• Le jugement en ligne

    Une copie du jugement rendu le 13 décembre 2006 par la Haute Cour du Botswana dans le procès intenté par les Bushmen du Kalahari contre le gouvernement du Botswana est désormais disponible sur le site de Survival.

    La Cour a décidé que l’expulsion des Bushmen par le gouvernement était « illégale et anticonstitutionnelle » et qu’ils avaient le droit de vivre sur leur territoire ancestral, dans la Réserve naturelle du Kalahari.

    Elle a également admis que les plaignants bushmen avaient le droit de chasser et de collecter dans la Réserve et n’avaient pas besoin de permis pour y entrer.

    L’un des juges, Mpaphi Phumaphi, a déclaré que le refus du gouvernement de délivrer des permis de chasse aux Bushmen « revenait à les condamner à mourir de faim ».

    Cliquez ici pour télécharger une copie du jugement de la Haute Cour en format word ou pdf (en anglais) .

    Résumés et chronologie de l'affaire, biographies des principaux témoins, photos et vidéos peuvent être téléchargés à cette adresse :
    http://www.survivalfrance.org/dossierbushmen

    Bushmen arrêtés et torturés malgré leur victoire judiciaire

    BOTSWANA: des Bushmen arrêtés et torturés malgré le verdict de la Cour
    13 Fev 2007

    Six Bushmen, accusés par la police et les gardes forestiers de chasser dans la Réserve naturelle du Kalahari central au Botswana, ont été arrêtés et détenus pendant six jours. Ils ont ensuite été relâchés sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux.

    Cette arrestation survient seulement deux mois après la victoire judiciaire des Bushmen. Ces hommes ont été privés de nourriture et menacés par des policiers armés durant quatre jours. Un homme et son épouse ont été brutalisés après avoir refusé que la police et les gardes forestiers fouillent leur domicile sans mandat.

    La Haute Cour du Botswana a statué en décembre dernier que le refus du gouvernement botswanais d'accorder des permis de chasse aux Bushmen dans la réserve était illégal et anticonstitutionnel. Elle a également décidé que les Bushmen avaient le droit constitutionnel de vivre sur leur territoire ancestral et que leur expulsion en 2002 avait été illégale.

    Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré le 13 février : "Il est temps que le gouvernement du Botswana reprenne le contrôle de sa police et de ses gardes forestiers et les empêche de persécuter les Bushmen. Nous nous réjouissons que ces hommes aient été libérés sans inculpation mais s'il n'est pas mis un terme à de tels abus, la réputation du Botswana risque d'être à nouveau entachée." 
     (Suite)

    Les bushmen rentrent chez eux

    Une quarantaine de Bushmen ont pu retourner sur leur terres de la Réserve naturelle du Kalahari central le week-end dernier malgré une lourde présence policière qui a tenté de les persuader de rester dans les camps de relocalisation.  Tous les membres du convoi ont été autorisés à pénétrer dans la réserve par les gardes forestiers, mais certains d’entre eux n’ont reçu que des permis temporaires. Ils avaient été devancés par des policiers en civil.
    Les policiers avaient tenté de dissuader les Bushmen de quitter le camp de New Xade sous prétexte que le président Mogae souhaitait d’abord s’entretenir avec eux.
    Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd’hui : "Nous espérons que les autorités n’opposeront pas de difficultés aux Bushmen qui souhaitent rentrer chez eux, et qu’elles se rendront compte qu’il est autant de leur intérêt que de celui des Bushmen que ce processus de retour s’effectue dans les meilleures conditions possibles. Les Bushmen sont ivres de joie et emplis de gratitude pour tous ceux qui les ont soutenus, autant au Botswana que dans le reste du monde."  

    Après des années d'exil, des milliers de Bushmen vont pouvoir rentrer chez eux

    JUSTICE. Un tribunal du Botswana a reconnu le droit pour un peuple autochtone à vivre sur la terre de ses ancêtres.

