswana avait décidé que les Bushmen avaient le droit de vivre sur leur territoire et que leur expulsion de la réserve en 2002 était illégale. Les Bushmen souhaitent désormais assurer eux-mêmes leur approvisionnement en eau, à leurs propres frais.

    Jumanda Gakelebone, de l'organisation bushman First People of the Kalahari, a déclaré aujourd'hui : "La Cour a jugé que nous pouvions retourner sur notre territoire, mais nous constatons que le gouvernement fait tout ce qu'il peut pour nous en empêcher. Pourquoi nous interdire l’usage d’un puits que personne d'autre n'utilise? Nous ne pouvons pas vivre sans eau dans le Kalahari".

    Kofi Annan, l'ex-secrétaire général des Nations Unies, avait décrit le droit à l'eau comme "un besoin fondamental de l'homme et un droit humain élémentaire".
     (Suite)

    votre commentaire
  •  

    Les derniers hommes du Kalahari de Rupert Issacson, traduit de l'anglais par Esther Ménévis.

    De mère sud-africaine et de père originaire de l'ancienne Rhodésie, l'écrivain et journaliste Rupert Isaacson a été nourri et bercé par l'Afrique, sa culture, ses légendes et ses contes. Cette magie ressentie dès l'enfance lui a donné envie d'aller à la rencontre des derniers Bushmen, au Kalahari, étendue désertique entre l'Afrique du Sud, le Botswana et la Namibie. Ce livre est autant le récit du fabuleux voyage qui a transformé sa vie que l'histoire déchirante de la lutte d'un peuple pour sa survie. Car la réalité des Bushmen est à mille lieues du mythe : traumatisés par des années de génocide, ils sont chassés de leurs terres, menacés dans leur identité même. Rupert Isaacson a rencontré ces hommes et ces femmes qui vivent encore de chasse et de cueillette et se battent pour sauvegarder la culture de leurs ancêtres, l'une des plus anciennes de l'humanité. Un extraordinaire héritage spirituel où les chamanes ont le pouvoir de se transformer en lion ou en léopard, sur fond de chants sacrés. Engagé aux côtés du Survival dans la lutte pour la reconnaissance des droits des Bushmen, l'auteur raconte l'histoire déchirante d'un peuple chassé de ses terres, menacé dans son identité même, aux confins de l'Afrique du Sud, du Botswana et de la Namibie.

    Ed. Albin Michel, coll. Latitudes, 2008, 306 p.


    votre commentaire
  • Au coeur de la sécheresse. Comment les Bushmen peuvent-ils nous aider à affronter la période à venir de sécheresse permanente? "Heart of Dryness"

    Ce livre est relativement intéressant, même si je regrette qu'une partie soit consacrée à la vie l'auteur, dont on a que faire... Mais bon, les livres américains sont souvent comme ça. lol

    “We don’t govern water. Water governs us,” writes James G . Workman. In Heart of Dryness, he chronicles the memorable saga of the famed Bushmen of the Kalahari—remnants of one of the world’s most successful civilizations, today at the exact epicenter of Africa’s drought—in their widely publicized recent battle with the government of Botswana, in the process of exploring the larger story of what many feel has become the primary resource battleground of the twenty-first century: the supply of water.

    The Bushmen’s story could well prefigure our own. In the United States, even the most upbeat optimists concede we now face an unprecedented water crisis. Reservoirs behind large dams on the Colorado River, which serve thirty million in many states, will be dry in thirteen years. Southeastern drought recently cut Tennessee Valley Authority hydropower in half, exposed Lake Okeechobee’s floor, dried up thousands of acres of Georgia’s crops, and left Atlanta with sixty days of water. Cities east and west are drying up. As reservoirs and aquifers fail, officials ration water, neighbors snitch on one another, corporations move in, and states fight states to control shared rivers.

