• Botswana: de nouvelles communautés bushmen menacées d'expulsion (ONG)

    Plusieurs centaines de Bushmen vivant dans une zone reculée du sud du Botswana sont menacés d'expulsion par un projet gouvernemental pour préserver l'écosystème forestier local et promouvoir le tourisme dans ce magnifique paysage de savane semi-aride, a affirmé vendredi l'ONG britannique Survival International.

    Joint au téléphone par l'AFP, le porte-parole du gouvernement botswanais Jeff Ramsay a indiqué "ne pas être au courant". Il a accusé "des gens en Europe dont c'est le fonds de commerce de discréditer notre pays".

    Survival soutient pour sa part "avoir reçu des informations inquiétantes concernant l'expulsion imminente de plusieurs centaines de Bushmen du sud du Botswana", issus de la communauté bushman de Ranyane, ajoutant dans un communiqué que "le gouvernement local aurait annoncé que des camions arriveraient lundi prochain pour les expulser (...) et que leurs maisons seraient détruites".

    Le Botswana, très dépendant de ses richesses diamantifères, cherche depuis plusieurs années à développer davantage le tourisme, notamment autour de sa remarquable faune sauvage.

    Le projet incriminé par Survival est le corridor écologique dit du "Western Kgalagadi Conservation Corridor". Il remonte à 2005 et a reçu le soutien de la France, via une aide du Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM).

    Le but est de protéger des zones sauvages entre le parc transfrontalier du Kgalagadi (KTP, Sud) et la Réserve centrale du Kalahari (CKGR, centre), afin d'offrir un couloir de migration aux grands ongulés. Ces migrations sont réduites aujourd'hui par la fragmentation du territoire (barrières sanitaires, ranchs d'élevage bovin, infrastructures), la pression du braconnage et des conflits d'usage des terres entre le bétail et la faune, selon un document du FFEM. La zone est peu peuplée, et ses habitants sont assez défavorisés.

    A partir de 1997, des communautés bushmen ont été expulsées hors de la réserve animalière du Kalahari (CKGR) pour protéger ce parc naturel, le deuxième plus grand du monde.

    Des actions en justice ont permis aux Bushmen ou San d'obtenir en 2006 le droit de revenir sur leurs terres, puis en 2011 le droit de forer de nouveaux puits. Un retour qui est resté largement un mirage, faute d'eau mais aussi de candidats à une réinstallation dans un environnement sauvage, privé de tout accès à l'école ou aux soins.


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