    Back Home. Les milliers de Bushmen qui ont été expulsés ces dernières années de leurs terres ancestrales par le gouvernement du Botswana vont pouvoir rentrer chez eux. Au terme d'un procès de plus de deux ans, la justice locale a donné raison à ces anciens chasseurs cueilleurs, aujourd'hui relégués dans de sinistres camps de «relocalisation», contre l'alliance du président Festus Mogae et de puissantes compagnies minières. L'émotion était grande sur place, où le jugement a été retransmis en direct à la télévision et à la radio nationales, et, au-delà, dans les milieux de défense des peuples autochtones. Une défaite aurait été catastrophique. Cette victoire, à l'inverse, autorise de grands espoirs sous d'autres horizons.

    Considérés comme les plus anciens habitants de l'Afrique australe, les Bushmen ont vu leurs territoires peu à peu envahis par les éleveurs bantous puis par les colons blancs. Pour leur permettre de maintenir leur mode de vie, l'ex-puissance coloniale britannique leur a accordé en 1961 un vaste espace protégé de 52000 km², plus grand la Suisse, la Réserve naturelle du Kalahari central. A l'indépendance, les autorités du Botswana ont reconduit la formule. Mais pas pour longtemps. Dans la seconde moitié des années 1980, elles ont annoncé que l'endroit devait être libéré, puis ont mis en place une politique de déplacement de ses populations vers des camps de «relocalisation».

    Plusieurs arguments étaient avancés. Le premier était que la faune sauvage représentait un patrimoine essentiel pour le pays et qu'elle devait être protégée des peuples chasseurs. Le deuxième que le ravitaillement des villages en eau coûtait trop cher. Le troisième que les Bushmen n'étaient plus ce qu'ils avaient été, soit de purs chasseurs cueilleurs, et qu'ils n'avaient plus droit par conséquent à un traitement particulier. Devenir des citoyens comme les autres, ajoutait-on, leur ferait même le plus grand bien.

    Les Bushmen, qui s'étaient effectivement mis à l'agriculture ainsi qu'à diverses pratiques modernes, ont cependant montré peu de hâte à quitter leur territoire. Le gouvernement du Botswana a alors recouru à la force. En 1997, il a chassé manu militari un millier de membres des tribus Gana et Gwi, soit la moitié de la population restante. Puis, pour décourager les derniers irréductibles, il a coupé en 2002 le ravitaillement en eau des villages et multiplié les opérations de harcèlement, arrestation des hommes coupables du nouveau crime de chasse, mauvais traitements allant parfois jusqu'à la mort.

    Devant la multiplication des exactions, l'organisation britannique de défense des peuples autochtones Survival a décidé de mettre une grande partie de ses moyens dans la bataille. A l'entendre, aucun des arguments des autorités ne tenait. Les Bushmen, un danger pour la faune? Les animaux sauvages s'étaient au contraire multipliés. Le ravitaillement des villages était trop cher? Il ne coûtait que deux dollars par semaine et par personne à un pays devenu le premier exportateur de diamants du monde. Le changement de leur mode de vie? C'était aux Bushmen de décider de ce qui était bon pour eux et à personne d'autre.

    Survival s'est montré d'autant plus combatif qu'à ses yeux les raisons véritables de la persécution des Bushmen étaient tout autres. Elles étaient économiques et avaient beaucoup à voir avec la découverte d'importants gisements de diamants dans la réserve. D'ailleurs, tout en défendant prétendument la vie sauvage dans la réserve, le gouvernement de Gaborone y avait dans le même temps distribué généreusement les concessions minières.

    Au bureau de l'organisation à Paris, Magali Rubino ne cache pas sa satisfaction. «Le verdict de ce mercredi est une grande avancée, et pas seulement pour les Bushmen, explique-t-elle. D'autres peuples indigènes d'Afrique, tels les Massaïs, les Pygmées ou les Ogieks, connaissent le même genre de situation apparemment sans issue. Ce qui s'est passé a de quoi leur donner espoir.»

     

    Le Botswana ne fera pas appel du jugement en faveur des bushmen

    Le gouvernement du Botswana a annoncé lundi qu'il ne ferait pas appel d'un jugement autorisant plusieurs centaines de "bushmen" à revenir sur leurs terres ancestrales dont ils avaient été expulsés à tort.

    La Haute Cour du Botswana a donné raison la semaine dernière aux peuplades chassées de force en 2002. La plus haute juridiction de ce vaste pays enclavé d'Afrique australe avait estimé que les "bushmen" devaient être autorisés à revenir sur leurs terrains de chasse du désert du Kalahari.