    Each year, around the world, inadequate water kills more humans than AIDS, malaria, and all wars combined. Global leaders pray for rain. Bushmen tap more pragmatic solutions. James G . Workman illuminates the present and coming tensions we will all face over water and shows how, from the remoteness of the Kalahari, an ancient and resilient people is showing the world a viable path through the encroaching Dry Age.


    votre commentaire
  •    Qui sont les Bushmen? Dans l'Afrique australe post-apartheid, les discours se réajustent, les clichés encore tenaces s'estompent peu à peu. Les Bushmen ne sont ni " ces hommes de la brousse " hors du temps, isolés dans le désert du Kalahari, ni " ces témoins vivants de la Préhistoire " qui reproduiraient, dans une éternelle genèse, les mêmes gestes, les mêmes rites, les mêmes mythes. Les Bushmen ont une histoire, ce que rappelle cet ouvrage à travers l'analyse de pratiques, passées et actuelles. Objets, peintures rupestres, rituels, littérature orale et musique sont appréhendés comme autant d'outils participant de la dynamique et de la pluralité des sociétés bushmen, à la fois actrices et spectatrices de leur propre histoire. Posant un regard critique sur le jeu de miroirs qui n'a cessé de déformer l'image des Bushmen jusqu'à les caricaturer, l'ouvrage propose une réflexion sur leur propre conscience historique. En examinant comment ils conçoivent et construisent le temps, pour eux-mêmes et dans leurs relations aux autres, il s'agit de montrer combien les Bushmen sont, et ont toujours été, nos contemporains.

     


    votre commentaire
  •  Botswana's democracy is often considered to be a comparatively advanced and positive example of an African state in terms of political culture and the notion of "good governance". This title challenges the assumption that the country's current political and socio-economic system is, in fact, exemplary. It highlights some of the limitations by focusing on the particular situation of the Bushmen/San as a marginalized minority denied citizens' rights and losing out against the material interests accompanying the exploration and exploitation of diamonds, the most lucrative natural resource contributing to Botswana's "success story".

     


    votre commentaire
  •  

    Une mort annoncée : A la rencontre des Bushmen, derniers chasseurs-cueilleurs du Kalahari de Marylène Patou-Mathis

    Un très beau livre vient de paraître chez Perrin, France sur les Bushmen du Botswana.

    Une mort annoncée : A la rencontre des Bushmen, derniers chasseurs-cueilleurs du Kalahari

    de Marylène Patou-Mathis 

    Au Kalahari, au Botswana vit l'une des dernières populations de chasseurs-cueilleurs, les Bushmen, ou plutôt les San, selon leur véritable nom. Marylène Patou-Mathis, préhistorienne, a partagé plusieurs mois la vie de ce peuple pacifique, qui parle une langue à clics et perpétue un mode de vie ancestral fondé sur la chasse aux animaux sauvages et la cueillette de plantes comestibles. Conscients de la singularité de leur existence hors de tous les schémas contemporains, les San se battent désormais pour la protéger. C'est le récit émouvant de cette rencontre que Marylène Patou-Mathis fait ici, preuve s'il en est qu'il est possible de regarder et de percevoir le monde autrement.

     

     


    votre commentaire
  • The book deals with the relationship between the government of Botswana and its indigenous minority, known as Bushmen, San, Basarwa, or more recently N/oakwe, and tries to understand why the San people remain a marginalized minority in a country that since independence in 1966 has committed itself to a democratic and non-racial agenda. While there have been dozens of books published on the ethnography of the San, this is the first book that places them in the comparative context of indigenous peoples struggle for recognition. An in-depth documentation and analysis is given of a series of events in 1992 and 1993 that were crucial in establishing San indigenous organizations and identities.

     

    SAUGESTAD, Sidsel: “The Inconvenient Indigenous: Remote Area Development in Botswana, Donor Assistance and the First People of the Kalahari”, Nordic Africa Institute, February 2001, 230 pages


    votre commentaire
  • La fin tragique des Bushmen

     
     
    Les derniers hommes vivants de l'âge de la pierre, écrit par Victor Ellenberger aux éditions Amiot-Dumont (1953). Broché, 268 pages.
     

