• Le Botswana nie vouloir expulser des Bushmen pour créer un corridor écologique

    Le gouvernement du Botswana a démenti dimanche avoir l'intention d'expulser des centaines de Bushmen de leurs terres pour créer un corridor écologique pour la migration des animaux, comme l'a affirmé l'ONG britannique Survival International.

    Survival International avait assuré vendredi que plusieurs centaines de Bushmen, issus de la communauté de Ranyane, dans une zone reculée du sud du Botswana, étaient menacés d'expulsion par un projet gouvernemental destiné à préserver l'écosystème forestier local et à promouvoir le tourisme dans ces magnifiques paysages de savane semi-aride.

    "Le gouvernement du Botswana n'a aucun projet de déplacement de ceux qui souhaitent rester à Ranyane", a assuré dimanche son porte-parole, Jeff Ramsay, dans un communiqué, qualifiant Survival International "d'organisation néo-apartheid basée à Londres".

    Les Bushmen, population indigène d'Afrique australe, vivent de chasse et de cueillette, produisent leur propre nourriture et ont un accès limité aux soins.

    Survival International avait fait état vendredi d'informations selon lesquelles des responsables du gouvernement local allaient envoyer des camions pour expulser des centaines de Bushmen de Ranyane et procéder à la destruction de leurs maisons.

    Le projet contesté par Survival est le corridor écologique du Western Kgalagadi. Son but est de protéger des zones sauvages entre le parc transfrontalier du Kgalagadi (KTP, Sud) et la Réserve centrale du Kalahari (CKGR, centre), afin d'offrir un couloir de migration aux grands ongulés.

    Selon Survival International, le président du Botswana Ian Khama siège au directoire de l'organisation américaine Conservation International qui met en oeuvre ce corridor.

    Selon le porte-parole du gouvernement, la plupart des habitants ont demandé à être relogés.

    Les autorités ont eu cinq rencontres avec les Bushmen de Ranyane, qui seraient au nombre de 182 selon des chiffres officiels.

    A partir de 1997, des communautés bushmen ont été expulsées hors de la réserve animalière du Kalahari (CKGR) pour protéger ce parc naturel, le deuxième plus grand du monde.

    Des actions en justice ont permis aux Bushmen ou San d'obtenir en 2006 le droit de revenir sur leurs terres, puis en 2011 le droit de forer de nouveaux puits d'eau Un retour qui est resté largement un mirage, faute d'eau mais aussi de candidats à une réinstallation dans un environnement sauvage, privé de tout accès à l'école ou aux soins.


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