    D'après leurs défenseurs, un millier de "bushmen" souhaitent revenir dans cette réserve grande comme la Belgique et transformée en parc naturel protégé. L'affaire opposait l'une des dernières peuplades de chasseurs d'Afrique au gouvernement à propos d'un litige sur des terres riches en diamants.

    La présidence a indiqué dans un communiqué qu'elle ne lancerait pas de procédure d'appel, mais le ministère de la Justice a indiqué de son côté que le jugement n'obligeait pas le gouvernement à restaurer les principaux services auxquels il a été mis fin en 2002 et que cette décision n'était pas illégale.

    Les plaignants faisaient valoir qu'ils avaient été réinstallés dans des camps où leur mode de vie traditionnel était en péril, tandis que le gouvernement botswanais affirmait que les "bushmen" avaient abandonné ce mode de vie bien avant 2002 et qu'ils représentaient aujourd'hui une menace pour la faune et la flore sauvages

    Les Bushmen autorisés à retourner sur leurs terres ancestrales

    Après une âpre bataille juridique, considérée comme la plus longue et la plus onéreuse de l'histoire judiciaire du Botswana, le tribunal a reconnu aux Bushmen de la minorité San le droit de retourner sur leurs terres ancestrales de la Réserve centrale du Kgalagad (CKGR), dans le désert du Kalahari.

    La Haut Cour de justice du Botswana, siégeant à Lobatse, à quelque 70 kms au sud de Gaborone, la capitale, a jugé mercredi dernier que les San avaient été injustement expulsés de leurs terres ancestrales en 2002.

    Après une âpre bataille juridique, considérée comme la plus longue et la plus onéreuse de l'histoire judiciaire du Botswana, le tribunal a reconnu aux Bushmen de la minorité San le droit de retourner sur leurs terres ancestrales de la Réserve centrale du Kgalagad (CKGR), dans le désert du Kalahari.

    La Haut Cour de justice du Botswana, siégeant à Lobatse, à quelque 70 kms au sud de Gaborone, la capitale, a jugé mercredi dernier que les San avaient été injustement expulsés de leurs terres ancestrales en 2002.

    Le gouvernement, qui envisageait de créer sur ces terres une zone de protection de la vie sauvage et de développement touristique, avait mis en place en 1997 un programme de relocalisation des Bushmen.

    Des associations de défense de droits de l'homme, qui s'étaient élevées contre l'éviction des Bushmen de leurs terres ancestrales au profit de groupes d'exploration de gisements de diamant, avaient alors poussé quelque 244 anciens habitants de la réserve de CKGR à intenter un procès contre les autorités botswanaises en 2002.

    Pour le gouvernement, la relocalisation des Bushmen s'est toujours faite dans la négociation et avec leur consentement.

    « Pour nous Bushmen, c'est le plus beau jour de notre vie. Nous avons tant pleuré de peine ; aujourd'hui nous pleurons de joie. Enfin, nous somme libres. L'éviction de nos terres a été très durement ressentie par mon peuple. J'espère que nous retrouverons bientôt nos terres », a déclaré Roy Sesana, ancien habitant de la CKGR et leader du mouvement First People of the Kalahari (FPK) - Premiers habitants du Kalahari - un groupe de défense des droits de la communauté Bushmen.

    « Nous sommes heureux », a lancé Jumanda Gakelebone, porte-parole du FPK.

    Pendant le procès, deux des trois juges ont estimé que les principales revendications des Bushmen étaient légitimes, et le jugement de la Cour devrait faire jurisprudence dans les autres procès intentés dans d'autres pays par des communautés indigènes dépossédées de leurs terres ancestrales.

    Pour Stephen Corry, directeur de Survival International, une organisation de défense des droits de l'homme, le verdict de la Cour est une « victoire pour tous les peuples indigènes d'Afrique, mais aussi pour le Botswana. Si le gouvernement applique rapidement la décision de la Cour, le combat pour le retour des Bushmen sur leurs terres prendra fin et cela rehaussera le prestige du pays. »

    La seule voix discordante a été celle du président de la Cour, Maruping Dibotelo qui, dans un premier temps, avait donné raison au gouvernement. Son intervention avait alors provoqué le mécontentement des centaines de Bushmen venus de très loin pour assister à l'audience et entendre le prononcé de ce jugement historique.