    Peuples autochtones d'Afrique : et objectifs du millénaire par Groupe international de travail pour les peuples autochtones (GITPA), l'Harmattan, 2007, 129 pages

    Examen critique des effets des politiques de développement sur les peuples autochtones d'Afrique. Les ODM (Objectifs de développement du millénaire) visent à éradiquer la pauvreté et la faim et à assurer un enseignement primaire universel mais ils ne tiennent pas compte des situations particulières des peuples, lésés dans leurs droits sociaux et culturels, et privés de leurs ressources naturelles.

     

    50° déserts brûlants de Philippe Frey ed. Hachette 2007

    Ethnologue spécialiste des déserts, l'auteur livre ici le récit des moments les plus intenses qu'il a vécus tout au long des 40.000 kilomètres parcourus dans tous les déserts du monde. Il évoque notamment l'adaptation de l'homme dans ce milieu extrême et les secrets de ses habitants : les Bushmen du Kalahari, les Aborigènes d'Australie, les peuples nomades du Sahara...

    Qu'est-ce qu'un peuple premier ? par Clément, Catherine, ed Panama, 2006, 225 pages

    Une synthèse sur la disparition des peuples premiers tels que les Sioux, Yanomamis, Massaïs, Aborigènes et sur leurs moyens pour lutter contre la dégradation de leur cadre de vie et la disparition de leur culture.

    La nouvelle question indigène : peuples autochtones et ordre mondial

    La nouvelle question indigène : peuples autochtones et ordre mondial
    dirigé par Jean-Claude Fritz, Frédéric Deroche, Gérard Fritz, Raphaël Porteilla
    préface de Julian Burger
    publié par Centre d'étude et de recherche politiques de l'Université de Bourgogne (CERPO), ed. l'Harmattan

    Etudes sur l'émergence contemporaine de la notion de "peuples autochtones", la diversité de leurs dynamiques historiques (Amérique andine, Afrique australe, Inde...) et leurs revendications. S'attache aussi au double défi lancé par ces peuples à l'ordre mondial : l'obligation de leur donner leur juste place au sein de l'humanité et la nécessité de s'inspirer de la richesse de leurs cultures.

    Depuis plus de dix ans, au sein du Centre d'Etude et de Recherche Politiques (CERPO) de l'Université de Bourgogne, une équipe d'enseignants-chercheurs, de doctorants et de membres associés, animée par Jean-Claude Fritz, consacre ses travaux à ceux que l'on a d'abord appelés "peuples indigènes" et que l'on tend de plus en plus à qualifier de "peuples autochtones". Les recherches de ce groupe visent essentiellement à étudier le double défi que ces peuples lancent à l'ordre mondial : d'une part, l'obligation de leur donner, en respectant leurs identités et leurs modes de vie, leur juste place au sein de l'humanité et d'autre part, la nécessité de s'inspirer de la richesse de leurs cultures et de leurs valeurs pour permettre aux hommes de vivre en bonnes relations entre eux et avec la nature au moment où il devient urgent que cet ordre mondial se réorganise sur des bases radicalement différentes.
    Dans cette perspective, depuis quatre ans, cette même équipe s'est vue confier par le Haut Commissariat aux Droits de l'Homme des Nations Unies à Genève, avec lequel l'Université de Bourgogne a établi un partenariat, la tâche d'assurer une formation pour les cadres des organisations représentatives autochtones de l'ensemble du monde francophone. A l'occasion des sessions annuelles, les rencontres avec les membres de ces peuples ont permis de nouer des liens amicaux et d'établir un réseau de relations. L'équipe a ainsi pu enrichir sa documentation, confronter sa réflexion avec des témoignages directs et donc approfondir sa compréhension des problèmes de ces communautés.