    La deuxième juge, Unity Dow, a estimé que l'éviction des populations indigènes de leurs terres était un acte « anticonstitutionnel » et « illégal », une déclaration qui a visiblement réjouit tous les Bushmen présents au procès. « Le gouvernement n'a pas tenu compte des conséquences de son programme de relocalisation qui a parfois semé la discorde au sein des familles entre les membres favorables ou opposés à la relocalisation », a-t-elle commenté.

    Le troisième juge, Mpaphi Phumaphi, a été encore plus catégorique dans son jugement. Selon lui, le refus des autorités de délivrer des permis de chasse aux Bushmen vivant encore à CKGR « revenait à les condamner à mourir de faim. »

    M. Dibotelo, Président de la Cour, a ensuite prononcé déclaré : « Avant le 31 janvier 2002, les plaignants étaient en possession des terres qu'ils occupaient légalement dans la CKGR [Réserve centrale du Kgalagad]. Les plaignants ont été privés de ces possessions pas la force, à tort et sans leur consentement ».

    En conséquent, le refus du gouvernement d'autoriser les Bushmen à retourner sur leurs terres était « illégal et anticonstitutionnel », a-t-il ajouté.

    La CKGR est une réserve ayant une superficie égale à celle de la Suisse. Cette réserve a été créée par le régime colonial britannique, avant l'indépendance du Botswana en 1966, qui reconnaissait aux Bushmen le droit de rester sur leurs terres ancestrales qu'ils occupent depuis plusieurs millénaires.

    Dans sa plaidoirie, M. Gordon Bennett, avocat des Bushmen a déclaré que les Bushmen « disposent d'un droit d'exploitation et d'occupation » de la terre et qu'aucune loi, tant sous le système colonial britannique que sous le gouvernement botswanais, n'a été votée pour leur supprimer ce droit.

    Pendant la phase de relocalisation, les réservoirs d'eau et le bétail de la communauté ont été saisis, a ajouté M. Bennett, et l'interdiction de la pratique de la chasse dans la réserve a fait d'eux des « intrus sur leurs propres terres. »

    Les Bushmen de la réserve ont utilisé des ânes pour assurer le transport de l'eau, mais ces animaux ont aussi été confisqués par le gouvernement qui a invoqué le risque de maladie que les ânes font courir à la faune sauvage.

    Des milliers de Bushmen évincés étaient prêts à retrouver leur réserve, après le prononcé du jugement qui indique toutefois que le gouvernement n'est pas tenu de fournir des services de base - de l'eau par exemple - à ceux qui choisiront de retourner à la CKGR.

    Le gouvernement du Botswana n'a pas encore indiqué s'il entendait faire appel de ce jugement.

     

    La justice du Botswana rend leur terre aux Bushmen

    Les Bushmen du Botswana pourront retourner vivre sur leurs terres ancestrales, un territoire aride grand comme la Suisse, situé au coeur du pays. Un tribunal botswanais a estimé, mercredi 13 décembre, au terme de deux ans de procès, que leur éviction de la Réserve animale du centre du Kalahari (CKGR) était "illégale et anticonstitutionnelle". Les Bushmen du Botswana pourront retourner vivre sur leurs terres ancestrales, un territoire aride grand comme la Suisse, situé au coeur du pays. Un tribunal botswanais a estimé, mercredi 13 décembre, au terme de deux ans de procès, que leur éviction de la Réserve animale du centre du Kalahari (CKGR) était "illégale et anticonstitutionnelle".
     
    Premiers habitants de l'Afrique australe, les Bushmen, qui s'expriment par des claquements de langue, ont été pendant des siècles maltraités, chassés, exploités, tour à tour par les tribus bantoues et par les colons européens. L'un des juges a estimé que leur ethnie avait été "historiquement traitée avec mépris". Ces petits hommes, aux yeux légèrement bridés et à la peau cuivrée, sont aujourd'hui environ 100 000 dans la région, dont la moitié au Botswana.