    Droits territoriaux des peuples autochtones par Groupe international de travail pour les peuples autochtones, l'Harmattan, 2005, 123 pages

    Rassemble des articles sur la situation actuelle en matière de droits territoriaux autochtones. Depuis une vingtaine d'années, les communautés se mobilisent afin de conserver leurs terres. Les enjeux économiques et sociaux des terres dites ancestrales, l'évolution du droit, les mesures prises en faveur des autochtones ou les actions en cours sont abordées, en Afrique, en Asie ou en Amérique.

    Disorderly development : Globalization and the idea of "culture" in the Kalahari

    Disorderly development : Globalization and the idea of "culture" in the Kalahari
    Sylvain, Renee, University of Guelph, Canada.
    American ethnologist, vol. 32, no. 3, pp. 354-370, 2005

    The San (Bushmen) of southern Africa are currently engaged in global activism and local struggles for rights as indigenous people. As their identity becomes globalized, the San are encouraged to promote a stereotypical image of themselves as isolated, pristine primitives. In this article, I argue that primordial expressions of San identity reflect the globalization of an essentialist idea of culture. I examine how this idea of culture is instrumentalized in local contexts of disorder and corruption. Finally, I outline how disorder and primordialism combine to sustain systems of inequality for an underclass of farm San in the Omaheke Region of Namibia.

    The Broken String: The Last Words of an Extinct People

    The Broken String: The Last Words of an Extinct People by neil Bennun Publisher: Penguin Books , 2005

    Botswana : Are the San/Bushmen entitled to occupy their ancestral lands ? Essay on exotic pastiche

    Botswana : Are the San/Bushmen entitled to occupy their ancestral lands ? Essay on exotic pastiche
    Radipati, B. D. D. Department of Law, University of Botswana, Gaborone, Botswana.
    L'Afrique politique, pp. 245-254, 1998

    En dépit du fait qu'ils sont officiellement reconnus comme les plus anciens occupants de l'espace territorial botswanais, les San-Bushmen sont toujours aujourd'hui dépossédés de leurs terres, discriminés et marginalisés, la loi échouant encore à garantir leurs droits. La meilleure protection pour les San-Bushmen consisterait-elle alors à revigorer leur mode de vie et leur organisation sociale partout où ils sont implantés, de sorte qu'ils puissent s'affirmer en tant que communautés et individus et donc en tant que citoyens à part entière .

    Bushmen's decision to relocate the people of the Central Kalahari Game Reserve : concensus or genocide ?

    Bushmen's decision to relocate the people of the Central Kalahari Game Reserve : concensus or genocide ?
    Hitchcock, R.1
    Indigenous affairs, no. 3, pp. 44-47, 1996

    Les efforts des gouvernements pour déloger des populations de leurs terres ancestrales ont abouti à la dépossession de populations résidentes ou à la restriction de leurs droits d'accès aux ressources naturelles. Cet article présente un processus de ce type mené en République du Botswana, où le gouvernement a informé des habitants de la Central Kalahari Game Reserve, en février 1996, qu'ils seraient relogés en dehors de la réserve ; réserve qui fut à l'origine conçue pour protéger les droits des populations locales (G/wi, G//ana Basarwa ou Bushmen et Bakgalagadi). L'impact d'une telle mesure affecte non seulement les populations déplacées mais également les populations voisines ainsi que les populations occupant l'aire de relogement. L'article aborde les raisons invoquées et les négociations autour de ce déplacement de population menées depuis 1986, et cite les acteurs internationaux qui se sont opposés à cette mesure

    Kalahari communities: Bushmen and the politics of the environment in Southern Africa

    Kalahari communities: Bushmen and the politics of the environment in Southern Africa
    Hitchcock, Robert K.
    IWGIA document, no. 79, 98 pp., 1996