    Un peu plus de 2 000 étaient installés dans le CKGR quand le gouvernement a décidé leur déplacement en dehors de la réserve, au motif qu'ils ne vivaient plus selon leur mode de vie ancestral, élevaient du bétail et des animaux domestiques et mettaient en danger l'équilibre de la faune et de la flore. Contre une compensation financière ou sous forme de bétail, tous les Bushmen ont quitté la réserve. Dix-sept familles seulement ont refusé l'offre. Le gouvernement a interrompu la distribution d'eau comme les autres services municipaux, leur rendant la vie sur place impossible.

    Pour le gouvernement, dominé par les Tswanas, l'ethnie majoritaire, les Bushmen devaient s'intégrer dans la société moderne. "Tous les Botswanais ont droit au développement, à l'école, à la santé. La pauvreté n'est pas un mode de vie, ce n'est pas une culture ancestrale", expliquait au Monde, pendant le procès, le porte-parole du gouvernement, Clifford Maribe.

    Les familles déplacées ont été relogées dans des villages construits spécialement en bordure de la réserve. En 2002, un groupe de quelque 200 Bushmen, soutenus par l'ONG britannique Survival International, a lancé une procédure judiciaire pour gagner le droit de retourner dans le CKGR.

    Survival n'a pas hésité à parler de "génocide" et s'en est pris violemment au diamantaire De Beers, partenaire du gouvernement dans Debswana, premier producteur mondial de gemmes. L'ONG affirme que la vraie raison de l'expulsion des Bushmen aurait été l'exploitation de mines dans le CKGR. Une affirmation que la justice a jugée infondée.

    Survival a mobilisé quelques personnalités de la mode et essayé, récemment, d'obtenir le soutien de Leonardo di Caprio. Il est l'acteur principal du film Blood Diamond (Le Diamant de sang), qui dénonce le rôle des trafiquants dans les conflits africains.

    RETOUR DIFFICILE

    "Les diamants ne sont en aucun cas la cause de l'éviction des Bushmen. Nous n'exploitons aucune mine dans le CKGR. Les premières recherches ont montré que les filons n'étaient pas rentables", a indiqué au Monde, peu avant le jugement, Sheila Khama, directrice exécutive de De Beers au Botswana, avant d'ajouter : "Et même si nous avions eu un projet d'exploitation, il serait ridicule et inutile de demander l'éviction de gens qui habitaient à plus de 200 km de la mine."

    Plusieurs permis de recherche ont cependant été délivrés dans le CKGR, sans toutefois que les autorités ne mettent en avant le fragile équilibre biologique de la réserve.

    Après le jugement, l'avocat des Bushmen, Gordon Bennet, a lancé un "appel au dialogue" avec le gouvernement. "Nous ne voulons pas nous retrouver devant une cour d'appel mais à la table des négociations", a-t-il dit.

    Tout n'est pas réglé. Il sera en effet très difficile, pour les quelque 1 000 Bushmen qui souhaitent rentrer, de vivre dans le CKGR. Le tribunal n'a pas jugé illégale la coupure des services de base et le gouvernement n'est pas contraint de les rétablir.

     

    Les Bushmen ont gagné!!!!

    Au Botswana, les Bushmen obtiennent le droit de vivre sur la terre de leurs ancêtres

    Cest l'un des plus longs et passionnels procès de l'histoire du Botswana qui s'est achevé, mercredi 13 décembre, devant le tribunal de Lobatse : les quelque 200 Bushmen qui contestaient leur expulsion du désert du Kalahari ont obtenu gain de cause pour retourner sur leurs terres ancestrales."Avant le 31 janvier 2002, les plaignants étaient en possession de terres qu'ils occupaient légalement dans la CKGR (réserve centrale du Kalahari), a déclaré le président du tribunal, Maruping Dibotelo. Les plaignants ont été privés de ces possessions par force ou par erreur et sans leur consentement." Le refus consécutif du gouvernement d'autoriser les Bushmen à regagner leurs terres ancestrales est donc "illégal et anticonstitutionnel", a ajouté ce juge.

    C'est l'un des plus longs et passionnels procès de l'histoire du Botswana qui s'est achevé, mercredi 13 décembre, devant le tribunal de Lobatse : les quelque 200 Bushmen qui contestaient leur expulsion du désert du Kalahari ont obtenu gain de cause pour retourner sur leurs terres ancestrales."Avant le 31 janvier 2002, les plaignants étaient en possession de terres qu'ils occupaient légalement dans la CKGR (réserve centrale du Kalahari), a déclaré le président du tribunal, Maruping Dibotelo. Les plaignants ont été privés de ces possessions par force ou par erreur et sans leur consentement." Le refus consécutif du gouvernement d'autoriser les Bushmen à regagner leurs terres ancestrales est donc "illégal et anticonstitutionnel", a ajouté ce juge.

     

    Lui avait au départ rejeté ce recours, estimant que "le gouvernement avait consulté les résidents avant de supprimer les services". Mais les deux autres juges qui se sont prononcés après lui ont donné raison aux Bushmen. Cette ultime session avait commencé en début de matinée, devant une salle d'audience bondée ; elle était même, pour la première fois, retransmise en direct à la télévision nationale.

    EXPLOITATION DE MINES DE DIAMANT

    Le contentieux portait sur une décision du gouvernement botswanais d'interrompre la fourniture d'eau, de nourriture et de services sanitaires aux Bushmen du Kalahari, en 2002, afin de les regrouper à l'extérieur de leur réserve. Ces populations ont contesté la légalité de leur expulsion, suscitant un procès de près de deux ans. Selon le gouvernement, le mode de vie actuel des Bushmen, qui ont abandonné la cueillette et la chasse pour devenir des "agriculteurs sédentaires", est devenu incompatible avec la protection de l'environnement et de la vie sauvage. Un programme de relocalisation a été mis en place depuis la fin des années 1990, qui prévoit des compensations en argent et en bétail. De son côté, l'organisation de soutien aux peuples indigènes, Survival International, affirme que ces expulsions sont liées à l'exploitation future de mines de diamant dans cette région.

    DIMENSION POLITIQUE

    L'affaire a récemment pris une dimension politique, le Front national du Botswana (BNF) ayant pris position en faveur des Bushmen. "Le cœur du problème est l'oppression et l'exploitation des Bushmen du Botswana perpétrée par le parti au pouvoir", a estimé Elmon Tafa, porte-parole du parti. "Si le gouvernement abhorre véritablement ce qu'il considère comme une ingérence de Survival International dans les affaires intérieures du pays, alors il doit mettre fin à leur oppression", a-t-il ajouté.

    Début novembre, l'ancien archevêque du Cap (Afrique du Sud), Desmond Tutu, a joint sa voix au débat, estimant que le gouvernement devait écouter les revendications de ces populations. "Si le progrès est nécessaire, il n'est pas concevable que la seule façon d'y parvenir soit de retirer les San [Bushmen] de leurs terres ancestrales et de leur retirer leurs traditions", a déclaré le Prix Nobel de la paix.

    Les Bushmen, qui sont aujourd'hui environ cent mille, se répartissent pour l'essentiel entre le Botswana et la Namibie.

     

    Début du jugement du procès intenté par les Bushmen du Bostwana

    Un tribunal botswanais a commencé mercredi à rendre son jugement dans le procès intenté par des Bushmen qui réclament le droit de vivre sur leurs terres ancestrales, dans la Réserve centrale du Kalahari.

    Le tribunal de Lobatse (sud) doit se prononcer sur un recours intenté par quelque 200 Bushmen, descendants des premiers habitants d'Afrique australe, qui contestent la décision du gouvernement de cesser de les fournir en eau, nourriture et services sanitaires, afin de les regrouper à l'extérieur de la réserve.

    La lecture du jugement, qui devrait durer plusieurs heures, a débuté à 09h30 (07h30 GMT) devant une salle d'audience bondée, dont plusieurs dizaines de Bushmen assis aux premiers rangs et extrêmement attentifs.

    L'organisation de soutien aux peuples indigènes, Survival International (SI), dont le siège est à Londres, qui soutient l'action judiciaire, affirme que les expulsions des Bushmen sont liées à l'exploitation future de diamants dans le désert du Kalahari.

    Mais le gouvernement argue que l'actuel mode de vie "d'agriculteurs sédentaires" des Bushmen, autrefois fondé sur la cueillette et la chasse à l'arc, est devenu incompatible avec la protection de l'environnement et de la vie sauvage dans la réserve. Il a mis en place, depuis la fin des années 90, un programme de relocalisation, moyennant compensation en argent et en bétail.

     


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