    Gouvernements, banques de développement multilatéral, agences internationales, organisations environnementales doivent prendre en considération les droits des peuples indigènes et les conséquences de leurs actions pour les populations locales. Le cas des Bochimans (Basarwa, San, Khwe) d'Afrique de sud illustre bien certains des types de problèmes et d'opportunités auxquels doivent faire face les minorités d'Afrique : ils ont tendance à être très pauvres, se caractérisent dans bien des cas par des taux élévés de chômage, de faibles revenus et des niveaux de vie relativement bas. Ils vivent généralement dans des régions isolées et ont un accès limité aux services sociaux. Les taux de pauvreté sont élevés et ils trouvent généralement dificilement des terres. Ceux qui ont rejoint spontanément des camps privés ou sponsorisés par le gouvernement connaissent des problèmes de santé et de stress nutritionnel, des taux élevés d'alcoolisme et des degrés significatifs de conflit social. D'un autre côté, certains groupes indigènes, parmi lesquels un certain nombre de bochimans, développent de nouvelles stratégies de promotion de l'aide, d'augmentation des revenus et de conservation des ressources nature

    When Bushmen are known as Basarwa: gender, ethnicity, and differentiation in rural Botswana

    When Bushmen are known as Basarwa: gender, ethnicity, and differentiation in rural Botswana
    Motzafi-haller, P.
    American ethnologist, vol. 21, no. 3, pp. 539-563, 1994

    Etude du groupe de « Basarwa » (Bushmen), résidents permanents d'un village tswana (Tamasane, Est du Botswana) et du processus historique qui les a maintenus dans une position de marginalisation par rapport à leurs voisins. Analyse des relations dynamiques entre la définition culturelle de l'identité sarwa et son fondement matériel et social dans la reproduction du groupe domestique.

    Statement on behalf of the first people of the Kalahari : Bushmen of Southern Africa

    Statement on behalf of the first people of the Kalahari : Bushmen of Southern Africa
    Hardbattle, J. K.; Veber, Hanne (Editor, Editeur scientifique)1; Dahl, Jens (Editor, Editeur scientifique); Wilson, Fiona (Editor, Editeur scientifique); Waehle, Espen (Editor, Editeur scientifique)
    IWGIA document, no. 74, pp. 141-147, 1993

    Lors d'ue rencontre officielle entre un ministre du Botswana et une délégation représentant les N/oakwe, la langue setswana fut utilisée alors que les membres de la délégation ne la parlaient pas. Furent abordés le problème des distances entre les différents villages n/oakwe et la nécessité de logistiques comme les 4x4, seuls moyens de communication. Les indigènes sont progressivement expulsés de la Central Kalahati Game Reserve sans aucune compensation et les N/oakwe souffrent de ne pas être reconnus comme indigènes. Même leur soit-disant représentant politique les exploite

    Bush for the Bushmen by John Perrott

    Publisher: Beaver Pond Publishing

    Labour, Language and Power in the Construction of Ethnicity in Botswana

    Labour, Language and Power in the Construction of Ethnicity in Botswana
    Wilmsen, E. N.; Vossen, R.
    Critique of Anthropology, vol. 10, no. 1, pp. 7-37, 1990

    L'évolution des solutions interethniques et la formation des classes sociales selon un clivage ethnique au Botswana depuis l'époque coloniale. A la domination des Tswana sur les autres ethnies et en particulier sur les Bushmen du Kalahari correspond une domination de leur langue et même une modification phonétique de celle des Bushmen. L'évolution économique place les ouvriers dans la position la plus favorisée et les petits agricultuers en bas de la hiérarchie

    Homme-femme : différenciation et complémentarité chez les Kua (Bochiman) de la Réserve centrale du Kalahari, au Botswana

    Homme-femme : différenciation et complémentarité chez les Kua (Bochiman) de la Réserve centrale du Kalahari, au Botswana
    Valiente-noailles, C.
    Musée d'Ethnographie de la Ville de Genève. Bulletin Annuel, no. 31-32, pp. 35-64, 1988

    Division sexuelle des rôles (mais absence de hiérarchie sexuelle) pour les différentes activités de subsistance et implication des catégories de sexe dans l'éthique quotidienne des relations interpersonnelles. Symbolisme des principes masculin et féminin, en relation avec la chasse, le territoire, l'environnement, la mythologie


    votre commentaire